mercredi 30 avril 2008

Le mercredi soir

Demain, c'est la fête du travail, et on n'ira pas bosser.

Demain midi, je n'aurai pas mes collègues autour de moi, et je ne poserai pas la question du jeudi : "qui a regardé la Nouvelle Star ?"

Au départ, il m'aurait fallu chercher du regard deux trois visages cramoisis faire comme s'ils n'avaient pas bien entendu la question, puis l'un ou l'autre aurait finalement bien osé me répondre par l'affirmative, et on aurait facilement passé une demie-heure à refaire l'émission, et surtout, à se la jouer "le jury, c'est moi !"

Mais pourquoi est-ce la honte de regarder la Nouvelle Star ?
Est-ce qu'à l'époque, Drucker et son "Champs Elysées", c'était la honte ? La variété évolue, c'est comme ça.

Par contre, ce qui est tendance, c'est l'aspect "jury". On ne se contente plus de regarder et d'écouter un mec chanter, faut absolument donner son avis, pour au final, l'éjecter ou non. Comme si la scène artistique n'était pas assez grande pour se la partager, comme s'il fallait absolument 1 gagnant et 10 perdants. Le jury donne juste son avis, le public vote à coups de SMS et d'appels téléphoniques qui génèrent une masse inimaginable de pognon, dont j'aimerais bien voir le dizième sur mon compte en banque.

Bref, aucune morale, des paillettes à gogo, mais j'aime bien. Chaque semaine, j'imagine Mémère Cendrillon entre Lio et Sinclair, à donner son avis, elle aussi, tiens ! Et chaque semaine, je féliciterais Lio de réussir le tour de passe-passe du siècle en mettant sa poitrine aussi bien en valeur.

Bref, ça va me manquer, la discutaille de comptoir sur la Nouvelle Star avec les collègues demain. Parce que le Prince, ce n'est vraiment pas sa tasse de thé, et bien souvent, je le réveille tellement l'émission le laisse de marbre.

Et il me plaît d'extrapoler et d'imaginer le carnage si d'aventure, la tendance "jury" devait s'immiscer jusque dans nos vies quotidiennes : que deviendraient 11 de mes 12 stagiaires au bout de quelques mois de formation ? Hein ?

Pour conclure sur le ton léger du début, la Nouvelle Star, c'est MM1, c'est sûr. Quand je l'entends chanter le refrain de cette chanson, je lui vois un avenir en haut de l'affiche !!

lundi 28 avril 2008

Les cuberdons

Elle est haute d'un mètre, a un look désuet, un poids qu'on fait bouger sur une espèce de règle ornée de chiffres, d'un côté les dizaines, de l'autre, les unités. Et je l'exècre.

Je veux parler de la balance du toubib.

Elle est bleue, toute plate, archi-moderne, elle débloque un peu, même avec une nouvelle pile, indique 300 g de plus après une douche ou carrément 600 g de plus après être passé aux toilettes et avoir donné la tétée. Je la hais.

Je veux parler de la balance de ma salle de bains.

Evidemment, je me suis pointée le coeur léger chez mon toubib, déambulant toute guillerette à l'idée qu'il allait se ranger derrière l'oreille ses réflexions à 2 balles sur ces kilos de la grossesse toujours pas perdus. "Elle a quel âge, votre cadette, maintenant ?"

Est-ce ma faute si je n'ai pris que 9 kg pendant ma grossesse et en ai perdu que 2 après avoir donné naissance à un bébé de 2,700 kg, moins le placenta, moins le liquide amniotique ? Y'a comme qui dirait une injustice, là, non ?

Bon, c'est vrai, j'avoue, je me suis vengée. Allaiter me donne des envies que même la grossesse n'a pas été en mesure de créer. J'aurais pu dévorer un poulet basquaise à 10h30, une tajine à 14h00, et une lasagne à 17h00. Vous comprendrez que la décence m'empêche de partager mes délires gastronomiques de la nuit, tant j'aurais pu manger 7 à 8 fois par jour.

