samedi 28 février 2009

Les jours passent et ne se ressemblent pas

Tant mieux, d'ailleurs.
Février s'en va, mais avant de fermer la porte, nous a offert une magnifique journée ensoleillée, pas très chaude, mais bien ensoleillée, ce qui a fait sortir les voisins, les enfants comme les grands, et très vite, les uns se sont amusés comme des fous avec leurs vélos, les autres se sont échangés les dernières nouvelles croustillantes : Machin divorce, Bidule a finalement été placé dans un home, Truc est enceinte du 5e. Décidément, j'adore ces moments "people".

D'ailleurs, ce réveil tout doux, cet avant-goût de printemps m'a fait penser que les saisons, c'est quand même simplement nécessaire, ressentir cette joie d'entendre à nouveau les oiseaux chanter, de voir les premiers bourgeons se dessiner sur les arbres, c'est du bonheur gratuit !

Hier encore, je voyais ma petite MM2 se tordre de douleur sur mon ventre, tellement un vilain reflux lui avait brûlé l'oesophage et aujourd'hui, elle réclame de la moutarde en quantité phénoménale. Pire, elle la mange à la cuillère. Pareil avec n'importe quelle sauce piquante, c'est au doigt ou à la cuillère, mais jamais dilué, c'est sûr. Et tout passe.

Alors, oui, les jours passent et ne se ressemblent pas.

jeudi 26 février 2009

Bonnes intentions !

La journée avait commencé à prendre forme dans ma tête il y a quelques jours, quand je décidai de prendre congé et de m'occuper de mes filles au lieu de les caser pour ces quelques jours de vacances scolaires.

Pour faire plaisir à MM1 qui est la digne héritière de son casanier de père, je n'avais rien prévu, comptant sur la télé, les jeux de société et les livres d'activité pour passer le temps. La seule obligation était un rendez-vous médical fin d'après-midi.

MM1 s'est levée ce matin peu après sa soeur, qui a trouvé que 6 h 10 était une heure décente pour réveiller ses parents et sa soeur. Elle m'a très vite demandé ce qu'on allait faire aujourd'hui, et devant la vacuité de mes propos, elle a commencé à manifester son mécontentement : "oooohhhh, c'est trop nul, je voulais aller chez une copine, moi", tête boudeuse et bras croisés à l'appui.

Elle a 4 ans. On est sorti de la crise des 2 ans, de celle des 3 ans et nous voici entrés dans la pré-adolescence sans trop de ménagement.

Alors, puisque les toux s'étaient calmées et les températures extérieures se faisaient plus clémentes, nous avons chaussés les patins à roulettes, pris la poussette et le bébé de MM2, et sommes parties nous promener dans le village, à la recherche d'un copain, d'une copine. Mais personne. Alors, elle a pleuré. Décidément, on est trop nuls, tous, pour la contrarier ainsi.

Elle a oté ses patins et marcher lui a fait du bien, et elle ne voulait plus rentrer. Elle a râlé, elle a pleuré. Et s'est enfin calmée.

Puis sa soeur a pris le relais : vider les tiroirs à la recherche d'un taille crayons, séance coiffeur avec des ciseaux sensés ne pas couper, vider un verre d'eau et éponger avec 150 mouchoirs d'un coup, empêcher sa soeur de regarder la télé en se collant à celle-ci, couper mon courrier en 1000 morceaux, colorier l'ordonnance du toubib, prendre la manette de la Wii pour un téléphone, et enfin, superposer moultes objets à escalader pour enfin atteindre le paquet de bonbons malgré le "non" cuisant opposé plus tôt dans la journée.

Je vais passer sous silence (hum !) le repas, la sieste, le départ sur les chapeaux de roue chez le toubib, la mauvaise humeur consécutive à un réveil trop rapide, pour m'attarder sur le docteur, d'habitude si patient, qui a usé de sa très grosse voix sur MM2 qui déchiquetait en douce sa plante chérie. Résultat : elle a continué, elle s'en tape des grosses voix.

Mon dieu, quelle journée... Vivement demain, vivement le boulot, les collègues, les incohérences du systèmes, vivent mes stagiaires difficiles, mon planning surchargé, mouhahahahaaaa de la gnognotte à côté de mes filles !

Dire qu'il y a 8 jours exactement, je prenais une résolution de taille : commencer une cure de désintoxication de sucre. Tolérance zéro.

