mercredi 28 novembre 2007

Parole de Cendrillon !

Après avoir passé une délicieuse journée à la maison en compagnie de mes 2 filles malades, me voilà enfin affalée dans mon canapé en train de regarder le désordre alentours et de faire, mentalement, la liste des choses faites dans la journée.

La liste est bien courte : vider le lave-vaisselle, faire tourner une machine de linge, préparer le repas. Une longue journée "à rester au chaud et se reposer" et finalement, à part rester au chaud, je ne me suis ni reposée, et surtout, je n'ai quasiment rien fait. Moi, l'hyperactive, en d'autres temps, j'aurais nettoyé toute la maison, fait les carreaux, décroché les rideaux, les laver et les rependre, préparé un bon petit repas, et téléphoné des heures durant...

La réponse est là, dans un exemple parmi tant d'autres :
- Les filles, maman va vider le lave-vaisselle à la cuisine, OK ?

J'ai à peine le temps de prendre le saladier du dessus que MM1 accourt en me suppliant de lui donner un bonbon, "un" qui se révélera une dure négociation entre "deux" et "trois", et MM2 qui la suit en criant "maman, maman" et en s'accrochant à mon pantalon, déterminée à recevoir elle aussi, un mini truc sucré à mâchouiller. Retour à 3 au salon, le lave-vaisselle toujours ouvert et ... plein.

Quelques minutes plus tard, quelques nouvelles boîtes de jeux sorties, l'attention rivée sur les nouveaux défis, je m'éclipse pour retourner à ma tâche de ménagère. Le poêlon bleu à sa place, les revoilà, l'une debout, l'autre sur les genoux, à venir chercher dieu sait quoi dans mes pattes.

Ne perdant absolument pas confiance dans ma capacité à réaliser cette tâche ô combien passionnante, je mets la présence de MM1 à profit en lui demandant de me seconder, chose qu'elle fait avec le sourire et l'entrain habituels. Ce fut sans compter sur sa petite soeur, qui voulait, elle aussi, participer à la tâche et à peine, j'eus le dos tourné, que les assiettes prises d'une main innocente dans le lave-vaisselle ont fini leur vie en mille morceaux sur le carrelage.

Vivement demain, tiens, j'aurai rien fait dans cette maison pour cause de boulot intensif, mais j'aurai pas l'impression d'avoir été contre-productive !

mardi 27 novembre 2007

MM2, la marche, et les trous

Ma fille,
Ca y est, tes 15 mois sont passés, et de plus en plus souvent, j'entends la question fatidique : "Alors, elle marche, MM2 ?", suivi d'une 2e question, qui n'en est pas une, "mais ça lui fait quel âge maintenant ?"

15 mois et tu tiens debout toute seule depuis 1 semaine à peine. Y'a vraiment pas de quoi étouffer un phoque, non ?

Je voulais que tu saches, ma toute petite, que je m'en contrefous du rythme auquel tu as décidé d'avancer, je continuerai à répondre aux questions avec le sourire, parce que tu marcheras, un jour. Et c'est tout ce qui importe. Le reste, on s'en fout.

D'ailleurs, je te comprends un peu, à quoi ça sert de marcher alors que tu files à 4 pattes plus vite que l'éclair, assez vite pour que tu puisses faire une bêtise comme tirer les cheveux de ta soeur et te planquer 6 mètres plus loin, l'oeil innocent et la bouche en coeur, l'air de ne rien comprendre à ce qu'il se passe...

A quoi bon se donner tant de mal à tenir debout et avancer en tremblotant, les jambes pas vraiment stables sur un sol qui semble s'effacer, alors qu'il suffit que tu lèves les bras et crie "maman" ou "papa" pour qu'on te prenne dans nos bras ?

Prends ton temps, ma fille, parce que dans quelques mois, tu m'entendras te dire 56 fois par jour "viiiite", "dépêche-toi", "on va être en retard", "ah non, on est encore en retard", "tu sais, ma chérie, mon chef va pas être content, hein !", alors profite bien.

Il y a juste une toute petite chose qui m'énerve, rien de grave, c'est à peine un détail qui me vaut des sourires en coin : à force d'arpenter les sols durs sur les genoux, tes pantalons cèdent un à un, tu sais, ces petits pantalons que ta mère a voulu de marque et bien chers, histoire de durer 2 enfants minimum et de les revendre ensuite... Raté.

Prends ton temps, certes, mais grouille-toi de parler que tu puisses leur dire que ta mère ne t'habille pas en haillons !