Ben, je l'ai même pas fait. Je ne me suis jamais relevée de la nuit (enfin, pas pour me baffrer), et n'ai jamais avancé mes repas au gré de mes envies. Même pas. Bon, j'ai bien grignoté un peu par-ci, un peu par-là, juste de quoi entretenir les bourrelets et le flasque des cuisses.

Mais depuis janvier, telle une résolution de l'an neuf, je suis partie en guerre contre ces kilos et c'est donc l'esprit tranquille que j'allais monter sur la balance d'avant-guerre de mon charmant docteur. "- 7 kg, docteur, vous voyez, chaque chose en son temps, fallait juste que je me décide".

"Oui, mais votre prise de sang est mauvaise. Gna gna gna."
"Mauvaise, mauvaise ... j'ai perdu du poids, c'est un peu normal que ça chamboule tout, non ?"
"Non, c'est chamboulé parce que vous n'avez pas bien suivi votre traitement !"

Merde. Il l'a vu. Je suis arrivée toute contente, et me voilà, grondée comme une gamine de 5 ans qui a désobéi. Bon sang ne saurait mentir ...

Du coup, ce week-end, je me suis laissée tenter par quelques doux cuberdons, spécialité belge à très haute teneur en sucre, et après, c'est promis, je me remets au vert.

Du coup, maigre consolation, on n'a même pas parlé de sport.

vendredi 25 avril 2008

Artiste en herbe

La première fois que MM1 m'a tendu une feuille A4 décorée de quelques traits de crayon en me baragouinant "a pou toi, maman", le temps s'est arrêté, tellement l'émotion a été forte.

Et puis, comme tous les événements, lorsqu'ils deviennent "habituels", ils perdent en intensité. Aussi, les 10e, 20e, 50e, 100e dessins que ma fille, dans sa grande mansuétude, m'a offerts, s'entassent sur une commode et finissent par prendre la poussière, en compagnie de quelques factures dont le délai de paiement est plutôt généreux.

Les progrès de MM1 en matière de dessin sont assez peu visibles. Les bonshommes qu'elle commence à ébaucher sont tantôt bien reconnaissables, et le lendemain ressemblent à de l'art abstrait. Quant au coloriage, elle a vraiment pris goût aux marqueurs, dont la marque vante la fabrication "à l'eau", ce que ma poudre à lessiver réfute au quotidien. Seulement voilà, MM1 ne semble pas distinguer le bleu du vert, le rouge du jaune, le violet du marron. Toutes les princesses qu'elle adore pourtant, arborent une tenue pour le moins colorée, et un teint surprenant.

"C'est beau, hein, maman ?"

Ouch, question piège.

Bien sûr que c'est "beau", parce que c'est elle qui l'a fait. Mais franchement, Blanche-Neige au visage violet foncé, aux mains bleues et à la robe multicolorée-de-partout-même-que-ça-dépasse, ben, ça m'inspire pas non des excès de "waouw, c'est formidable !"

Alors, quand j'essaie d'en discuter avec elle, je m'assure toujours de tester ses connaissances en matière de couleurs, histoire qu'on soit sûres, elle et moi, de bien nous comprendre.

"Dis, chérie, t'as vu sur le cahier, là, elle est de quelle couleur la robe de Blanche-Neige ?"
"Blanche, jaune, bleue et avec un peu de rouge"
"Bravo ! et toi, tu l'as coloriée de quelles couleurs, sa robe ?"
"Blanche, jaune, bleue et avec un peu de rouge"

Et à y regarder de plus près, l'horrible couleur finale pouvait bien être le résultat d'un mélange des 4 couleurs citées ci-dessus. Et toc.

"Aaaah, oui, je vois, et ses mains, pourquoi sont-elles bleues ? Tu as les mains bleues, toi ? "
"Nooon, mais les Schtroumphs, ils ont des mains bleues."
"Oui, mais Blanche-Neige, c'est pas la Schtroumphette ?"
"Bah siiii, hein, c'est plus joli comme ça".