Dire que pour enterrer cette journée merdique, je n'ai rien trouvé d'autre que de faire une tarte Tatin maison, et de la déguster devant la télé, sous une bonne couverture, les pieds au chaud. C'est que j'ai un besoin urgent de m'anesthésier complètement l'esprit.

Je veux plus penser.
Je veux pas savoir.
Elles ont intérêt à dormir toute la nuit.
Argh.

lundi 23 février 2009

Les vieux parlent encore

Les vieux regardent les pelleteuses arriver, l'oeil inquiet. Ils parlent entre eux, ce patois qu'il est difficile de comprendre, et s'appuient sur leurs cannes. De temps en temps, ils lèvent un bras et montrent dans une direction, puis dans l'autre et ils s'animent. Des éclats de voix, des mains qui semblent dire que ça suffit, et des sourires, en repensant au bon vieux temps.

Ils se séparent et rejoignent l'un sa femme, l'autre son chien. Ils se sont quittés sur la promesse d'une nouvelle rencontre, certainement un peu plus tard dans l'après-midi, afin de vérifier l'avancement des travaux, comme si quelques heures allaient changer le paysage.

Il faut être une mouche pour savoir ce que ce disent ces deux hommes. Ou bien connaître le fils de l'un deux pour se faire conter la teneur de leurs interrogations. Il faut avoir quitté la ville et aimer la nature pour accepter qu'elle nous parle, à nous, villageois.

Parce que ce nouveau quartier qui se construit, à pas de géant, c'est la juste réponse, à nos yeux, d'une demande des citadins de trouver des logements à prix raisonnables, au détriment de transports écologiques, et d'une qualité de vie plus grande.

Mais ces vieux, s'ils peuvent comprendre le recul des citadins dans les campagnes, s'ils se réjouissent de voir le village renaître et grandir au fil des saisons, s'ils sourient en voyant ces enfants courir et rouler à vélo sans danger, s'ils se plaisent à regarder de loin ces voisins tisser des liens étroits, d'amitié, de solidarité, d'entraide, ils ne comprennent pas pourquoi on construit des habitations sur des terrains où les vaches n'ont jamais voulu paître.

Ces mêmes vieux ne s'étonnent pas, eux, que des habitants d'un coin retiré du village soient tous morts subitement, alors qu'ils n'avaient pas 35 ans, parce que sur ces terrains-là, rien n'a jamais voulu pousser.

Ils en ont, des histoires du genre, de celles qui se racontent sans trop d'émotion, parce que c'est plus simple à comprendre qu'une équation du premier degré ou que l'accord du participe passé, parce que c'est la terre qui les a fait vivre, c'est cette terre qu'ils ont toujours écoutée et respectée.

Et les nonagénaires, eux, ont tous vécu là. On pourrait en tirer des droites sur le plan du village. On pourrait s'interroger et penser autrement.
On devrait écouter les vieux nous raconter leurs histoires.
Le coeur bienveillant.
Ouvrir nos yeux, et prendre le temps.

jeudi 19 février 2009

Récréation

On se promenait, avec le Prince et nous l’avons vue, au milieu d’une dizaine d’autres, qui semblait nous dire « adopte-moi, je me sens si seule ici, dans ce hangar froid et impersonnel ». On s’est regardé, on en a un peu parlé et puis, on s’est décidé. On l’a inspectée, on a tout bien regardé pour voir s’il ne nous manquait rien et elle est instantanément devenue la nôtre, la « nouvelle nôtre ».

Je veux parler de la Wii, bien entendu.

Mémère ressemblait à une gamine de 10 ans devant ses cadeaux de Noël encore emballés, tant elle trépignait d’impatience. Le Prince, plus posé, plus introverti, ne manifesta aucune joie, et ne fit aucune promesse quant à la disponibilité de la console, devant commencer par lire le mode d’emploi, d’en faire la synthèse et une critique pointilleuse avant de brancher le premier câble.
Les filles n’y comprenaient pas grand-chose mais ayant entendu le mot « jeu », elles avaient tout de même l’oreille tendue.

Et donc, dans un grand magasin Hi-Fi bien achalandé, devant un rayon « jeux » de plusieurs mètres de long (12-15 environ), nous nous choisîmes un jeu : Mario Kart. Pour ceux qui l’ignorent, Mario est un p’tit gars, moustachu de surcroît, et avec tous ses copains, ils font la course, sur des parcours semés d’embûches.

