jeudi 31 juillet 2008

Alimentaire, mon cher Watson !

C'est en lisant le très bon article de Christine sur le blog bébé sur les trucs et astuces pour faire manger nos petits polissons de "deujans et plus"-qui-se-mettent-à-trier-leurs-assiettes que m'est venue cette constatation pour le moins étrange :

MM1 aime les infos "pipole", celles qui traitent de mort, de trucs tristes, de séparation, de presque-la-cata-sauvé-in-extremis, bref, elle est mûre pour Gala et Voici, c'est évident.

Tout commence avec un habituel "Mamaaaannnn, c'estquoisqu'onmangecemidi ?"

Peu importe la réponse d'ailleurs, MM1 repère les légumes et me sort sa phrase préférée "oooooohhhhhh nooonnnn, j'aime pas ça".

Il est vrai que les trucs et astuces relayés par Christine sont géniaux, je ne pense pas assez souvent à mettre en scène les aliments, MM2 dévore son assiette assez facilement, à moins qu'elle n'ait décidé de la bouder, et dans ce cas, rien ni personne ne parviendra à lui faire avaler la moindre bouchée. Quant à MM1, j'ai souvent remarqué que j'avias bien plus de succès lorsque je détournais son attention en racontant une histoire, en prenant même un livre, ou en la faisant parler de ses copines, de l'école, ou des princesses.

Mais à coup sûr, ce qui fonctionne le mieux, c'est lui raconter des faits divers dignes des discussions de comptoir, du style :

- Tu sais, ma chérie, quand on ira à la fête dimanche, il faudra vraiment que tu restes toujours près de papa et de maman, parce qu'à la télé, ils ont parlé d'une petite fille qui s'est éloignée et qui est partie jouer plus loin et qui a perdu ses parents.

- Elle s'appelle comment la p'tite fille ?
(Une fourchette pleine dans la bouche, et une !)
-Heu, Eléonore, je crois.
-Eleonore comment ?
-Heu, Eléonore Tsointsoin.
(Une autre fourchette en bouche)
-Et il lui est arrivé quoi après, à la p'tite fille ?
(Encore une dans la bouche)
-Et bien, elle s'est perdue et a passé toute la nuit dehors, son papa et sa maman l'ont cherchée toute la nuit avec la police, et ce n'est que le lendemain matin qu'on l'a retrouvée, elle avait très froid, et très faim.
(Une autre grosse fourchette...)
- Et elle n'est pas morte ?
- Ben non, chouchou, et encore heureux, on l'a retrouvée.
(Et ça mange, les brocolis beurks, le saumon, tout y passe... le goût de l'histoire, certainement...)
- Ben, moi, je croyais qu'elle était morte (l'air déçu tout de même) mangée par le loup et les dragons.
- Hum Hum, les loups et les dragons ?
- Ben oui.

L'assiette est vide.
Ouf.

Quelques heures plus tard : "mamaaaannnn, elle s'appelle comment encore la p'tite fille qui a prex été mangée par le loup et les dragons que tu m'as dit tout à l'heure ?"
- Hein ? mais de quoi tu parles, ma chérie ?

J'ai intérêt à m'abonner moi, si je veux des repas tranquilou...

lundi 28 juillet 2008

Regain d'énergie

Il y a des jours où la maman que je suis désespère de se voir devenir gendarme, entre rappeler les règles de politesse à MM1 qui se retrouve instantanément la petite fille la plus timide du monde, et qui ferait n'importe quoi pour se cacher dans les jupes que sa mère ne porte pas; entre MM2 qui confond cubes à empiler pour faire une immense tour qui tombe badaboum et les verres qui sèchent gentiment en attendant d'être rangés; entre MM1 qui "goude" dans son coin, bras croisés, parce qu'on lui refuse un dessin animé et MM2 qui s'amuse à éteindre la lumière de la salle de bain pendant que je me douche et qui court en riant tellement c'est drôle d'entendre maman hurler "la luuuuuumièèèèèèèèèère !!!!!!", oui, il y a des jours où je rêve d'une cure de silence, où je pourrais me parler à moi toute seule, sans devoir ouvrir la bouche.