Mémère Cendrillon, avant que ta fille ne te refasse le portrait, recopie 100 fois "je ne briserai plus la créativité de mon enfant"...

mercredi 23 avril 2008

Crises et crisettes

MM1 a aujourd'hui 40 mois, MM2 en a 20.

Il y a 20 mois, lorsque MM2 vit le jour, MM1 fêtait donc ses 20 mois. Déjà à l'époque, elle était sage. Bon, je ne vais pas le nier, il y a eu la crise des 2 ans, c'est sûr, mais ça n'a pas duré bien longtemps. Le temps de lui faire bien comprendre les quelques règles de vie en communauté et le tour fut joué.

Gérer les 2 poulettes de concert ne fut pas chose aisée tous les jours, surtout quand MM2 a commencé à crapahuter à 4 pattes, à ramasser toutes les miettes, tous les minuscules objets (dont on ne se rend même pas compte qu'ils existent) tombés par terre et à les mettre en bouche. Ensuite, quand elle a commencé à marcher, ce fut carrément infernal, tant il a fallu user et abuser du don d'ubiquité.

"Mamaaaaan, y'a ma sœur qui est encore tombée, elle pleure fort, elle a tout cassé sa tête !" venait m'avertir MM1. Les crises cardiaques des mauvais jours me faisaient oublier les cheveux gris que je sentais arriver au galop.

Et puis, les choses se sont calmées. Les miss commençaient à jouer ensemble, ou séparément, mais à jouer enfin, et à pouvoir rester 5 minutes toutes seules. Entrevoir de m'isoler 4 minutes aux toilettes était à nouveau devenu de l'ordre de l'envisageable.
Certes, c'est à ce moment précis que les disputes ont commencé, la grande venant se plaindre de sa condition de victime ("elle m'a tiré les cheveux, elle m'a mordu, m'a donné un coup de pied et puis, elle m'a même poussé, et maintenant j'ai mon bras tout cassé"), la petite, encore loin de maîtriser le langage, hurlant comme un goret devant le jouet dérobé.

Tout ça, Mémère le gérait plutôt bien, perdant patience quelque fois, mais avec philosophie et humour, si, si, avouons-le, la plupart du temps.

Mais là, depuis 1 mois, une nouvelle ère a commencé.

MM2 annonce avec fracas sa "crise des 2 ans" avec un peu d'avance, soit. Et là, le Prince et moi, on va déguster sec. Il suffit de se remémorer son CV pour comprendre que le mot est faible. Grève de la faim à 4 mois, refus du biberon de lait, premières vraies nuits à 17 mois, et je ne raconte ici que le "politiquement correct". Les "non", pardon, les "nan" systématiques ne sont que du petit lait, les roulades, les crises existentielles du pipi de chat, nous avons affaire à une bornée, une tête dure, une emmerdeuse hors pair. L'affrontement, ça ne sert à rien avec elle, il faut biaiser, ruser, séduire. Détourner son attention pour imposer la règle. S'assurer de sa collaboration en réinventant sans cesse un nouveau cadre.

Quant à MM1, très précoce aussi, nous offre une vue de la pré-adolescence : "t'es plus ma mère", "j'te cause plus !", "je goude" (comprendre : je boude), "je suis de mauvaise humeur", "c'est pas juste !", "mais je suis grande, moi, je peux avoir ça, ou faire ça" ou au contraire, "mais je suis trop petite pour faire ça" …

Sans cesse. Sans répit. J'ai souvent l'impression d'avoir un bruit de fond permanent, un casque sur les oreilles, ou d'être dans le métro.

Alors, je supplie toutes les mamans de 2 enfants et plus de me donner un brin d'espoir, une petite lueur dans la nuit : est-ce bientôt fini ?