Et là, pouf, le mythe s’effondre, Cendrillon qui joue à la console, un verre de coca (light) et des granolas sur la table, c’est quand même bien loin de l’image de la pauvre princesse qui trime pendant que ses sœurs s’en donnent à cœur joie au bal, non ? Et si en plus, elle s’éclate avec une bande de dégénérés du volant qui se lancent des peaux de banane pour s’assurer une meilleure place en voyant les autres déraper, ben où va-t-on ? Ben, autant se le dire, Mémère n'a aucune mauvaise conscience, ni même aucune honte du tout, du tout.

Mais depuis qu'elle a pris possession des lieux, Mémère regarde la Wii avec un oeil un peu moins attendri. S'entendre dire que son « fitness age » avoisine l'âge de la retraite, mais qu'il suffit de s'entraîner tous les jours pour s'améliorer, elle n'adore pas, surtout quand le lendemain d'une séance, elle n'arrive même plus à lever le bras, ni à porter ses enfants.

Alors, l'entrainement au quotidien, on oublie. Mais une petite partie de temps en temps, mmmmm... c'est pas mal, voire même très plaisant.

Et vous, console ou pas console ?

lundi 16 février 2009

Le pot (part III)

Je dois l'avouer, j'ai pensé très fort à Dominique, qui sévit , lorsque MM2 m'a offert l'occasion d'un troisième volet sur le thème du pot.

Un parc d'attractions "indoor", un samedi de février. Un immense hangar décoré d'île au trésor, de bateau pirate, de maison "champignon" et parsemé d'une vingtaine d'attractions. Et puis, dans un coin retiré, les toilettes.

MM2 est propre. L'amener sur ce chemin fut d'une facilité déconcertante, c'en est presque trop beau. Elle n'a pas voulu mettre de couche pour passer la journée au parc d'attractions et je me résignai donc à embarquer sur la poussette, un joli petit pot.

Même pas besoin de lui rappeler de faire pipi, MM2 réclame quand il faut. Je vous dis qu'elle est déconcertante de facilité sur ce point-là uniquement, c'te gamine ! Et donc, quand elle a crié "pipi, pipiiiiii", hop hop hop, on a vu Mémère embarquer sa fillotte sous le bras, le petit pot dans l'autre et squatter le premier espace "maman bébé" (qui s'avère être un espace où on change la couche de son gamin, ni plus, ni moins) et la déposer sur ledit pot afin de s'y soulager allègrement.
Hop, le mini pipi dans le lavabo, un coup de savon, rinçage, essuyage, poubelle, séchage sommaire et pot rangé dans le sac, ni vu, ni connu. Un bisou, 2 bravos, on y retourne !

Sauf qu'un peu plus tard, elle a crié "cacaaaa, cacaaaaaaa". Même pas peur, on connaît les lieux, on se grouille, on squatte le même espace "maman bébé" et MM2 prend son air hyper concentré habituel. Youpie, bravo, bisou, mais que faire de l'affaire ? Merdoum, c'est le cas de le dire, Mémère, dans sa précipitation extrême, n'avait pas pensé où vider le pot. La poubelle ? Non, cela ne se fait décidément pas.

Alors, on sort, le pot à la main, odorant comme il se doit, et on prend le couloir qui mène aux vraies toilettes, avec des WC et tout. Et je m'engouffre dans les toilettes pour handicapés, spacieuses à souhait, parce que c'étaient les premières en entrant, et que je voulais mettre un terme à cette situation que je jugeais plutôt gênante.

Ouf. Enfin, nous sommes libérées du petit pot garni, MM2 a tiré la chasse en criant son "voilààààà" satisfait, et le pot lavé, rangé, les mains lavées et séchées, me vient l'envie subite de faire un p'tit pipi à mon tour.

Je m'assieds et profite de l'instant, quand je surprends MM2 qui joue avec le loquet. Je lui intime l'ordre de revenir près de moi, puisque nous nous trouvons dans des toilettes immenses, où on pourrait faciliment parquer 3 chaises roulantes. Ma main va dans sa direction, mais c'est peine perdue, 1,50 m au moins nous sépare. MM2 a 2 ans et demi, et l'esprit très retors. Elle ouvre grand la porte en se bidonnant, et une femme qui attendait précidément ces toilettes, l'aide et ouvre encore plus grand la porte. Elle et moi nous sommes retrouvées nez à nez, et j'aurais adoré pouvoir me cacher au fond d'un très grand trou, très loin, très profond...

