jeudi 27 novembre 2008

Part II : La magie de Noël

A l'heure de la parade, Main Street se vide, les spectateurs s'entassent sur les trottoirs, essayant par n'importe quel moyen d'avoir une place de choix pour apprécier le déambulé de chars admirablement décorés, il faut l'avouer.

Pendant un temps certain (c'est qu'on en perd la notion à force…), les tableaux se succèdent, mêlant les personnages cruciaux des thèmes Disney à des petits spectacles de rue, pour le bonheur des yeux.

MM1 est calée dans sa poussette, au premier plan, et montre du doigt chaque personnage qu'elle reconnaît. Je la vois émue de rencontrer d'aussi près et pour de vrai ses princesses adorées accompagnées de leurs princes et de musiques de bal.

MM2 s'est endormie, fatiguée de découvrir, de courir, de voler dans les hauteurs. Ses petites mains sont gelées, mais même durant son sommeil, elle refuse de mettre ses gants. Il fait froid dehors, c'est la fin de l'après-midi et le fait de rester debout, immobile, n'aide en rien pour nous réchauffer.

La parade touche à sa fin, le dernier tableau est consacré au Père Noël qui arrive au loin. Je suis dans l'ambiance, j'explique à ma grande courgette qui est qui, et je le fais discrètement parce que je connais très mal les œuvres de Disney, que je n'ai vu aucun dessin animé en entier, et que je n'ai pas envie de me prendre une honte légendaire en confondant le Roi Lion et Winnie l'Ourson.

Mais le Père Noël, c'est sûr, je l'ai reconnu, c'est bien lui, et à ce moment précis, la neige se met à tomber. Alors, je me dis que c'est vraiment génial, moi qui déteste le froid, la magie et tout ce tralala, je me surprends enchantée de savourer ma première neige de l'année à Eurodisney, pendant la parade de Noël, face au Père Noël.

Pour preuve, j'ai envie d'immortaliser l'instant, je prends en photo la capuche de MM1 sur laquelle un joli flocon vient se poser. Je bidouille le mode macro, je capture. Et je saute de joie :

- Regarde, chérie, le Père Noël, et il neige, t'as vu ?

Je ne crains rien, je veux savourer l'instant, je trouve les gens autour de nous bien tristes, personne ne sautille comme moi, personne n'entraîne ses gamins, tous assistent au spectacle, comme si de rien n'était.

Le Père Noël est passé, et la foule se disperse peu à peu… Le Prince reprend la poussette de MM2 qui ronfle toujours et je tente de manœuvrer pour le rejoindre. Je m'approche de lui et regarde sa chevelure pleine de flocons :

- Ils sont bizarres ces flocons… On dirait de la mousse…

Le Prince m'a regardé et n'en revenait pas de ma naïveté. Il me regardait, incrédule, comme il regarde une pauvre tarte au volant de sa voiture, celle qui a mis son clignotant à droite et qui tourne à gauche, il m'a regardé avec les yeux du désespoir, ceux qui disent "dire que je l'ai épousée" …

J'y ai cru à mille pourcent. La météo nous l'avait prévue, la neige et on l'a eue, sauf qu'elle n'est tombée que le lendemain. Cette neige-là était factice, elle n'avait pour but que le rêve, et il faut l'avouer, du rêve à l'illusion, il n'y a qu'un tout petit pas...

lundi 24 novembre 2008

Part I : Mickey, sale con !

J'aurais pu intituler ce message "les étoiles dans les yeux de mes filles", "merveilleuse Cendrillon", ou encore "la magie Disney", j'aurais pu choisir de vous raconter, les trémolos dans la voix, combien il est doux d'entendre sa fille murmurer "c'est merveilleux, maman, ici !", comme il est bon de plonger son regard sur le sourire de sa cadette, qui vole dans un éléphant Dumbo (et au passage de partager les vertiges, les nausées, la sensation affreuse d'avoir l'estomac qui reste en haut lorsque l'éléphant descend, et en bas lorsqu'il remonte...), mais que nenni, tout ça, c'est juste cliché. Même si on en a aussi profité.