Mauvaises langues, s'abstenir, bien sûr.

mardi 22 avril 2008

Après le brouillard, l'éclaircie

Finalement, je ne lui ai pas écrit. Et je ne pense pas que je le ferai. Bien sûr, je pense que je serais flattée de savoir qu'elle pense encore à moi, qu'elle aussi regrette un peu, mais je sens bien qu'une page s'est tournée. Pire ... Qu'une cicatrice remplace aujourd'hui la blessure d'autrefois.

Et ces maux-là, vaut mieux les laisser là où ils sont.

Je vais profiter de cette éclaircie, et accepter qu'on ne puisse pas "tout" réparer. Que la colle laisse aussi des traces, que la mémoire est tenace, parfois.

Le brouillard chassé, l'éclaircie a pointé le bout de son nez, et a oeuvré dans un sens nouveau. Aujourd'hui, je sais que je n'ai pas bien agi, encore moins bien réagi, que je l'ai sans doute blessée autant qu'elle m'a blessée. Triste réponse, mais je l'assume aujourd'hui, mieux qu'hier.

Voir plus clair aura permis de faire le choix de rester là, à ma place.

dimanche 20 avril 2008

Le progrès, ma p'tite dame ...

"C'est quoi ce truc ?" ai-je certainement dû demander au Prince, il y a quelques années déjà, en montrant un objet à l'époque encore inconnu, que je reconnais aujourd'hui comme étant un GPS.

A moins de passer sa journée sur la route pour des raisons professionnelles, je ne voyais vraiment pas l'utilité d'un tel engin, parce que je peux me targuer d'un bon sens de l'orientation qui fait que je ne me sens jamais perdue, même si je serais incapable de me situer très précisément sur une carte, et puis parce que lors de déplacements dans des lieux inconnus, je prends quelques minutes sur des sites spécialisés pour consulter le meilleur itinéraire.

Sauf qu'à la signature de l'achat de notre voiture, le vendeur a sorti sa carte séduction : "on vous offre un GPS ou un I-Pod". J'aurais préféré une carte démarrage mains libres, ou un chargeur 6 CDs, mais les temps sont durs, aussi pour les constructeurs automobiles... Hum.

Un I-Pod. C'est quoi exactement ? Bien sûr que j'en ai entendu parler, tout le monde ou presque en a un, pas question de faire une tronche d'ahurie dans le bureau du vendeur, que aurait vite fait un raccourci entre cette nana qui sait même pas ce que c'est, un I-Pod, et son ouverture sur le monde. Franchement, il aurait pu dire baladeur MP3 et j'aurais eu l'air moins tarte.

J'ai donc choisi le GPS, me disant que de toutes façons, je ne me voyais vraiment pas avec des écouteurs dans les oreilles dans ma voiture alors que celle-ci était garnie d'un magnifique radio-CD MP3, et que le temps de faire un petit jogging le soir n'était pas encore venu, loin de là. Quant aux balades que nous effectuons, nous en profitons pour tailler le bout de gras avec un voisin par-ci, une voisine par-là, entre 2 injonctions à MM1 qui dévie méchamment avec son vélo et MM2 qui émiette son gâteau dans sa poussette. Pas vraiment l'occasion d'écouter ni Mozart, ni Cabrel, ni Depeche Mode.

J'ai donc un GPS dans ma voiture. Du coup, je m'en sers de temps en temps. Et mes premières conclusions sont sans appel : le GPS tue la mémoire sensorielle, il nous rend fainéant du cerveau ! Et pire, je le soupçonne de rallonger certains trajets. Mon esprit quelque peu retors m'a amené à demander à mon nouveau compagnon de route le trajet pour me rendre à un endroit que je connais par coeur : 55 km, 50 minutes selon son estimation. "A la fin de la route, tournez à droite", sauf que Mémère, elle a tourné à gauche, non mais !

Monsieur GPS (oui, pas question de supporter la voix de la grognasse, j'ai choisi celle du gars !) recalcule l'itinéraire : 45 km, 48 minutes. Mieux. Nous poursuivons. "Au prochain carrefour, tournez à gauche". Nan, à droite, dit Mémère. Monsieur recalcule : 33 km, 45 minutes. Aaaaaaaahhhhhh, enfin ! 22 km dans les dents. OK, je ne gagne que 5 minutes, mais pourquoi perdre 22 km si ce n'est pour gagner un temps raisonnable ?