Grand moment de solitude. Très grand moment de solitude. Infini même.
Et dire qu'ils se sont marrés, les autres...

vendredi 13 février 2009

De la théorie à la chance

En théorie, je me réveille à l’heure le matin. Pour m’en assurer, pas moins de 5 réveils sont programmés pour nous sortir de la douceur de la nuit.

En théorie, j’écoute la radio le matin, et mon oreille toute endormie arrive toutefois à sélectionner la météo et les infos. Ainsi, je rattrape mon retard de la veille, vu que jamais je ne parviens à suivre un journal, puisque ceux-ci ont toujours lieu au moment de la sacro-sainte histoire du soir et des multiples allées et venues pipi – sirop – mal aux zoreilles, maman et compagnie.

En théorie, mon tout petit village isolé est un bon baromètre des conditions hivernales, puisque dès qu’on en sort, on trouve que finalement, ce n’est pas si terrible qu’il en avait l’air.

En théorie, je serais bien capable de me rendre au boulot « les yeux fermés » tellement je connais la route, ses aspérités, ses tournants.

En théorie, je sais exactement ce qu’il faut faire, lorsqu’on perd le contrôle de son véhicule sur la route, ne pas freiner, ne pas donner de brusques coups de volant, ne pas paniquer.

Mais en pratique… je me suis levée en retard ce matin-là, et toute affairée à tenter de le rattraper, je n’ai pas prêté attention à la météo qui annonçait pourtant du verglas et qui invitait les usagers de la route à la plus grande prudence. Mon petit village retiré n’a pas joué son rôle de baromètre comme à l’accoutumée, la toute fine couche de givre de mon pare-brise ne m’a même pas mis la puce à l’oreille.

Je n’ai pas vu la plaque de verglas, mais j’ai instantanément compris ce qui allait se passer. J’ai perdu le contrôle du véhicule, et incapable de penser à quoique ce soit d’intelligent, j’ai « joué du volant », freiné comme une malade, et hurlé comme une folle.

La voiture a tourné 5 fois, comme un patineur sur la glace, comme font mes filles lorsqu’elles veulent me montrer que leurs robes « tournent » ou « dansent ». Dix secondes qui m’ont paru une éternité. Et enfin elle a calé, à moins d’un demi-mètre de la rambarde de sécurité qui sépare la route du … vide.

En pleine heure de pointe, je n’ai heurté aucune autre voiture et cela n’est nullement dû à mes talents de conductrice mais relève du seul fait du hasard. Comme si une force téléguidait ma voiture et m’avait évité le pire.

Rien. Je n’ai rien. La voiture non plus. Personne n’a rien et c’est juste un miracle. Juste que le stress occasionné me ravage de douleurs, comme si j’avais été rouée de coups.

Tout ça pour être à l’heure.
La course, toujours la course.
Et l’hiver qui n’en finit pas.
On se croirait au Canada.
Enfin, presque.

mardi 10 février 2009

Moment de solitude

Mémère est plantée devant son réfrigérateur, ouvert, et vérifie, machinalement qu'elle a encore 2 courgettes et 2 chicons pour faire une soupe à sa progéniture et à sa moitié, sachant bien que l'homme aurait préféré un repas plus consistant, et que MM2 poussera son bol loin devant elle sur la table, vociférant un terrible "j'aimmme pas la soupppppe !!!"

Au moment où elle allait saisir les courgettes de sa main bienveillante, vlatipa que son regard innocent tombe sur le roblochon acheté il y a quelques temps déjà, mais toujours loin de la date limite de consommation.

- Hoho... haaannnn... mmmm.... rhooooo... le temps de vérifier le stock de pommes de terre, de lardons, et d'oignons et l'idée de la tartiflette est en route.

C'est alors qu'une force invisible la maintient devant ce frigo ouvert et presque vide. La force invisible, c'est l'ange :

-Mémère, tu comptais faire une bonne soupe, garde cette idée, vraiment...

