dimanche 31 août 2008

La rentrée des classes

Demain, lundi 1er septembre, c'est la rentrée des classes.

MM1 rentre en 2e année maternelle, chez les "moyens", comme elle dit parfois. Sauf qu'elle se prend pour une grande :

"Ecoute, MM2, moi, je suis grande, et je vais tra-va-iller, tu comprends ? Tu ne devras plus m'embêter, parce que maintenant, je vais avoir beaucoup de travail, apprendre à lire, à écrire, et je vais même avoir des devoirs, je vais à l'école, chez les moyens mais avec les grands aussi. D'accord, ma p'tite soeur ?"

"Euh, ma chérie, non, les devoirs, c'est pas encore pour maintenant, tu as encore le temps ..."

"Mais pourquoi maman ? Je veux faire des devoirs, moi !"

Voilà, c'est tout, je voulais immortaliser l'instant, l'écrire ici, afin de le lui montrer d'ici quelques années, quand j'aurai droit à la soupe à la grimace parce qu'elle préférera rouler à vélo plutôt que d'apprendre ses tables de multiplication ...

Soit. Le cartable est prêt ?
Pensez-vous !
Il est acheté depuis un mois mais non, on n'a pas eu le temps aujourd'hui !
D'ailleurs, la rentrée des classes, est-ce vraiment un événement ?
Oserais-je avouer que je n'avais pas pensé prendre congé, vu que le Prince s'y collait. Bon, finalement, après réflexion, j'arriverai un peu retard au boulot ...

jeudi 28 août 2008

Mémère dans sa campagne

Nous habitons la campagne. Un bon gros village avec des vaches pas loin qui font meuh-meuh, des chevaux à gogo, des biquettes sans couettes et quelques mouton flon-flon, mais aussi des chiens, des chats et des ... gastéropodes.

Jusque là, rien de passionnant, je le conçois fort bien.

Mais oserais-je vous dire que je suis au bord de la nausée à chaque fois que je croise un escargot, pire, une limace ? Impossible pour moi de les toucher, leur aspect visqueux me rappelle le serpent, et provoque quasi instantanément une réaction de dégoût.

J'ai cette même réaction face aux poissons. Mais le poisson, lui, vit dans l'eau, et donc, si je veux éviter d'en croiser, il me suffit de bannir la plongée ailleurs qu'en piscine, d'éviter la visite d'aquariums (ce qui s'avère difficile quand on a 2 enfants et qu'il fait très mauvais), de décliner toute invitation à la pêche le dimanche, et aussi, accessoirement, de préférer mon plat chinois à la maison plutôt qu'en compagnie de koïs en tous genres.

Vivre en Belgique, c'est prendre le risque de vivre dans l'humidité 12 mois par an. Et cette année, hormis quelques douces journées où le mercure a avoisiné les 30 °C, on n'a pas été épargné.

Que ce soit la porte de rue devant, ou la porte du jardin à l'arrière, ma première vision en sortant de ma maison est de tomber sur un gastéropode, enfin, sur une colonie entière de gastéropodes. J'ai cru qu'un exode avait eu lieu, que dans leur monde, une guerre avait éclaté et qu'ils avaient tous fui chez Mémère, pensant qu'elle allait les accueillir à bras ouverts.

L'horreur. J'ouvre la porte, et les voilà, avec ou sans "maison" sur le dos, toujours aussi peu dynamiques et si gluants. "Foutez le camp, j'ai rien à bouffer, dégagez, ouste !" aurais-je eu envie de crier ce matin, mais quelle honte, j'ai pensé à mes pauvres voisins qui allaient se réjouir de raconter que la Mémère perdait la boule, qu'elle gueulait alors qu'il n'y avait personne, hein, pas facile tout ça...