Aaaaahhhh, le silence...

Pendant notre trop court séjour à la mer, MM1 et MM2 ont dormi côte à côte dans un grand lit. Déjà habituées à dormir dans la même pièce, il a fallu aborder la promiscuité absolue, petites chatouilles et gros fous rires sous l'oreiller.

De quoi sourire, l'oeil attendri, lorsqu'il est fait récit de ces 2 soeurs complices et heureuses.
De quoi faire fulminer la maman-gendarme, désireuse de profiter enfin d'un peu de calme.

Que faire lorsque votre propre voix vous indispose tellement vous l'avez entendue ?

J'ai décidé de me coucher entre mes deux filles et de participer à leur endormissement. Il est sûr qu'à la course, j'aurais gagné, et très largement, parce que du "je fais semblant de dormir", je suis très vite tombée dans cette torpeur absolument délicieuse provoquée par le relâchement de tous ces muscles fatigués, le cerveau en premier.

Et c'est dans cette absolue douceur qu'à droite, comme à gauche, des petites mains douces et potelées, aimantes et bienfaisantes sont venues caresser mes bras, mon dos, mes cheveux, mes joues, comme je l'ai moi-même si souvent fait durant leur sommeil, ou pour les veiller, malades ou fatiguées ou tristes. Des mots d'un côté, des phrases de l'autre, tous empreints de douceur magique, qui réparent instantanément les frustrations de la journée, qui font oublier les crises, les pleurs, les multiples bêtises.

"Dodo, maman, là, atem maman, atem, dodo, chuuuuuuuuut"
"Tu sais que je t'aime, ma maman chérie, tu vas te reposer maintenant, bonne nuit maman"

Ne pas bouger pour ne pas briser cet instant unique, ne pas tousser non plus, ne pas renifler surtout, et pourtant, mon nez me chatouillait d'émotion, des larmes enserraient ma gorge, des frissons parcourraient tout mon corps.

Cette sensation unique de partager un moment d'exception alors que ce même moment aurait pu tourner au cauchemar de la surveillance style "je monte la garde, z'avez pas intérêt à broncher, sinon...", ce retour aux sources, savourer cette place délicieuse de maman et faire du coucher un accompagnement et non une séparation...

mardi 22 juillet 2008

De la théorie de la valise...

Quoi de plus simple que d'empaqueter assez de vêtements, de jouets, de draps, de serviettes, de chaussures et une pharmacie complète couvrant le rhume comme le coup de soleil, pour un nombre indéterminé de jours dans un lieu de vacances où le mois de juillet n'offre aucune garantie, où 30 °C peuvent faire place à un 14 ° tout mouillés en quelques heures seulement ?

Avec comme ultime contrainte la voiture qui a fameusement diminué de taille, vu qu'on est passé d'une longue courge à même pas une grosse citrouille. Bref, un jeu d'enfant pour Cendrillon.

Sauf quand ses filles s'en mêlent.
On va où maman ? On va à la mer ? On va jouer dans le sable ? Je peux mettre ma robe rose aujourd'hui, maman ? Mais maman, je veux mettre ma robe rose aujourd'hui et ce soir, on la met dans la valise, et on la lavera à la mer, ok ?
Elle est bien mignonne, tiens, quelques jours de vacances par an, dans un lieu loin du paradis, et elle me colle déjà la lessive...

Maman, je peux t'aider ?
Bien sûr chérie, tu peux s'il te plaît rassembler 2 puzzles, tes crayons de couleur, 2 jeux et aider ta petite soeur à rassembler quelques affaires pour s'occuper s'il fait mauvais ?
Ouiiiiii, viens MM2, on va aider maman.

Et puis, j'ai le temps de faire ces foutues valises, Internet a planté, le téléphone aussi, on est presque coupé du monde virtuel de la modernité absolue qui me donne même les prévisions météo à 10 jours, oui, vous avez bien entendu, à 10 jours.