Nan. Mickey, c'est plus mon copain. Ce p'tit con de souriceau a pointé son museau samedi matin à l'hôtel, ce qui a donné dans mes toutes petites oreilles "mamaaaaaaaannnnnn Miiiiiiiickeeeeyyyyyy, waaaaaaaaa!" en stéréo. Mes petites chéries, habillées pour affronter le froid du pôle Nord, emmitouflées au fond d'une pousette high tech, étaient fin prêtes et décidées d'aller poser à côté de ce pourri pour immortaliser l'instant sur pellicule (enfin, sur fichier...)

Le temps que je parvienne à les sortir des engins sur roues, Mickey se barrait, accompagné d'une gourde en uniforme qui lui servait de guide, ce qui a eu pour effet de faire pleurer les courgettes, dépitées.

V'là donc Mémère dépitée à son tour, prête à s'élancer, tel le méchant chat, à la poursuite du maudit souriceau, mais c'était sans compter sur le sourire ultra brite de l'employée Disney qui venait nous rappeler que "l'heure, c'est l'heure !".

Time is money, isn't it ?

J'ai frôlé la crise cardiaque. Le rêve, la magie, tout s'est effondré d'un coup. On a vu le management, le fric, les syndicats et tutti quanti se profiler derrière l'emblème du parc. Dire que j'avais bravé mes appréhensions, dire que j'ai même osé poser avec un personnage inconnu, qui a filé la frousse à mes filles, tout ça pour prouver au monde entier que Mémère, qui s'enfuyait devant une drag-queen, terrorisée par le personnage, hurlant de peur, gamine, aux côtés de kangourous-nounours-piège-à-photos, n'avait même plus peur, tout ça pour ses filles chéries !

Bon, alors, petite question culture Disney : c'est qui le singe à côté de la terroriste qui tente de passer inaperçue, sur la photo là haut ? Je n'offre rien, sinon, la délectation suprême de combler mon inculture Disney...

mardi 18 novembre 2008

Et sourde, en plus !

La présente scène se passe dans la voiture, avec votre dévouée au volant et MM2, emmitouflée dans son anorak-écharpe-bonnet et sanglée serrée dans son siège auto.

C'est la fin de la journée, de la première journée, je veux dire, et Mémère songe déjà à tout ce qui lui reste à faire ces prochaines heures, passer à la pharmacie, préparer le repas (mais quel repas ?), baigner, coucher, cajôler, écouter, négocier, repasser, parler, organiser, laver, cuisiner, bref, elle fait mentalement la liste des 1001 choses à faire, histoire de s'empêcher de croire qu'elle est crevée, et que oui, elle se coucherait bien 2 heures avant d'entamer la dernière partie du marathon, quand tout à coup, MM2 la sort de sa torpeur :

- avé anè mamaaaaaaannnnnnn.

- (silence : je réfléchis à la réponse appropriée à apporter à ma descendance emmitouflée)

- avé anè mamaaaaaaannnnnnn.

- oui, ma chérie, on va bientôt à Eurodisney, encore 3 fois dodo, on va partir avec papa, maman, MM1 et toi, et tu sais tout ce qu'on va voir ? Des princesses, Mickey, Minnie, la vraie Minnie avec ses grandes zoreilles et sa jupe à pois, et on va aller au spectacle aussi. Tu te rends compte, ma chérie, un spectacle ! Tu vas voir la magie Disney, ça va être su-per ! J'ai hâte de vous voir, de regarder vos yeux pleins d'étoiles...

- AVE ANE MAMANNNNN ?

- Hein ? Oui, chérie, Mickey, on va voir Mickey !

- Naaaannnnn, avé anè mamaaannnn ?