Mais y'a pire. Y'a MM2. L'amie du petit déjeûner et l'amie des gastéropodes et autres bébètes. MM2 qui se réjouit de retrouver ses "copains" du matin, et qui court les ramasser, les caresser (pouark), et à toucher leurs antennes bizarres ... ma propre fille, la chair de ma chair qui copine avec l'ennemi, mon dieu, que vais-je faire ... Je me projette un instant dans l'avenir et j'imagine MM1 me demander des boucles d'oreilles en or qui brille mais des roses, et MM2 me suppliant de faire un élevage de limaces.

Déjà qu'elles rentrent par la porte-fenêtre de la cuisine.
Déjà qu'elles se collent sur la poignée du bac à compost et même que j'ai hurlé quand j'en ai touché une sans le vouloir, en allant vider le seau à pelures.
Déjà qu'elles ont la même couleur que mes châssis et que leur côté caméléon leur confère un aspect manipulateur imonde.

Alors, c'est décidé, les copains gluants vont rentrer chez eux, mais comment faire ? Finie la guerre, je vais utiliser les compétences "nature" de ma cadette pour tous les remettre sur le bon chemin, loin, ailleurs, n'importe où mais pas chez nous.

Donc, voilà, c'est pas la peine d'embêter le Prince pour si peu, il ne comprendrait pas, pour lui, c'est juste "la nature". Oui, mais moi, à la base, je suis une vraie citadine, je suis née dans le béton moi, pas dans les choux. La nature, c'est bien, mais pas tout. Faut trier parfois.

Alors, je fais quoi pour garder mon éthique "du plus bio possible" et me débarasser de ces bestioles ? Ne me parlez pas du sel, je vais pouvoir recommencer tous les jours. Nan, je cherche le truc ra-di-cal. Trop gentil, d'abstenir, merci.

mardi 26 août 2008

Les absents ont-ils toujours tort ?

Ils sont partis. Ils nous ont quittés, emportés par une maladie longue et douloureuse, ou happés par le train de la vie, encore jeunes, ou bientôt retraités. Eux qui ne sont plus là, il faut pourtant leur redonner une place auprès de nos enfants qui ne les ont pas connus et qui réalisent, au cours d'une question anodine, qu'un point d'interrogation s'est inscrit dans leur vie.

Ces absents morts, on a parfois tendance à les garder au fond de nous, soit qu'ils nous hantent encore la nuit, soit que le temps a effacé les traits de leurs visages et le souvenir flou et cotonneux qui se dégage alors risquerait de fausser nos pensées.

Ces absents morts, lorsqu'on arrive à en parler sereinement, arrivent à retrouver une place de choix au sein d'une famille, une place aimante, remplie de douceur, une place sublimée aussi, où seuls les sourires et l'amour dominent.

Mais il y a les autres. Les absents vivants, ceux qui ont choisi de s'éloigner, de tourner une page sans vraiment le dire, de prendre des distances en mettant des kilomètres, beaucoup de kilomètres, comme si l'éloignement physique aidait à poser certaines barrières.

Ces absents-là, quelle place faut-il leur donner ? Quelle place peut-on seulement leur donner ? Celle des morts, ou celle des vivants ? Lorsque l'absence vient noircir un ciel bleu, lorsque l'attente devient si épuisante qu'on voudrait juste tuer l'absent pour cesser de souffrir, la violence ne peut laisser place à des mots sublimés.

La place du choix. Se dire que le dernier acte d'amour est de respecter le choix de l'autre : laisser la distance se faire et ranger les images dans une boîte bien fermée. Accepter les non-dits, la fuite en avant, les promesses non tenues, des paroles de plus en plus distantes, de plus en plus rares.

Mais comment expliquer tout cela à une petite fille de 3 ans et demi qui réclame son grand-père, comment lui dire que sa vie est ailleurs, alors que des dizaines de papys font des pirouettes de bonheur de tenir leur petite-fille dans leurs bras à la sortie de l'école ... comment lui dire qu'il ne reviendra pas, ne changera plus, ne pourra plus rattraper tout ce temps qui passe ... comment lui dire que le dessin qu'elle a fait pour lui, il ne le regardera certainement pas ?