Mammmmmaaaaannnn, on a finiiiiiii.
Fini ?
Oui, elles ont fini de déménager la moitié du salon, mais ça, c'était prévisible. Demander à deux miss de « prex-deujans » et de « troizansédemi » de faire leurs valises était un peu exagéré, pédagogiquement parlant. Il a donc fallu expliquer et négocier l'intérêt de chaque jouet, et limiter à un seul et unique sac, déjà bien trop grand au vu du coffre du carosse, le choix des jeux. J'ai le temps, tout va bien.

Mais pourquoi donc ai-je accepté cette aide ?
Il m'aurait juste fallu attendre que le sommeil ait gagné ces petites pour décider à bon escient, cela va de soi, comment remplir ce sac à moitié, afin de caser les chaussures, bon sang, merde, j'ai oublié les godasses !

Mais ce sourire angélique, ce plaisir ressenti de faire les choses par soi-même, d'aider ses parents et d'entendre les félicitations d'usage toujours bonnes à regonfler son estime de soi me laissent sans voix, sans doute parce que j'entends encore ma mère me remballer sur les roses à chaque proposition d'aide, toute occupée qu'elle était à vérifier ses listes.

Bref, je n'ai pu vous confier les clés à temps, afin de prendre soin du blog en mon absence, du coup, j'espère que les plantes n'ont pas trop souffert, et que des tonnes de poussière n'auront pas eu le temps de s'installer ...

Je suis de retour, mais si le soleil revient, promis, je repars !

vendredi 11 juillet 2008

String ou culotte ?

Bon, quart d'heure vérité.

Enceinte de MM1, j'ai pensé que ma poitrine allait certainement changer de taille, et il n'en fut rien. Je suis pourtant restée prudente, m'interdisant tout achat de lingerie pendant cette période transitoire.

Cependant, j'ai quand même ouvert mon portefeuille, un peu déçue devant les soutiens d'allaitement hyper sexy que me proposaient les boutiques dédiées à la naissance, aux bébés et donc, aux futures et jeunes mamans.

Mes soutifs d'allaitement ont donc 4 ans et jamais je n'aurais cru les utiliser si longtemps. Depuis, j'ai découvert la lingerie de grossesse, aussi belle que confortable, mais je n'ai fait que me régaler devant mon écran, tellement je pensais "que l'investissement n'en valait pas la peine".

Le microfibre desdits soutiens est entamé, c'est sûr, mais je m'y suis fait, à cette forme mi-sportive, mi-rien-du-tout, et surtout, je m'y sens bien. Cela dit, il est temps de tourner la page et de revenir à une présentation plus ... seyante.

C'est sûr, je ne me mets pas la pression. Je suis heureuse tant que je suis à l'aise dans mes sous-vêtements. J'adore mes culottes 100 % coton, j'ai rarement des ensembles assortis, souvent parce qu'après m'être levée 3 fois pour un doudou échoué sous le lit, 1 fois pour une tétée d'urgence, 2 fois pour un câlin et 1 fois pour ranger le cauchemar dans le placard, j'ai un peu de mal à m'y retrouver dans le tiroir "soutifs-culottes-chaussettes".

Et le Prince ? Arf, le Prince. Je me rends compte de la chance énooorme que j'ai d'avoir épousé un homme qui préfère le cadeau à l'emballage, et qui ne prend que moyennement d'égards à le déballer. La fatigue sûrement. Hum.

Bref. Cette semaine, avec les copines des soirées filles du mardi (hein ? je vous avais pas dit que Cendrillon s'aérait tous les 5 mardis environ, sans miss, sans homme, et que c'est trop bon ?), on n'a pas été se faire servir au resto, on a assisté à une vente à domicile de sous-vêtements chez l'une d'entre nous, et ... verdict, il est temps de retrouver quelques tenues plus ... ou moins ..., bref, il était vraiment temps.