Puis, l'autre apparaît, rouge, la queue en flèche, l'air pas content :
- Casse-toi l'ange, oublie la soupe Mémère, la tartiflette, c'est nickel, t'as vu le froid de canard dehors ? Allons, allons, un peu de sérieux, là.
- Pardon, le Diable, mais as-tu pensé à leur santé ? La tartiflette, c'est juste immonde niveau calorique, et le soir, pas digeste pour un sou.
- Oui, mais c'est bon, et le reste, on s'en tape.
- Non, on s'en tape pas, tu t'en tapes, c'est différent !
- Alors, écoute-moi bien l'ange bisounours, prends tes ailes et barre-toi. Elle l'a dit, Mémère que la soupe allait pas faire l'unanimité, alors, à quoi bon ?

- Çaaaaa suffiiiiiit, stop !!!! Arrêtez... je dois fermer le frigo, lààà.
- Maman, qu'est-ce qu'on mange ce soir ? MM1 sort sa maman de sa torpeur.
- De la soupe, chérie.
- Avec du pain ?
- Oui, avec du pain.
- Chouettttte.

- Soupe ? Caca boudin beeeurrrrrk ajoute MM2, j'aime pas la soupe, zeveupadesoupe.
- et de la tartiflette, tu en veux ?
- Ouiiiiii.

- Oooh non, c'est dégueu la tartiflette. MM1 fait la tronche.

Mémère ouvre alors le frigo avec force et fracas : alors rapplique-toi, l'ange, et fissa. Ecoute-moi, t'as gagné, là, je vais la faire la soupe, même si les températures polaires me font rêver de tartiflette, mais je te préviens, demain soir, c'est orgie tartiflette, et attends, c'est pas fini, je veux juste pas te voir demain, pigé ? Parce que j'ai 24 heures pour y penser, et ma tartiflette, j'entends la savourer jusqu'au bout, et je veux pas t'entendre venir me gâcher ça.

Quant aux filles, c'est juste désespérant. Hormis les crèpes, elles n'ont aucun plat en commun, même pas les pâtes.

Quant au Diable, il se marre, il sait bien qu'il gagne à chaque fois... le salaud.

dimanche 8 février 2009

La télé ou cours de langue accéléré

Depuis quelques temps, la télé montrait certaines irrégularités, comme changer de chaîne toute seule, ou passer "en noir et blanc" en plein milieu d'un tableau où le rouge des tulipes cotoie le vert d'un jardin, nous emmenant vers un printemps encore un peu lointain.

Bien que cartésienne jusqu'au bout des ongles, j'ai pensé qu'un esprit avait pris possession de la télé. Ensuite j'ai imaginé un "truc" qui pouvait prendre la forme d'un microbe, d'un virus, d'un "personnage' rond et poilu qui s'amusait, en plein Dr House, à zapper sur le foot.

Il était donc venu le temps de nous séparer de la télé fantôme et Mémère a un terrible défaut : quand elle a décidé une chose, c'est maintenant, tout de suite, même que ça devrait déjà être fait.

Hop ! les enfants habillés, sanglés comme il se doit, le coffre vide, nous voilà partis pour le magasin. En entrant, j'ai su qu'on achèterait la télé, pas parce que le magasin était mieux que les autres, ni qu'il pratiquait des prix intéressants, mais juste parce que vu le monde, si je bravais la foule, ce devait être pour repartir au moins avec une télé.

Je n'ai jamais acheté de télé de toute ma vie, profitant de diverses occasions à droite, à gauche. Mais jamais tel achat ne m'avait semblé si ardu. Pourtant, j'avais interrogé des amis, des collègues, des "techniciens" même, tant le choix me semblait cornélien. Malgré moult informations, je tirais toujours la même tête devant ce charabia incompréhensible.

Le vendeur allait commencer son speech, quand je l'ai vite arrêté; je lui ai alors montré les MM, et mon discours fut assez succinct. Du solide (à moins que la télé ait l'option "je-te-réduis-et-je-te-range-au-dessus-de-l'armoire"), càd qui tolère des mains, une bousculade à l'occasion, des traces de jus d'orange ou de chocolat, de la "bonne qualité", et un prix raisonnable. Que me conseillez-vous Monsieur ?

Je m'en tape du Plasma/LCD, de leurs différences et de leurs durées de vie respectives;
Je m'en fous du Full HD ou du HD Ready.
Je sais pas ce que ça veut dire "3xHDMI".