Comment accepter que mon chagrin l'atteigne, elle, qui n'y est pour rien ?

samedi 23 août 2008

Le lien

La veille de ta naissance, ma fille, seule dans cette chambre d'hôpital que j'aurais tellement voulu fermer à clé, je t'ai parlé comme si tu étais en face de moi et que le moment était grave. Les deux mains posées sur mon ventre, alors que tu avais encore toute la place pour te mouvoir, alors que tu n'étais pas encore prête à sortir, je t'ai raconté que tu allais devoir naître, non pas parce que tu l'avais décidé, mais parce que ce corps qui t'abritait ne t'apportait plus la sécurité qu'il aurait dû t'apporter.

M'en suis-je seulement voulue de n'avoir pu mener cette grossesse à terme ?
Je ne pense pas. J'étais déjà habituée au fait que mon corps me trahisse, et j'ai accepté le verdict avec lucidité.

Ce soir-là, je t'ai expliqué les choses avec violence. Toi dans mon ventre, mes deux mains dessus, je m'imaginais te tenir par les épaules pour capter ton attention et t'expliquer que nous allions être séparées pour quelques temps. L'heure était grave, je voulais que tu saches, que tu comprennes que j'avais perdu la bataille et que le protocole avait gagné, mais que je continuerais à lutter, même loin de toi.

Je me vois te répéter les choses, fermer les yeux et chercher le lien.
Et je me suis mise en mode off.
Tu es née et je suis née louve en même temps.

Nos 25 heures de séparation resteront marquées dans ma chair, bien plus que les cicatrices sur mon bas-ventre. Je me souviens m'être mise dans un état second, comme si je m'étais dédoublée et que l'une voyait l'autre. L'une avait revêtu l'habit diplomatique, consciente de l'importance de la relation de confiance qu'elle établirait avec le personnel. L'autre, par contre, était devenue un animal sauvage, dont l'oeil avait pris une couleur mauvaise, celle de la blessure sans doute, qui fait que l'animal alors docile, se réveille et devient imprévisible.

Deux ans ont passé. Le lien est toujours, présent, fort, entier.
Je te vois, je te regarde, et je sais que tu m'as entendue ce soir-là. Je sais que j'ai eu raison de te faire confiance, je sais que tu as joué avec moi, et que toi et moi, on a gagné. Cette victoire tacite, on la partage à deux. Tes yeux ont la couleur de la rébellion, de la confiance, de l'union. Tes pieds sont ancrés dans le sol, tu es légère comme le vent, tu peux partir, parce que tu sais que je suis là.

Ma fille, j'ai la mâchoire serrée de douleur sur fond de rage de repenser à tes premières heures, à cette rencontre volée, et en même temps, serrée de bonheur de savourer ce chemin parcouru, et de nourrir encore ce lien si fort qui est né de notre pacte ce soir-là.

Bon anniversaire MM2.

jeudi 21 août 2008

Pause gâteau

Mémère déserte un peu.

Non pas qu'elle soit en train de préparer un magnifique voyage sous des cieux idylliques, et donc de laver, repasser, plier maillots, shorts et petits tops et autres paréos, ni qu'elle soit plongée dans un bouquin si passionnant qu'elle troquerait bien une nuit entière de sommeil contre le nom du coupable tellement l'intrigue la tient en haleine, ou encore qu'elle se soit embarquée dans un projet professionnel démesuré, non, rien de tout ça.

Mémère prépare l'anniversaire de MM2.

Si le premier anniversaire est symbolique, il ne lui procure pas autant de plaisir que le 2e, où l'enfant comprend tout, commence à parler, montre deux petits doigts boudinés pour montrer qu'il va avoir "deujans", va déballer ses cadeaux seul, et profiter pleinement de ce moment de grâce où il est le centre du monde, et que pour une fois, on approuve, mieux, on l'applaudit !