Le côté ultra sympa, c'est que j'ai rarement le temps d'aller faire du shopping entre copines, et même si l'achat d'un ensemble soutif-culotte ne nécessite pas la présence de 5 personnes, l'avis des copines compte, c'est sûr. Et puis, c'est l'occasion de découvrir les goûts des unes, et de discutailler débroussaillage, coiffure, méthode, et pratique avec les autres (t'aimes bien, toi, quand c'est transparent devant ?)

Bref, de bons fous rires, chouettes essayages, et portefeuille aminci. Et puis, moi qui n'ai jamais gagné une place de cinoche en répondant à un concours, me voilà gagnante d'une ... culotte !

mercredi 9 juillet 2008

L'enfant à nous

Novembre 2001.

Le Prince et moi sommes en rendez-vous avec le banquier au sujet d'un prêt hypothécaire pour acheter notre maison. Il faut discuter un million de choses, mais on arrive à peine se concentrer. J'ai un coup de fil important à passer : le laboratoire qui a fait notre toute première fécondation in vitro va pouvoir nous dire, d'ici quelques minutes, combien d'embryons nous attendent.

Je m'éclipse de la discussion avec le banquier, et sors de la banque. Il ne fait pas si froid que ça, finalement. La voix qui décroche le téléphone est sympathique, mais elle change de ton à l'annonce de mon nom. Il s'est apparemment passé une chose extrêmement rare dont elle ne peut me parler au téléphone, il faut que je parle au médecin, absolument.

Mais, Madame, combien y a-t-il d'embryons, alors ?
Aucun. C'est terminé pour vous.

Le sol s'est ouvert sous mes pieds, j'ai glissé dans un gouffre dont je ne voyais pas le fond. Je me suis sentie vasciller. Pourtant, la négociation pour un prêt devait continuer.

Combien ? m'interroge le Prince.
Aucun. Je t'expliquerai.

Je n'ai rien pu lui expliquer, je n'ai pas pu joindre le médecin ce jour-là non plus. Mais il nous a reçu, quelques jours plus tard, et nous a expliqué la très mauvaise nouvelle liée à cette première tentative : il n'y avait pas de patrimoine génétique dans mes ovocytes.

Nous avions pourtant tout fait dans l'ordre, comme on nous l'avait dit. On s'était préparé à un résultat négatif, à une annonce d'une grossesse gémellaire, mais se prendre froidement dans la tronche que mes foutus ovaires ne fabriquaient même pas le strict nécessaire pour fabriquer un bébé n'était absolument pas prévu, mais alors, pas du tout envisagé.

Le médecin s'est montré rassurant, d'une part en nous proposant de recommencer au plus vite une nouvelle tentative, afin de confirmer ou non ce premier résultat; d'autre part, en nous parlant du don d'ovocyte.

Vous avez une soeur ? Une cousine ? Une demi-soeur ? Une personne de sexe féminin, de votre famille, jeune, qui pourrait ...
Non.

Faire le deuil d'un enfant biologique, à nous, qui nous ressemble, un enfant tout court, un enfant comme la plupart des gens font, à deux, pas dans l'idée de transmettre ses gènes, mais parce que naturellement, c'est comme ça que ça doit se passer.

Vous connaîtriez quelqu'un, une amie, qui a déjà un enfant, qui a moins de 38 ans, qui pourrait éventuellement, vous aider ?
Un don direct ?
Oui, ici, on ne fait que ça, on a trop peu de cas pour mélanger.

Porter l'enfant génétique de son conjoint et d'une amie assez proche pour qu'elle puisse m'offrir ce cadeau ? Est-ce un cadeau.
Je n'ai jamais pu me faire à cette idée. J'étais terrorisée à l'idée de voir cet enfant grandir, et ressembler à sa mère génétique, de me surprendre à chercher des traits similaires, à éventuellement devoir faire appel à elle, à son patrimoine génétique, en cas de maladie par exemple. J'étais livide d'imaginer lui dire "c'est moi qui t'ai porté, mais ce sont ses gènes qui t'ont fabriqué, en partie" parce qu'à l'époque, dans ce parcours interminable, la grossesse ne menait pas nécessairement à la parentalité.