Et puis, ça est, enfin, le décodeur fonctionne, je me sens seule tout d'un coup, avec Mickey et mes fantasmes brillants et paillettés, mes rêves de parade de Noël et tutti quanti :

- tu veux enlever ton bonnet ?
- ouiiiiiiii, avé anè mamaaaannnnnnn !
- bien sûr que tu peux enlever ton bonnet, MM2 !
- échap' aussi ?
- mais oui !
- arci maman !

Punaise, grosse ET sourde. C'est mon mois, là ! C'est bon, je prends congé du blog, pendant quelques jours, le temps d'un petit voyage au pays enchanteur, en priant pour que ma carte de crédit ne souffre pas trop.

dimanche 16 novembre 2008

Ca m'apprendra, tiens !

Il arrive, ce n'est même pas rare, que Mémère parle toute seule. Du "zut, j'ai oublié le sel" au "mais bon sang qu'est-ce que j'ai fait pour avoir des gosses aussi chiants !", je décline un tas de pensées sur le mode extériorisation.

L'autre jour, je regarde la télé, et je sens bien que MM1 est intéressée par le programme, et qu'elle tente de prendre le train en marche :

- Ouhlalaaaa, la nanaaaaa, dis-je tout haut, en commentant la quantité de miel qu'une candidate d'un jeu culinaire versait dans la casserole...
- Quelle nana, maman ? me demande alors MM1.
- La dame en bleu, chérie, elle a mis beaucoup de miel dans son plat.
- La dame qui est grosse ? me dit-elle alors.
- Tu la trouves grosse ? (mais POURQUOI bon sang lui ai-je posé cette question, la dame était très très grosse, je pense avoir été surprise par le fait qu'elle la distingue justement par ses formes)
- Oui, comme toi, maman.

Ca y est, je suis tombée de ma chaise, raide morte.

J'ai pensé prendre congé de ce blog, de la vie de parent en général, et de me consacrer à l'élevage de grenouilles, qui, elles au moins, sauront éviter de me jeter des gentillesses à la tronche juste par le simple fait que je les nourris.
Et puis, c'est décidé, je l'emmène illico chez l'ophtalmo, c'est urgent, très urgent.

jeudi 13 novembre 2008

Sans rancune !

On a beau avoir 2 filles dont on dit qu'elles se ressemblent, avec seulement 20 mois d'écart, il n'en reste pas moins qu'elles sont 2 personnes différentes et dans notre cas, diamétralement différentes.

L'une est sérieuse, grave, et imprégnée, l'autre est rieuse, espiègle et effrontée. Elles se rejoignent sur un point : leur caractère bien trempé. Et il est vrai, ça donne des étincelles.

Des étincelles d'amour, lorsque MM1 se sent investie de sa mission de grande soeur et aide MM2 à descendre les escaliers, ou lui dessine un chat qu'elle s'empresse de colorier (enfin, c'est MM1 qui dit que c'est un chat, moi je m'abstiens de tout commentaire, surtout). Elles se serrent dans les bras et s'embrassent et mon coeur s'enflamme, tellement leurs yeux brillent de complicité.

Des étincelles de colère, lorsque MM2 pique le doudou adoré de sa soeur, dans l'unique but de la mettre hors d'elle, ou lorsque MM1 désire user de son droit d'aînesse, qui souvent se terminent en crêpage de chignons, en morsures aussi, en bousculades, et mon coeur se désole de devoir intervenir une énième fois, en prenant soin de les amener doucement sur le chemin de la raison, sans devoir substituer l'objet du litige, parce qu'il en est ainsi dans la vie.

Des étincelles de rire aussi, lorsqu'elles arrivent dans le salon, se donnant la main, déguisées en princesses, et fières d'être aussi belles à nos yeux, ou lorsque nous tombons sur une conversation entre soeurs dans le baby phone :

- MM2, donne-moi l'oreiller s'il te plaît !
- Non, non, et non !
- Siiii, donne-le moooooiiiiiiii, maman, elle avait dit que tu devais me le rendre !
- Non, non, et non !