Je veux juste une télé assez solide pour que je ne stresse pas quand je suis aux toilettes et que mes filles la regardent, assez grande et surtout, surtout qu'on puisse un jour jouer à la wii.

C'est pas compliqué quand même. Ben, le gars, il s'est quand même senti obligé de nous raconter tout comment ça fonctionne les télés maintenant, un vrai truc de vendeur de bas-étage. J'ai rien capté. D'abord parce que j'en avais marre d'avoir les yeux sans cesse sur les miss qui courraient autour des écrans en me donnant des sueurs plus que froides, puis parce que j'aime pas réfléchir un samedi soir dans un magasin. Alors on a choisi, pas celle que le vendeur nous conseillait, mais celle qui semblait correspondre le mieux à nos besoins.

Bon, la télé n'était plus de stock, et ça, ce fut le coup rude pour Mémère. Revenir les mains vides, alors que le coffre de la voiture n'attendait plus que d'accueillir l'engin. La même frustration qu'acheter par correspondance, on peut pas toucher, et en plus, faut attendre.

La télé a été livrée, et un technicien est venu gratuitement faire tous les branchements. Et quand j'ai vu le carton, je me suis dit qu'ils avaient dû se tromper au magasin et nous livrer un écran de cinoche. Mais non. L'emballage est juste surdimensionné et donc imposant. Même qu'on doit le garder, parce que si la télé tombe en panne, il faut la rentrer uniquement dans son carton d'origine.

C'est abusé, non ? Serait-on devenus esclaves de la technologie, hin hin, à ce point, je veux dire, que de devoir garder des cartons d'emballage de cette taille ? Je me souviens du technicien qui venait chez mes grands-parents pour qui la télé était plus qu'une amie, il buvait le café, sortait son tournevis et bidouillait sur place, sa sacoche pleine d'outils étalée sur la table.

Je vieillis. Je suis dépassée par la technologie de l'image. Je viens d'apprendre ce que TNT veut dire et qu'elle n'arrivera chez nous qu'en 2011. Quoi, tu savais pas ?
Non. Je savais pas. Tant que Dr House et les Desperate Housewives sont retransmis, je suis contente.

Pourtant je stresse. Je sais pas pourquoi, mais je sens MM2 très intéressée par le dessin sur écran. Ça semble la démanger par mal et je suis pas sûre que le vendeur eut pu répondre à mon stress de ménagère de moins de 50 ans, à savoir comment ôter des traces de marqueurs d'une télé ? Sur ce coup-là, je pense que j'ai intérêt à anticiper ...

mercredi 4 février 2009

Le réconfort

Une semaine, à courir, à droite, à gauche, à remplir des papiers pour des dossiers qui comportent plus d'annexes que de pages, à téléphoner, à l'un pour prendre rendez-vous pour apposer une signature là, un tampon là, à l'autre pour tenter de négocier des dossiers par courrier, pour éviter de perdre des jours de congé, et par ailleurs, quelques cheveux sains.

Des journées professionnelles remplies, faites de surprises, de rencontres difficiles parfois, de silence face à la souffrance absolue de femmes ayant dû tout quitter, du jour au lendemain, et qui cherchent le moyen de se reconstruire. Médecin là-bas, clandestin ici. Que dire ?

Des soirées pénibles où MM2 se relève 20 fois en prétextant pipi, faim, maux d'oreilles, besoin de câlins pour terminer dans notre lit après 1h30 d'allées et venues incessantes.

Un hiver qui nous épuise, nous éteint, nous bouffe le peu d'énergie qui nous reste. Un besoin immense de soleil, de vacances, de repos.

Tout ça et soudain, une constatation déplorable : ce blog compte presque 300 messages et jamais, je n'ai parlé d'eux. La honte absolue.

Ils sont introuvables en Belgique.

Emballés par huit, ils se dégustent sans modération (même que c'est dur de partager).

Le biscuit est fragile mais si intense au goût, la fine couche de chocolat au lait vient parfaire le mariage du doux et du puissant.

C'est mon péché mignon, qui provoque une hyperglycémie en règle, mais ça en vaut la peine parfois.

Trempés dans le café, dans le thé, dans le lait ou dégustés "nature", c'est une escapade dans le réconfort, la pause tendresse par définition, le rabibochage après la dispute, le soleil après la pluie...

A votre avis ? Qui sont-ils ?