Mémère écume les sites de cuisine à la recherche DU gâteau et de sa déco, surtout. Tout ça, juste pour voir des centaines, pardon, des milliers d'étoiles dans les yeux de ses filles, lorsqu'elle apportera ledit gâteau, brillant de mille feux. Parce qu'il faut l'avouer, Mémère ne s'était jamais posé la question de savoir si un gâteau d'anniversaire d'enfant devait être décoré. Pour elle, seule la qualité gustative du gâteau comptait, le visuel, ma foi, tant qu'il n'entravait en rien le bonheur fourni par ses papilles gustatives, passait au second plan.

Mais depuis que MM1 aime le strass et les paillettes, le rose et les princesses, Mémère s'est vue obligée de revoir certaines choses, dont la déco des gâteaux.

J'ai hâte d'y être.

lundi 18 août 2008

On est fous !

Vendredi, après une journée passée tantôt couchée sur le dos par terre dans la cuisine, tantôt assise en tailleur à jointoyer des plinthes posées depuis une éternité (un an, c'est dire !), à me relever 150 fois pour essuyer le derrière de MM1, pour laver les mains de MM2 qui trouvait le mortier de rejointoiement une texture agréable et pratique pour dessiner sur le carrelage, à séparer les filles qui se disputaient la seule et unique poupée visible (faut croire que les 12 autres étaient trop bien rangées !) en lui arrachant chacune une touffe de cheveux, je n'ai pas réussi à trouver le courage de chauffer un peu d'eau et d'y jeter des pâtes, afin de nourrir ma petite famille.

Devant ce manque flagrant d'énergie, et malgré le pouvoir d'achat en berne, nous avons collé les miss dans la voiture et sommes partis "nous faire un chinois".

On va au res-tau-rant ???? nous disait MM1, l'air presqu'offusqué. Avec nous ?
Oui, on va au restaurant chinois, avec vous. Il va falloir bien vous tenir, tu comprends, si tu veux qu'on t'emmène de temps en temps, il faut rester sage, ne pas courir partout, ne pas crier, d'accord ?
Oui, maman. D'accord.

Oui, mais.
Dans les restos chinois, y'a toujours des poissons, que ce soit dans un aquarium ou dans un bassin, ça ne rate pas. Et dur dur de faire patienter les filles alors qu'il y a tant à voir au fond du bassin.

Résultat des courses :
Prendre la plus lourde des casseroles, la remplir d'eau, faire cuire des pâtes, ajouter un filet d'huile et du parmesan, ce n'était rien comparé aux sprints piqués pour éviter que MM1 ne casse la barrière en montant dessus comme sur une poutre de gymnastique, et empêcher que MM2 ne jette le doudou de sa soeur en pâture aux méchants poissons et t'as vu maman, y'a même une tortue.

Tous les gens présents dans le restaurant se sont certainement amusés de voir une maman, et un papa courir entre les tables afin d'attraper un bras de leur progéniture chérie, les coller sur leurs chaises respectives après avoir visité par erreur les cuisines, et d'entendre "c'est dégoûtant c'truc" devant le plat de nouilles au poulet et d'entendre le "clac" de l'assiette de MM2 retournée sur la table (ouf, le sol est épargné, mais pour combien de temps ?)

Bref, mauvaise idée.
On a vite mangé, vite payé et sommes vite sortis, sans regarder le carnage laissé par terre...

Dans la voiture, MM1 a parlé :
On rentre à la maison maintenant ?
Ben oui, on va au lit !
Et on mange quoi ?

Arghghghghghghghhhhhhh.
Les baby-sitters ont encore de belles soirées devant elles.

jeudi 14 août 2008

Les chiens et les chats

Imaginez un instant Mémère Cendrillon dénigrant ostensiblement la règle neumber ouane de l'entreprise, à savoir "production/rentabilité/chiffre", en s'encombrant d'une miss de trois ans et demi au bureau.