Elles sont chacune dans leur lit, et la consigne est de ne pas en sortir. MM1 est très respectueuse des règles, et ne va donc pas se lever, sauf si c'est pour aller aux toilettes. Elle attend donc que sa soeur commette l'impair. Comme celle-ci refuse de lui rendre l'oreiller en question, MM1 se met à pleurer, pas vraiment fort, mais elle pense attendrir sa soeur, du coup.

Peine perdue, on entend alors une petite voix, déclamer distinctement :

- Bébé cadum MM1, bébé cadum MM1, bébé cadum MM1... et qui se réjouit.

J'étouffe un rire, mais mon coeur se serre en pensant aux années devant nous.

lundi 10 novembre 2008

Lettre à ...

Cher Saint Nicolas,

Comment allez-vous depuis l'année dernière ? Les années passent et vous affichez toujours une forme olympique; la joie et l'amour pour nos chères têtes blondes illuminent une fois de plus votre visage.

MM1 et MM2 ont bien reçu tous vos catalogues de jouets et bientôt, elles vous écriront chacune leur lettre, enfin, je dis "écrire" mais nous nous contenterons, comme chaque année, d'un magnifique collage qui vous permettra d'identifier correctement leurs desiderata.

Bien entendu, votre don vous permet de "surveiller" d'un oeil nos enfants, et vous n'êtes pas dupe, chez Saint Nicolas, vous avez bien vu que nos filles ont été particulièrement sages (permettez, je toussotte un peu) et dociles, et que hormis quelques crisettes dues à des passages obligatoires de l'enfance, nous nous en sortons plutôt bien.

Certes oui, ces derniers temps nous ont valu une coupe de cheveux improvisée, mais comme nous l'a expliqué MM1, c'est que sa petite soeur se plaignait de ses cheveux ("embête seveu") voyez-vous et que son geste n'avait pour seul but que de soulager cet inconfort.

Et puis aussi, vous l'avez certainement entendu, MM1 est rentrée dans une phase légèrement retorse, où elle jongle avec des expressions quelque peu déplacées dans la bouche d'une petite fille de bientôt 4 ans. Non, non, vous n'avez pas bien compris, elle n'a jamais voulu dire "chiant", elle parlait du "chien", ne vous inquiétez pas, cher Saint Nicolas, nous veillons au grain, et la maman que je suis vous promets de rajouter quelques fleurs à son langage.

Mais je vous assure, Saint Nicolas, dans l'ensemble, elles sont sages. Elles dorment, enfin, la grande dort très bien, la petite nous rejoint encore dans notre lit, mais c'est l'hiver bientôt, elle a sûrement froid toute seule dans son lit. Et puis, la situation s'améliore, doucement, mais sûrement.

Vous dites ? Oui, MM1 est toujours accro à sa tétine. Non, je ne pense pas qu'on vous la donnera cette année, par contre, vous lui direz qu'à partir du 8 décembre, le doudou et la tutute resteront au chaud dans son lit, hein, vous lui direz, Saint Nicolas ?

Et puis Saint Nicolas, je voulais vous demander, tant qu'on y est à se dire des vérités, nous aussi, les grands, on a été bien sages. On a travaillé dur, payé nos impôts, on a subi les hausses du carburant, des produits alimentaires, de l'électricité et du reste sans broncher, on veille au respect de la planète, on essaye de ne pas trop s'intoxiquer, de faire le tri entre les acides gras trans, les nitrates, les phtalates, le sirop de glucose-fructose, et avec tout ça, on doit encore remplacer la télé et acheter un truc, un machin pour faire du sport chez soi, très important le sport pour la santé, vous savez bien, hein, Saint Nicolas.