Mais, un enfant, ce n'est pas que les liens du sang.
Lorsqu'on est dans un processus aussi déshumanisé que la PMA, un enfant, c'est aussi une histoire de sang, de caryotype, de compatibilité. L'amour, dans la PMA, c'est une histoire de couple, et non encore de parents. L'amour est revisité, réinventé, tout change, sa vision du monde, de son histoire, de sa trace dans cette histoire.

La grossesse me paraissait si abstraite. Un moyen d'accéder à cet enfant tant désiré, mais absolument pas à un état de grâce. La grossesse n'allait pas faire de moi une mère. Mère, je le suis devenue dans ce combat vers mes enfants, bien avant d'être enceinte.

On aurait pu changer de centre et "apporter une donneuse", ce qui nous aurait permis de bénéficier d'un don anonyme. Mais si j'avais mené des discussions dans mon entourage, histoire de "sonder" les avis, il m'était apparu que des amies volontaires voulaient le faire pour nous, exclusivement. Elles voyaient dans cet acte un cadeau ultime, mais ne pouvaient l'envisager "sans savoir", de manière anonyme.

Mais moi, je bloquais. J'avançais péniblement vers le deuil de l'enfant génétique, et ma raison d'un côté, et mon coeur de l'autre, se déchiraient, jour et nuit, nuit et jour. La bataille qui se jouait à l'intérieur de moi était d'une rare violence, et c'est une des seules fois dans ma vie que je me suis trouvée face à un mur bien plus haut que toutes les échelles que j'aurais pu assembler.

Heureusement, 6 semaines plus tard, une autre voix du même labo m'apprenait que 8 beaux embryons nous attendaient, et le soulagement fut à la hauteur de l'inquiétude que cette première FIV avait provoquée.

Le sentiment de vide, d'incomplétude que laisse un diagnostic de stérilité éveille en nous des élans primaires, des réactions animales. Je me suis surprise plus d'une fois à "voir" mon ventre réfléchir tout haut, sans que ma tête puisse lui répondre. On me tordait le bide, il avait bien le droit de gueuler, non ?

dimanche 6 juillet 2008

Nananinanèreu

A deux ans moins 6 semaines, on ne peut pas dire que MM2 soit précoce au niveau langage. Oui, elle gazouille, compte une quinzaine de mots au compteur, et la plupart du temps, une fois sortie du contexte familial, plus personne ne la comprend.

N'empêche, l'apprentissage du langage me conforte dans l'idée que j'ai mis au monde un clown, et pas des moindres.

Pour situer le contexte, MM2 est à l'âge où les animaux la passionnent, elle hurle en voiture dès qu'elle voit une vache, un cheval, un mouton (oui, y'en a plein par ici) et s'amuse alors à imiter leur cri. Tous les soirs, on recommence grâce au grand album de mots, qui illustre de manière thématique des tas de choses, entre autres, les animaux.

- MM2, dis-moi, je suis qui, moi, comment je m'appelle ?
- Maamaann
- Et lui, là, c'est qui ? Comment il s'appelle ?
- Paaapaaaa
- Et ta soeur, comment s'appelle-t-elle ?
- Emmmemmmm-uuunnn
- Et toi, chérie, comment tu t'appelles ?
- La vaaaaaachch !!!!!

Voilà. Ma fille se nomme elle-même "la vache", ça la fait marrer puisque sa soeur rit, et puisque nous, on se lamente ... Elle arbore fièrement un sourire "star-pipole", yeux-fermés-vazy-que-je-te-montre-mes-jolies-dents, qui ne veut rien dire d'autre que "je dirai mon prénom quand je l'aurai décidé, na !"

Dire qu'elle sait dire chacune des syllabes de son beau prénom...

jeudi 3 juillet 2008

Portraits


Une fois n'est pas coutume, je vous livre ici le dessin de MM1, réalisé hier après-midi. Si, si, admirez !