Sachant qu'il est vain de tenter de cacher une petite fille d'un mètre pendant 1 heure le matin et 1 heure l'après-midi, en attendant le début du stage et juste après le stage, dans un bâtiment où le passage est plus qu'incessant, Mémère a pris les devants, en annonçant la couleur à son chef, lequel comprit fort bien la demande, tout en insistant sur le côté discrétion de l'intrusion d'un enfant dans le service public belge.

Au secours.

Tout devait admirablement bien se passer, puisque Mémère, ultra prévoyante, avait prévu les marqueurs, du découpage, des collages, à boire et à manger. Les consignes étaient plutôt claires, à savoir, on évite de crier à tue-tête dans les couloirs, on chuchote pour dire "maman, je dois faire caca", on est polie etc.

MM1 dans la voiture "Et bien moi, je vais être très sage au bureau de maman, je vais découper, coller, dessiner, et je ne peux pas crier, et surtout, je dois bien être polie, parce que je suis une princesse, hein oui ?"

On est arrivées et on a croisé les collègues.
Oooooh bonjour MM1 ! Que tu es jolie, blablabla.
Rrrrrrrrrummmmppppfffff fut le seul son à sortir du fond de sa gorge, traduisant là un très distinct "casse-toi, tu pues !"
Et vas-y que ça insiste.
Tu dis pas bonjour ? Tu sais, c'est pas beau les petites filles qui disent pas bonjour.
Rrrrrrrrrummmmppppfffff again.
Je suis maudite.

Demain ça ira mieux. Ca doit aller mieux. Il y va de mon honneur, de ma réputation, hum.

Le lendemain, dans la voiture, je l'écoute et je ris jaune. Je ne lui ai plus rien dit, consciente que les mots magiques étaient devenus un moyen de pression énorme. Gnagna, je suis une princesse super polie, je vais pas faire ma timide, même que je vais dire bonjour à tout le monde, mais je vais pas faire un bisou.

Tu rêves, la bise, beurk. Ma fille est un monstre de tendresse.

On croise les premiers collègues et comme la veille, le rugissement de derrière la luette. On prend l'ascenceur et là, on croise la chef, celle qui avait demandé discrétion et compagnie :

Oooooooh mais voilà une bien jolie petite fille ! Tu me fais un bisou ?
Pas quesssssssssssstion ! lui a-t-elle répondu tout de go, sans bonjour, ni merci, ni au revoir.
Et la chef de conclure : les chiens ne font pas des chats.

Imaginez donc Mémère Cendrillon à 7h59, sortant de l'ascenceur et se dirigeant vers son bureau, livide, limite honteuse et étonnée de l'applomb d'une gamine d'à peine 1 mètre...

*soupir* Je le plains, son premier chéri ...

mardi 12 août 2008

Délicieusement imparfaite

Nous, parents, nous commettons tous des erreurs avec nos enfants.

Certaines erreurs peuvent être lourdes de conséquences, je pense à cet instant d'inattention pendant lequel le bébé qui marche depuis 3 mois et qui jouait tranquillement dans un coin du jardin a posé son pied dans la piscine, ou à cette porte pas fermée et qui donnait accès sur l'escalier de la cave, ou à ce manche de casserole remplie d'eau bouillante tourné vers l'extérieur que l'enfant a agrippé, et j'en passe.

Heureusement, le plus souvent, même si le parent commet une erreur, l'enfant demeure sain et sauf, et reste, tout au plus, une journée dans la même couche, râle parce qu'on a oublié son goûter, remue toute la journée parce qu'on lui a mis son body à l'envers et que cela lui est inconfortable.

Puis, il y a aussi ces multiples fois où le parent regrette ses mots, son impatience, son énervement, son manque de pédagogie, son geste parfois, qu'il soit d'envoyer au coin un enfant sans le laisser s'expliquer ou de lui coller une fessée, on est tous débordés à nos heures, et j'aimerais croire que chaque parent, dans cette situation, se remet en question, et essaye lui aussi, de grandir dans son rôle et en tant qu'être humain.