Bref, si vous avez ça en stock, des fois... Non, pas d'hypocrisie, je n'aurais jamais osé vous demander ça dans la lettre des filles, je suis contre cette forme d'activité avant 6-7 ans. C'est juste pour nous, les grands bien sages.

Voilà, Saint Nicolas, ici se termine ma lettre, on se voit bientôt, je sais que vous avez beaucoup de travail, mais n'oubliez pas de vous reposer aussi, entre deux commandes...

Recevez, cher Saint Nicolas, mes salutations les plus respectueuses.

mercredi 5 novembre 2008

Petit voyage lunaire

Connaissez-vous le SPM ? Le Syndrôme Pré-Menstruel ?
Jamais entendu parler de ce compagnon d'infortune dans la vie de certaines femmes ?

Je ne vais pas lister les 1001 symptômes qui m'assaillent la semaine précédant la menstruation, ni parler des douleurs provoquées par celle-ci, pour privilégier le récit de la prise de contrôle de mon corps par mes hormones.

Imaginons un avion, rempli de passagers. Les uns somnolent, les autres lisent, jouent à la console (se voient dire que leur cerveau a un âge moyen de 81 ans alors qu'ils en ont à peine 51), travaillent ou refont le monde, en regardant par le hublot. Chacun essaie de passer le temps comme il peut, comme il veut. Le vol dure 12 heures, alors...

Sauf que les 3 dernières heures se transforment en cauchemar. Le pilote ne contrôle plus son appareil, les passagers sont stressés, certains hurlent même leur peur, d'autres leur mécontentement, le personnel de navigation perd pied, ne sait plus quoi faire pour rétablir l'ordre et le calme.

Enfin, l'atterrissage approche et tous attendent la libération de cet enfer. Le pilote ne comprend plus rien à cet engin qu'il est censé connaître sur le bout des doigts, et malgré le passage en pilote automatique, il ne le sent pas du tout. Les passagers, eux, sont hyper nerveux, parlent fort, une manière d'évacuer cette angoisse qu'ils aimeraient voir disparaître.

Je vis cette période prémenstruelle un peu comme on pourrait imaginer cette perte de contrôle d'un avion rempli de passagers. Sauf qu'il y a fort à parier que les passagers, une fois le sol retrouvé, seront soulagés de constater que finalement, tout s'est bien terminé; alors que je me retrouve, moi, épuisée de cette semaine-là, à l'aube d'une nouvelle semaine éreintante, morcelée entre douleur et mauvaise humeur !

Entre grossesses et allaitements, j'ai eu presque 4 ans de répit, après avoir peiné pour avoir un cycle d'une longueur honorable pendant des années. Je suis aujourd'hui, à presque 35 balais, réglée tous les mois, que dis-je, toutes les 4 semaines.

La femme que je suis peut accepter de subir sa condition sans broncher, comme ultime preuve d'un corps qui m'a trop longtemps montré le mauvais chemin, mais passer la moitié du temps à se le rappeler, c'en est trop.

Le retour du paradoxe, c'est qu'on peut avoir jeté sa pilule contraceptive le jour où une radio a décelé des trompes dans un état lamentable que seul un spermatozoïde téléguidé pourrait traverser, pour la reprendre des années plus tard pour contrer les effets dévastateurs du SPM.

Des hormones pour calmer les miennes.

Moi qui me faisais une joie de me débarrasser enfin des hormones, moi qui vantais partout les mérites de la mooncup, je vais pouvoir la ranger et oublier ce SPM.

lundi 3 novembre 2008

Ca fait maaaaaal

Et ben, Mémère, il me semble que tu peines à garder le rythme, tu désertes un peu l'endroit, là, non ?

C'est-à-dire que, euh, bah, moui, en fait-euh, voilà, j'ai pris quelques jours de congé. J'aurais aimé raconter un mini-trip à Bora-Bora, décrire les maisons sur l'océan, vous raconter quel effet ça fait de bouquiner les pieds dans l'eau, mais non, non et re-non, je n'en ferai rien.