Ta maman qui t'aime

lundi 26 novembre 2007

L'eau

Le verdict est tombé il y a des semaines. C'en est fini de ces images de famille heureuse, c'est terminé de se bercer d'illusions, c'est la fin des doux rêves de caresses et de comptines. Aujourd'hui, c'est l'attente du point final à cette aventure qui aura pourtant eu la chance de démarrer.
Les jours passent et les regards alentours se font de moins en moins gênés. La vie reprend ses droits, le quotidien ses gestes, et moi, j'ai juste l'impression de me noyer un peu plus chaque jour. Les larmes ne coulent plus pourtant, et je me demande dans quoi est-ce que je me noie. Je reprends juste assez d'air pour aller travailler, pour manger, pour dormir, pour faire ces quantités de choses anodines et inutiles, puis je recoule. Chaque bouffée d'air m'épuise un peu plus, je voudrais être une gomme pour tout effacer. Dieu, que c'est dur de se noyer, de sentir des mains se tendre mais de ne pas être sûre de vouloir les saisir, ni sûre d'en avoir la force. La douleur causée par l'eau dans les poumons est terrible, et plus je lutte, plus elle revient.
La délivrance s'est faite dans la terreur, dans la solitude et dans le noir. Mon corps entier se défendait de vivre cette expérience mais il le fallait, la nature reprend ses droits, les marées continuent même pendant la tempête.
Au petit matin, libérée d'un poids immense, d'un fardeau et d'un cercueil, j'ai cessé de me noyer, j'ai repris une respiration moins saccadée et j'ai refait surface, peu à peu.
A ce moment-là, je ne savais pas qu'un jour, j'allais pleurer de fatigue après une montagne de nuits blanches, ni que j'allais me sentir noyée sous les contraintes, les angoisses de mère, l'organisation d'une famille, mais je savais que la marée emporterait avec elle le chagrin évacué et amènerait d'autres surprises. Ce que j'ignorais, par contre, c'est que les surprises allaient à ce point changer ma vie, mon être, mon regard sur le monde.

dimanche 25 novembre 2007

MM1, Flylady en herbe

Cendrillon peut-être, Flylady certainement pas. Je n'ai pas besoin de cours pour ranger, laver, astiquer, et voir disparaître le berdol qui traîne ça et là, parce que je n'ai pas le temps, tout simplement.
Mais mon petit doigt me dit que d'ici peu, je vais avoir de l'aide...

En rentrant à la maison, un soir, je fais remarquer à MM1 comme la lune est belle, toute pleine, dans le ciel dégagé.

"Ooooooohhhh oui, elle est belle, la lune, maman, elle est toute allumée, mais il faut la nettoyer !"
"La nettoyer ? Pourquoi dis-tu qu'il faut la nettoyer, ma chérie ?"
"Mais, maman, y'a pleins d'tâches dessus !"

Il a donc fallu lui dire que ce n'était pas des tâches, qu'on ne lave pas la lune, mais franchement, je me suis trouvée bien en peine de lui expliquer le pourquoi du comment on voyait des "tâches" sur la lune !

vendredi 23 novembre 2007

Noël avant l'heure ?

J'ai eu un doute, ce matin. J'ai cru que je m'étais trompée de date, et que j'avais un retard considérable dans mes achats de Noël, que j'avais oublié de commander ma dinde. Et puis, je me suis souvenue que d'année en année, les fêtes de fin d'années commençaient de plus en plus tôt.
Ma ville a donc procédé ce jour à la décoration de Noël : guirlandes, sapins, et tutti quanti. Dans ma grande naïveté, j'avais pensé qu'on reviendrait à une gestion un brin plus raisonnable de l'électricité, en décalant d'une semaine l'usage intensif et souvent abusif des loupiottes de fêtes.

Les accros de l'ambiance de Noël sont déjà au rendez-vous depuis une bonne semaine. Certaines maisons sont déjà "endimanchées" et le compteur d'électricité tourne non stop, de jour, et bien souvent une bonne partie de la nuit. Et bien que je prenne énormément de plaisir à contempler mon sapin illuminé et scintillant dans mon salon, j'ai nettement plus de mal à comprendre comment on peut se ravir des décorations posées sur la brique de sa maison alors qu'on regarde la télé au fond de son fauteuil...

Si j'aime le visuel offert par les lumières douces et feutrées de certaines décorations, je déteste lorsque la magie me transporte en pleine fête foraine, loin du Père Noël et de son traineau.

mercredi 21 novembre 2007

Les fleurs du silence

Lorsque dans la nuit encore noire du petit matin, j'ai vu votre voiture s'arrêter le long de cette route que je connais par coeur, je savais qui vous étiez et ce que vous veniez faire. Le manque de luminosité m'a empêchée de voir votre visage, et je ne sais donc toujours pas si vous êtes cette mère éplorée, ce père détruit, ce mari inconsolable, ou cette femme en larmes.

Mais depuis plus de deux ans maintenant, je sais que vous souffrez et le montrez en venant régulièrement fleurir ce tronc d'arbre qui a vu un point final s'écrire en plein milieu d'un chapitre du livre de votre vie. Depuis presqu'un an, une jeune femme est venue rejoindre cet être disparu, à quelques troncs d'arbres de là. Et tous les jours, je passe devant ces tombes d'une route nationale, pourtant droite, offrant une visibilité idéale, une sorte d'endroit où on confierait sa voiture, sa vie à un débutant.

Si d'aventure une campagne de sécurité routière parvenait à me secouer les tripes, vous voir au petit matin, sous le vent et la pluie, venir arranger et fleurir ce lieu qui a vu l'être cher s'éteindre, m'a bouleversée.

Inconsciemment, je ralentis toujours devant vos tombes, et je partage une pensée pour vos familles endeuillées...

mardi 20 novembre 2007

MM1, Cendrillon et la Belgique

- Dis, ma chérie, tu sais où tu habites ?
- Ouiiiiiii, à Pétaouchnok-les-Combles !
- Et à quelle adresse exactement ?
- A la rue Machin Chouette numéro douzzzze !
- Impeccable, et sais-tu dans quel pays on vit ?
- Non !?!
- Mais si, rappelle-toi, on en a parlé hier.
- Non !
- Mais si, c'est la Bel....
- La Belle et la Bête ?

Elle ne pense pas si bien dire, la Belle-gique et la Bêt-ise réunies ne font pas bon ménage... En attendant un gouvernement, nous assistons, nous, pauvres Belges, incrédules, à la fin du compromis branlant qui faisait de notre pays un haut lieu de la négociation.