- Maman, tu as vu mon beau dessin ?
- Waouw, ma fille, il est tout simplement magnifique ! Dis donc, elle est drôlement belle ta princesse, avec ses longs cheveux et sa robe, mais elle ne sourit pas vraiment, là, non ?
- Mais, c'est pas une princesse, c'est toi !

Moui, bon, soit. La couleur orange, c'est sans doute pour représenter ma peau matte, mais les cheveux longs et la robe, je ne comprends pas vraiment.

- Et pourquoi je ne souris pas sur ton dessin ?
- Ben parce que tu viens d'aller aux toilettes et que t'as eu peur du monstre des toilettes.

Ok. Franchement, faut vite que je trouve un cours d'imagination, là, parce que si à chaque fois que je pose une question, elle me cloue sur place avec sa réponse, je n'ose imaginer ma tronche quand elle se pointera, ado, avec 2 heures de retard au dîner, m'inventant je ne sais quelle histoire de dingue pour se justifier. Mais, me direz-vous, j'ai encore le temps de m'entraîner d'ici là...

Donc, aux yeux de ma fille, voilà à quoi je ressemble. On a rendez-vous chez l'ophtalmo en octobre pour elle, je me demande si on ne va pas avancer le rendez-vous !

Et ce soir, là voilà qui se dessine et qui me décris, avec moult détails, son oeuvre:

D'abord, elle sourit parce qu'elle n'a même pas eu peur du monstre dans les toilettes, elle. Ensuite, sa robe, elle est plus belle que la mienne parce que la sienne est multicolore, d'abord. Et puis, le détail qui tue : elle s'est mise des boucles d'oreilles, "pasque, moi, et ben, je voudrais avoir des boucles d'oreilles, maman, hein oui ?"

Tiens, tiens, tiens. Qui lui a mis cette idée en tête ? Il y a certainement du Jade là-dessous, sa copine qui n'en peut plus de lui mettre l'eau à la bouche, elle qui est plus grande, et qui doit titiller sa jalousie, à force ...

Elle a ensuite voulu que je lui dessine un chat "à côté d'elle", mais comme j'étais en train de repasser (Cen-dril-lon, j'vous dis !), je lui ai proposé de dessiner sa soeur plutôt, une fille comme elle mais plus petite. Vous reconnaîtrez donc MM2 à ses côtés, entre ses cheveux et sa robe, toute unie, mais avec des pieds, et sans boucles d'oreilles, "pasqu'elle est trop petite, ma soeur" !

mercredi 2 juillet 2008

Vive émotion

Deux juillet deux mille huit. Elle est libre. Enfin.

Euronews est déjà sur le coup alors que les chaînes francophones continuent leurs émissions. Le site de Libération annonce le titre mais pas plus.

Est-ce seulement nécessaire. Ingrid Bétancourt est libre, depuis le temps qu'on attendait cette nouvelle, elle est tombée, aujourd'hui.

Je suis parsemée de frissons, j'ai envie de pleurer en imaginant le soulagement immense de ses enfants, de toute sa famille, de tous ses amis. Je suis parsemée d'effroi aussi, en pensant au long et douloureux chemin qui l'attend demain et les jours suivants.

Comment refaire surface ? Comment revivre lorsqu'on a survécu 6 ans dans des conditions extrêmes, comment reprendre une vie normale lorsque son corps porte les stygmates d'un traumatisme sans nom.

Comment accepter qu'on ait laissé ses enfants un matin à l'école, et qu'on les retrouve adultes, matûres, et qu'on se mette à chercher dans leurs visages ces traits enfantins qu'on avait emmenés avec nous.

Peu importe. Elle est libre et je veux croire qu'on lui ait laissé assez d'énergie pour se battre, pour se ressourcer, pour se soigner, pour se relever. Je veux croire qu'elle se retrouvera, Ingrid, battante parmi les battantes, au milieu des siens, et que l'image de cette femme devenue étrangère à elle-même, pour oublier, certainement, le calvaire qu'elle subit depuis ... 6 ans, appartiendra au passé, pour toujours.

mardi 1 juillet 2008

Saveurs douces amères

"Vous partez cet été ?"