Mais il y a aussi les moments où on sait qu'on va mal faire, mais on le fait quand même. C'est là, précisément à ce moment qu'on devient le vrai parent indigne, celui qui n'a ni morale, ni culpabilité. Ce moment-là, Mémère Cendrillon l'a vécu intensément il y a quelques jours ...

Il faut préciser que Mémère déteste entendre et voir ses filles pleurer. MM1 pleure assez facilement, mais il est tout aussi simple de la calmer et de lui changer les idées. MM2 par contre, ne pleure pas souvent, mais quand elle s'y met, c'est l'escalade vers la crise assurée. Et quand je dis crise, il faut bien visualiser la grosse colère pleine de larmes, de morve, de pieds qui trépignent de rage, et des cris, perçants, glougloutant à souhait.

Ce jour-là, MM2 faisait justement sa crise. L'heure du repas était toute proche, mais le repas loin d'être prêt. Il fallait donc mettre les bouchées doubles en cuisine, et franchement, les mains pleines de farce, j'avais un peu de mal à gérer la situation. Bien sûr, j'aurais pu écouter les éminents pédagogues et la laisser dans son coin, hurler à réveiller les morts, mais tout ce bruit allait faire rater mon repas, tant je sentais l'énervement monter en moi.

Je me suis lavé les mains et j'ai pris MM2 dans mes bras, je l'ai posée sur le plan de travail malgré les multiples dangers qui trônaient là, et je lui ai mouché le nez et séché ses larmes. Voyant que cela ne suffisait pas et que la crise repartait de plus belle, j'ai sorti ma carte "mère indigne" : "Tu veux un bonbon ?"

Non ? T'as pas fait ça ?
Siiiii
M'enfin ! Tu cherches la merde ou quoi ? Compenser un chagrin, une crise par de la bouffe ? Alors, là bra-vo ! Franchement !

Même que j'ai choisi le plus gros bonbon, un espèce de lacet qui s'enroule qu'elle a mis 10 bonnes minutes à manger, et ce, juste avant le repas que j'ai eu le temps de finir.

Mais tu l'as pas fait exprès ? Je veux dire, tu t'en es pas rendu compte ?
Bien sûr que si.

Trop bon de désobéir.

dimanche 10 août 2008

Le syndrôme du bonnet de bain

MM1 avait tout juste 1 an, elle passait ses nuits, mangeait bien, était bien sage. Je pouvais tout doucement repenser à reprendre une activité sportive. Le temps d'y penser, d'imaginer une organisation que me voilà enceinte de MM2.

MM2 aura 2 ans dans 2 semaines et voilà que je reprends mon questionnement là où je l'avais laissé il y a presque 3 ans, au plus grand bonheur de mon docteur qui ne cesse de me parler "d'une activité physique".

Sans blague ... C'est quand il veut, le toubib, pour venir voir si c'est pas de l'activité physique enchaîner 8 heures de boulot - 2 enfants en bas âge particulièrement doués en matière de bêtises - des nuits hâchées, certaines menu, menu - une maison à faire tourner, sans l'aide d'une femme de ménage (mon rêve le moins glamour, certes, mais mon rêve quand même) - les courses etc. Mon cerveau bouffe du carburant, c'est sûr, mais mes jambes aussi, rien que d'y penser, elles me font mal d'ailleurs. Tenez, 7h07, il faut partir, et devinez qui a oublié de mettre ses chaussettes ? Qui a oublié le sac de MM2 pour la nounou ? Peu importe, mais ce qui est sûr, c'est que c'est Mémère qui remonte les escaliers.

Et au boulot, tu prends les escaliers, au moins ?
Un ange passe ...
Mouiiii, quand l'ascenceur est en panne.
Faut bannir l'ascenceur.
L'ascenceur est en panne au moins une fois par semaine, donc, je fais quand même de l'exercice.