Aussi, cette semaine, j'ai rangé mon esprit retors et j'ai fait confiance à Monsieur GPS. Je n'ai même pas regardé l'itinéraire sur mon site habituel, j'ai décidé de lui faire confiance. Aussi, j'ai pris le chemin exactement comme il me l'était recommandé. Lorsque j'ai entendu le "vous êtes arrivé", j'ai failli avoir une crise cardiaque, "c'est ici ? on a traversé toute la ville à 9h du matin, on s'est choppé tous ces embouillages, on a mis 1 heure pour venir ICI, alors qu'il y a une sortie d'autoroute à 500 mètres, où ça roule ????"

Monsieur GPS et moi, on va pas s'entendre, pas assez subtil mon goût... D'ailleurs, il énerve aussi MM1, qui répète ce qu'il dit en le singeant "mais oui, môssieur, ma maman, elle connaît mieux le chemin, d'abord !"

Et toc !

Et vous, GPS ou I-Pod ?

mercredi 16 avril 2008

Le lama, l'alpaga et la biquette

Lundi matin, je me suis réveillée avec un lama sous mes fenêtres.

J'ai eu beau retourner cette phrase dans ma tête pendant des heures, je savais que vous ne me croiriez pas. Et pourtant ... C'est même pas un truc pour appâter le chaland, ni faire de l'audience sur des mots-clés qui font exploser le compteur; d'ailleurs qui tape "lama" dans Gogole, à l'exception de 3 gamins de 12 ans pour leur exposé de biologie ?

Et puis, je n'ai rien bu. Pas l'ombre d'une coupette, ni d'un verre de vin, rien. Mémère est sobre et a bien vu le lama. Il est encore là, d'ailleurs, il s'apprête à passer sa dernière nuit devant ma maison.

J'entends les mauvaises langues susurrer que la Mémère s'est offert un nouveau carrosse, à 4 pattes, et qu'à une lettre près, c'eût pu être vrai. Mais il n'en est rien, j'ai bien mon carrosse à 4 roues garé devant la maison ET un lama à quelques mètres de là. Même qu'un alpaga l'accompagne, ainsi qu'une biquette. Enfin je crois, parce que les animaux et moi, on n'est pas super copains.

Par chance, le Prince était à mes côtés pour découvrir la grosse bête lundi matin, au réveil. Je n'ai même pas reconnu le lama. Quant à l'alpaga, hum, comment dire, je n'en avais jamais entendu parler. Mais le Prince a vite eu fait de me rappeler l'existence de ces mammifères d'Amérique du Sud, dont j'avais, il me semble, croisé la silhouette dans un album de Tintin.

C'est que les mots manquaient pour expliquer aux filles la présence des intrus. "Les filles, venez voir, il y a un ... heu ... des ... (merdoum, c'est quoi ces bestioles encore ?!) ... des trucs un peu dégueu... (chériiii, viens m'aider !!!!!) devant la maison !"

Vous l'aurez compris, un cirque est venu s'installer sur la place du village. Un petit cirque familial, avec un clown, un lama, un alpaga et une biquette. Un événement pour les enfants, qui s'empressaient autour des camélidés, pour certains parents aussi apparemment, à voir leurs sourires sur leurs visages.

Y'a que moi qui ne souriais pas vraiment. Moi qui ai touché une vache pour la première fois l'année de mes 30 ans, un cheval l'année suivante, je me voyais déjà affublée d'un nouveau défi qui aurait bien fait marrer le village : "mémère va-t-elle oser toucher le lama" ?

Autant dire que j'ai fait profil bas ces derniers jours (Viiiiite, les miss, on rentre !), évitant soigneusement de croiser le lama et son copain, même s'ils étaient sur mon chemin pour reprendre MM1 à la garderie...