La question est de circonstance en ce début du mois de juillet.

Je rêverais de crier haut fort "OOOOUUUUIIIIIIII, enfin NON, JE pars, toute seule, au bout du monde, voir la couleur du dépaysement total, seule avec une valise remplie à moitié de maillots, de bikinis, d'une paire de tongs, et de bouquins de l'autre côté.

Quand je pense qu'étudiante, je lisais encore des pages et des pages même si je rentrais à 3 heures du mat', l'esprit encombré, et que le Prince et moi, on pouvait passer des dimanches après-midi pluvieux, avachis dans le canapé, l'ancien, à bouquiner.

Depuis les enfants, c'est mission impossible. Je stagne à 2 livres par an, et ils perdent leur saveur à force de s'effilocher dans le temps. A raison de 2 pages par-ci, 2 pages par-là, on ne plonge jamais dans l'histoire, on y trempe à peine son gros orteil.

Bref, il me faudrait une île, perdue dans l'océan indien. Une maison sur pilotis juste à bonne hauteur pour que je puisse m'asseoir et faire pendouiller mes jambes dans l'eau. Et il arriverait, l'homme, aussi sensuel que Docteur Mamour, aussi percutant, drôle et inaccessible que Docteur House, le plateau à la main et la boisson rafraîchissante, un soupçon alcoolisée parfois, histoire de détendre ces muscles depuis trop longtemps douloureux.

Il n'y aurait qu'un minimum de passage, et le soir, les repas se feraient avec d'autres échoués du stress, mais sans fiesta "ambiance et cotillons" visant à rapprocher les convives.

Oui, mais, me dirait ma collègue, il faudrait qu'à ce moment-là débarque un Kevin Costner, un Harrison Ford, un homme qui te divertisse, non ?
Même pas. Sinon, j'aurais embarqué la smala avec.

"Bon, alors, vous partez cet été ?"

C'est quoi les vacances ?
Pour les enfants, c'est jouer dans le sable, aller dans l'eau, manger des glaces, se promener, faire du vélo, aller dormir un peu plus tard et faire des crisettes pour tel jouet, tel manège, telle sollicitation vive et colorée.

Pour le Prince, c'est vivre avec moins d'horaire, c'est respirer l'air de la montagne, c'est avancer à notre rythme, revenir au sol, aux racines, chasser le stress, le quotidien devant la beauté de certains paysages verts et montagneux. C'est le moment de respirer un air ni trop frais, ni trop chaud, ni trop humide.

Pour la Mémère, c'est ne rien faire et bouquiner sur une île presque déserte, se réveiller et rester au lit encore une heure, ne rien prévoir, ni courses, ni bouffe, ni ménage, ni téléphone, mais un PC avec une connexion Internet haut débit, une heure par jour maxi. C'est aussi le soleil à haute dose, de la chaleur sur la peau, afin de faire des réserves pour l'hiver, c'est l'eau, la mer, la douceur du bruit des glaçons dans un verre garni d'une paille.

Bon, Mémère, t'accouches ? Vous partez finalement, ou pas ?

Non, je n'accouche pas. Fini pour moi. Les petits paquets de 2,5 kg qu'on m'a donnés à la maternité ont bien grandi et il y a encore bien du boulot pour dissimuler leur côté "sauvage".

On part, oui, quelques jours à la mer, là où il y aura du monde, trop de monde, pas forcément du soleil, encore moins des montagnes et des docteurs appétissants, je doute que j'avancerai beaucoup dans mes bouquins, je ferai les courses, la popotte, un brin de ménage de temps en temps (surtout pour aspirer le sable des matelas, beurk !), mais les filles seront ravies, c'est sûr !

On va les pourrir comme d'habitude, leur passer les crisettes les plus inconcevables, parce que sinon, y'aura plus rien à faire à la rentrée. Or, septembre, c'est comme janvier, c'est un mois à résolutions.

Et je l'attends de pied ferme, septembre, parce que je l'ai déjà, ma résolution pour les prochaines vacances !

Et vous, vous partez en vacances cette année ?