Le sport, tel que je le conçois, c'est "ne pas souffrir". Et dans le style, j'ai pensé à l'aquagym. Bon ok, ça fait un peu mémère, mais ça tombe bien, ça me colle à la peau et au pseudo. Et puis, ma collègue, elle va à l'aquagym, et j'irais bien avec elle.

Parce que le sport, c'est aussi une histoire de motivation. Je suis la reine du "pfffff, j'ai pas très envie, finalement" pour terminer sur un "c'était super chouette, j'ai bien fait de me bouger le cul". Et au niveau motivation, y aller à deux, c'est mieux que toute seule.

Renseignements pris, j'allais presque signer et payer le trimestre, quand j'ai pensé à la question qui tue, celle qui m'est venue comme une révélation, même que j'ai levé le nez comme face à un danger soudain : "et il faut un bonnet de bain ?"

Bien sûr, en piscine, c'est o-bli-gatoire !
Et là, il a fallu que je prenne un temps de réflexion. Comment dire ? Comment accepter l'idée de ne ressembler à rien, ou plutôt à un oeuf, tout ça pour du sport ? Oserais-je dire que je préfèrerais devoir accoucher avec le gynécologue le plus beau de la terre ? Débile, mais vrai.

Bon, il me reste deux semaines pour braver la honte du bonnet de bain, ne me dites pas d'en changer la couleur, aucun ne m'ira. Même les athlètes de natation actuellement en excursion à Pékin, jeunes et musclés sont moches comme des pous avec ce truc sur la tête...

Au secouououoouuurrrrrrrrs ! J'y vais ou j'y vais pas ?

mardi 5 août 2008

Sluuuuuurp

A quelques jours du 2e anniversaire de MM2, il n'y a pas de doute, nous sommes en pleine crise des 2 ans, en pleine déferlante de caprices, de tentatives de corruption diverses, de sourires narquois et de regards pleins de défiance.

Non, parce qu'il faut l'avouer, c'est juste é-pui-sant. Il faut expliquer, ré-expliquer, tempérer, redire la règle, gentiment, mais fermement, tout ça pour que cette petite gueule d'ange se transforme en monstre absolu, brandissant le marqueur que tout le monde croyait perdu, fière comme Artaban d'avoir dessiné sur la robe préférée de sa soeur, laquelle, dépitée, vient pleurer à chaudes larmes : "Mammmmaaaaaannn, ma ... robe ... elle ... a dessiné ... sur ma rooooobbbe" entre deux sanglots et des larmes de tristesse bien réelle.

A côté des bêtises quotidiennes, il y a aussi et surtout la quête vers l'indépendance, le fameux "naaaaannn, moaaaaaaaa touseule" immortalisé par MM2 dans l'épisode de la glace, comprenez crème glacée dans un cornet s'il vous plaît.

On n'a pas connu cela avec MM1, parce qu'en bons parents indignes, on bouffait de la glace en cachette, trop contents de lui épargner toutes les saloperies contenues dans ce délicieux en-cas de saison. Mais depuis, MM1 a grandi, et a goûté, depuis peu, au léchage de cornet.

Le glacier, lui, c'est l'ami des enfants. Il déambule dans les villages avec sa camionnette et sa musique qui réveille tous les gamins de la sieste, et rend hystériques les parents assoupis, eux aussi. Le glacier, il connaît tellement bien les gosses, qu'il propose outre le traditionnel cornet de glace, le petit pot, tout décoré de personnages archi connus des petits, agrémenté d'une petite cuillère de couleur, mais non, bien sûr, "je veux le cornet maman, pas le petit pot".

Pffff... Je sais déjà que c'est foutu, que le t-shirt est mort et que comme on est "en route", je vais me traîner deux marmots crados pendant un temps trop long, mais c'est ainsi. Je suis faible, je n'arrive pas à lui refuser ce plaisir tout simple.