Mais là, j'ai bon espoir, le chapiteau est déjà rangé, et demain, on ira dire "au revoir, bon voyage le lama, bon voyage l'alpaga et la biquette, portez-vous bien !", mais de derrière la fenêtre, hein, pas folle la guêpe !

lundi 14 avril 2008

Ca m'apprendra !

Avant, il y a bien longtemps, dans une autre vie où je n'avais pas d'enfants, je les regardais d'un oeil bizarre et il est vrai, quelque peu dégoûté, ces mamans qui l'air de rien, approchaient leur nez de la couche de leur rejeton afin de déterminer l'état de celle-ci.

Ensuite, je suis devenue maman à mon tour. Et même si j'avais certainement dû le dire haut et fort, que jamais je ne sentirai le derrière de ma progéniture, je me suis très vite vue le nez en l'air, à la recherche de l'odeur douteuse, atterrissant 9 fois sur 10 sur le popotin concerné par l'effluve nauséabonde.

Ainsi, il y a 2 semaines tout au plus, je coinçais MM2, la couche sale, afin de lui rendre des fesses propres et bien hydratées. Au passage, je me suis entendue lui dire qu'elle pouvait venir me dire qu'elle avait "fait caca" (oui, honte à moi, je ne lui ai pas demandé de venir me dire qu'elle s'était "soulagée", mais je vous livre les faits tels qu'ils se sont passés !).

En effet, MM2 doit compter au moins 10 mots à son actif, dont le fameux "caca". Teaching is repeating, n'est-ce pas, et donc, de fil en aiguille, MM2 a bien enregistré la leçon, au point de venir me trouver assez souvent, en me disant "maman, caca".

A moi de la féliciter, et de jouer de mon nez afin de discrètement vérifier ses dires. Rien. Pas l'ombre d'une odeur. "Mais chérie, tu n'as pas fait caca, tu as fait pipi ?"

"Naaannn" dit-elle en retournant jouer.

Mais 5 minutes plus tard, la revoilà. "Maman, caca". Rebelotte, re-nez sur la couche, toujours rien. "Mais, chérie, tu es sûre d'avoir fait caca ? Maman ne sent rien, pourtant !"

"Cacaaaaa" insiste-t-elle en se tenant le pantalon. Je prends même le risque d'aller inspecter de loin la couche proprement dite, mais toujours rien.

Peut-être veut-elle aller sur le petit pot ? Mais à peine je le lui montre qu'elle s'encourt.

Au bout d'une dizaine de "maman, caca" de plus en plus insistants, je me décide enfin à monter ma fille à l'étage, à la poser sur le plan à langer et j'entreprends de lui enlever chaussures, pantalon, elle en profite pour ôter ses chaussettes et arracher les pressions de son body, afin que je puisse enfin accéder à la couche.

J'ouvre, prête à me retrouver face à un monstre qui lui gâche la vie depuis de trop longues minutes, mais ... RIEN. Couche intacte.

"Mais, chérie, tu n'as pas fait caca !?!"
"NAAAAANNNNNNNNNNNN" et elle éclate de rire.

Elle a fait ça tout le week-end.

vendredi 11 avril 2008

Enterrer de mes mains les souvenirs

Il est tard, il fait nuit, pas trop froid et j'ai juste envie de sortir, prendre un chemin au hasard et m'arrêter dans un endroit inconnu, vierge de tout souvenir, surtout.

Il est tard, il fait nuit, pas trop froid et j'ai juste envie de creuser la terre de mes mains, de creuser assez pour faire un trou assez grand pour déverser tous mes souvenirs, toute ma rage, toute ma déception.

Recouvrir ensuite de terre cet endroit et l'oublier. Ne jamais retrouver le chemin. Oublier et enfin libérer un peu de mémoire.