Je suis restée à la maison. C'eût pu être synonyme de rêvasseries en tous genres, de bricolages peinture de murs, ponçage de plinthes et autres joyeusetés, ou bien de repos, de bouquinage intensif dans le canapé, de gavage de séries télé, mais même pas.

Je me suis occupée de mes filles. Et accessoirement, de mes lessives en retard, de trier le courrier et les vêtements trop petits. Et ce faisant, je me suis demandée si j'allais faire l'éloge de la femme au foyer, tellement j'admire celle qui parvient à endosser ces tâches avec une dose de résignation, un brin d'enthousiasme, et un camion-remorque d'humour; ou si j'allais vous raconter le pourquoi du comment je me retrouve handicapée du bras, à savoir à peine changer de vitesse en conduisant, à gémir dès qu'il s'agit de lever mon bras droit si douloureux depuis hier.

C'est que samedi, jour férié, le Prince, des amis et moi (le remake de l'Empereur, sa femme et le P'tit Prince) avons passé une soirée hautement sportive : base-ball, tennis, bowling, golf.
On est rentré tard, épuisés, mais ravis de cette dépense d'énergie si bénéfique.

Évidemment, ce n'est plus un secret pour personne, depuis que Mémère bouge son gras de cuisse dans l'eau (même que ça s'appelle de l'aquagym et que MM1 pense que sa mère, Reine des Courges, rappelons-le, s'entraîne pour les prochains JO, discipline Danse synchronisée dans l'eau), Mémère souffre quasiment toutes les semaines. On lui avait dit que ça passerait, mais non, ça ne passe pas.

Zéro endurance. Zéro condition physique.

Le Prince dit que c'est le stretching qu'il me manque, comme si après tout ça, fallait encooooore souffrir. Non, après une séance, j'ai juste envie de passer à autre chose, d'oublier mes fesses, et mes abdos inexistants et prier pour que mes muscles me foutent une paix royale (ça me fait rire d'écrire "muscles" d'ailleurs !)

Bref. Samedi, nous avons déchiré comme disent les djeuns. Après un apéro-chips, un repas et un dessert-mousse-au-chocolat (même que j'ai terminé le bol des filles), après avoir cherché des piles, on a allumé une console qui porte un nom super con, même qu'à côté, Oui-Oui a l'air de détenir le Prix Nobel de physique.

On a couché les enfants (parce que vraiment, il était temps que les adultes passent aux choses sérieuses, discutent de sujets, hum, comment dire, "de grands"…), on s'est servi à boire, et vlan, les hostilités ont commencé.

D'abord, ce ratatiné de coach interactif a osé dire que ma condition physique avoisinait la condition physique d'une femme de 68 ans. Tout le monde sait que c'est de l'esbroufe, hein, ça sert juste à te motiver de t'entraîner, voire même de t'en acheter une, de console, pour t'entraîner chez toi et revenir voir tes copains et disant bien fort "j'ai la condition physique d'une femme de 23 ans, et toc !", n'empêche, ça la fout mal.
J'ai bien ramé quand ce con de prof de tennis m'envoyait des balles et des balles tellement vite que je ne les voyais même plus, et cette andouille de lanceur, au base-ball, qui prévenait même pas qu'il tirait, mon dieu… Je zappe le bowling où il faut en plus du souffle, la force, et la précision, sans compter le calcul d'angle et de probabilités.

J'ai mal au bras d'avoir pris cette manette pour une raquette, une boule, une batte. Mais j'ai adoré jouer à la console. Je prie juste que notre vieille télé ne nous lâche pas trop vite, histoire de ne pas être prise par un délire de maître : ajouter à mon planning déjà surchargé une heure de "sport" par jour !

PS à mes amis qui se reconnaîtront : on se voit samedi et dimanche, c'est ça, hein wii ?