Mais la minus qui suit, là, derrière, elle a tout vu, tout enregistré, et pas question d'essayer de lui refourguer un petit pot, elle se débat, se démène, et hurle à la mort comme si on venait de la brûler. A peine le cornet de glace devant la bouche, le monstre sourit à nouveau, ouvrant grand la bouche, histoire de ne pas perdre de temps.

Je récapitule : une poussette, une mini-mémère de "presque 2 ans", un cornet et une boule de glace choisie par sa maman, toute heureuse d'avoir encore son mot à dire dans l'affaire, puisque par chance, le gentil glacier n'aurait rien compris au baragouinement de la miss, et offrant par cette occasion le choix du parfum selon un critère extrêmement précis, à savoir la couleur du parfum. Cerise ? Non, merci. Vanille fera l'affaire. Pas folle la guêpe.

Ensuite, il a bien fallu se rendre à l'évidence : manger une glace dans un cornet demande une dextérité toute particulière, à savoir tourner ledit cornet afin d'éviter les multiples coulées, augmentées par la chaleur de l'après-midi. Sauf que MM2 n'a pas encore intégré ce subtil et délicat mouvement. C'est pas faute de le lui avoir montré pourtant. Sa bien attentionnée maman a donc eu le réflexe de se pencher et de donner un sérieux coup de langue sur cette glace dégoulinante, mais c'était sans compter sur la vivacité de la miss qui tire alors son cornet tout contre elle, histoire d'en étaler une bonne partie sur son t-shirt, elle aussi.

T'avais qu'à pas toucher à MA glace !!! disaient ses yeux noirs (en langage bébé : "à maaaaaaaa").
Même que la vanille, ça tâche presque pas, en plus.

Allons, allons...

Puis, elle a entamé le cornet, par le milieu, parce que ça avait vraiment l'air meilleur, et là, j'ai eu envie de faire un bon en avant de plusieurs mois ... avant de la mettre toute entière dans la machine à laver.

dimanche 3 août 2008

Ma carcasse

Je lève doucement mon bras et touche du bout des doigts le miroir dans lequel je me regarde.
Je me regarde.
Je ferme les yeux un instant, un très court instant.

Ai-je vieilli ?
Je veux dire, est-ce que ça se voit ?

Je cherche des rides, des cheveux blancs, des signes qui ne trompent pas. Je scrute. J'essaie de me souvenir comment j'étais il y a quelques années. Je n'aime pas forcément regarder les anciennes photos de moi, alors j'essaie de me souvenir.

La vie de maman m'a-t-elle abîmé l'apparence ?
Je tâte ce ventre devenu un peu flasque, ces fesses molassonnes et regarde mes seins moins fermes. Je passe le doigt sur des vergetures qui se sont installées pendant que mes filles profitaient chaque jour un peu plus de l'habitacle offert par mon ventre. Je découvre une peau moins élastique, plus transparente, bref, oui, je vieillis.

Oui, mais.

Pour rien au monde, je ne reviendrais en arrière. J'aime trop cette trentaine crevante, trépidante, faite de retards, d'imprévus, de contraintes, de questionnements éducatifs.

Je rouvre les yeux et me regarde en souriant.
J'ai appris l'indulgence face à ce corps qui a beaucoup souffert. Il a sué pour me donner le plus des cadeaux, celui de porter par deux fois la vie, et ce après bien des écueils.

Je ne me suis trouvé aucun cheveu blanc, ni même gris, et si quelques ridules font leur apparition, à pas feutrés, on ne peut pas encore parler de ride, ma foi. Mais si j'avais dû tomber sur un signe du temps qui passe, j'aurais accueilli ce signe comme il se doit : avec résignation, sans souffrance, sans chagrin.

L'oeil attendri, je lui ai dit merci, à ce corps. Merci de me suivre, merci de m'avoir permis, après tant d'années passées ensemble, de communiquer avec moi, de m'envoyer des tas de messages qui j'arrive enfin à décrypter, merci de supporter mes frasques, ma maladie, mon trop peu de sommeil, merci d'être là, en bon état, vu le chemin parcouru.