J'ai pardonné ses oublis d'anniversaire, son manque d'intérêt flagrant pour la personne que je suis, j'ai pardonné ses phrases assassines, sa lâcheté déconcertante, j'ai pardonné ses décisions hâtives, ses si longs silences, son incapacité à dire les choses simplement, sa fuite devant le moindre conflit qui a conduit trop souvent à des multiples non-dits qui ont forcément dégénérés.

J'ai pardonné, parce que c'est mon père.

J'avais une image juste de lui, ni toute rose, ni toute noire. L'image était encore intacte même si les couleurs avaient perdu de leur éclat, au fil du temps. Mais aujourd'hui, l'image s'effrite. Trop vite.

Si j'ai pardonné au père, j'ai nettement plus de mal à pardonner au grand-père. Et entendre MM1 réclamer son grand-père qui a décidé de s'inscrire aux abonnés absents m'est devenu insupportable, tout bonnement.

Cela va faire 9 mois que notre relation est plus que détériorée, et je prends doucement conscience que rien ne renaîtra de tout cela. Je vais renoncer d'espérer le voir revenir, à défaut de ne pouvoir enterrer mes souvenirs.

Il y a du pain sur la planche...

mercredi 9 avril 2008

Moi, manipulée ? Meu non !

MM1 sort de son lit, les yeux encore tout collés de sommeil, et avant même de venir me poser un bisou sur la joue et se blottir contre moi, elle bredouille quelques mots, sa tutute en bouche, et en se frottant les yeux, dans lesquels je reconnais une question habituelle :

"Maman, je peux mettre une robe aujourd'hui ?"

Le réveil affiche une heure très matinale, mais déjà fort avancée dans cette course folle pour arriver à l'heure à l'école, chez la nounou, au boulot, et je sais déjà que je vais renoncer à négocier.

"Oui, ma chérie, tu peux mettre une robe aujourd'hui."

D'abord, une petite fille en robe, c'est juste craquant. Et puis, elle a l'impression d'être une princesse, et ça, pour l'ego, c'est très important. Plus tard, vers l'adolescence, j'aurai tout le temps de pleurer derrière elle ("mais non, tu n'es pas grosse, mais non, tu n'es pas moche, mais bien sûr que siiii, tu es intelligente !") pour calmer les 1001 démons qui l'habiteront.

Là, à 3 ans, je profite juste de la vague de l'imaginaire : Je suis belle comme une princesse, j'ai des cheveux comme une princesse, je vais faire une coiffure de princesse, et j'adore mettre des robes de princesse, version classique pour l'école, version rose à paillettes pour la maison (et le carnaval).

Oui, mais Cendrillon, si tu accèdes à tous ses désirs, si tu ne la frustres pas un peu, juste un peu, hein, lui disant "tu mettras ta robe demain, aujourd'hui, je t'ai préparé un pantalon", tu en fait un enfant-roi, tout-puissant, qui décide de la pluie et du beau temps, et tu vas le regretter.

Mais Cendrillon, elle s'en fout. Elle n'est pas dupe, elle sait se faire manipuler gentiment, elle accepte la règle du jeu de la princesse. C'est juste que MM1 a intégré depuis longtemps une règle de goût bien plus savoureuse, à savoir qu'on ne met jamais une robe avec des baskets.

JA-MAIS. Et ça, c'est comme ça, ça ne nécessite aucune explication. C'est un principe que Cendrillon a décrété un jour de grande ingéniosité, un principe qui lui épargne la vue des baskets de DORA aux pieds de sa fille.

Et rien que pour ça, elle est prête à lui en acheter, des robes...

dimanche 6 avril 2008

Une vie pleine de risques !!

C'est en me penchant sur le questionnaire de Cannelle que j'ai réalisé combien l'image laissée par des expériences mises en gras dans une "patate chaude" rendait ma vie hautement intéressante.

Alors, comme ça, Mémère n'a jamais visité Paris. Sans blague ?
Ni divorcé, ni avoir été saoule avec du champagne, ni même trait une vache, ni bouffé des fourmis, et encore moins conduit une Ferrari.

A croire que ce questionnaire n'était pas fait pour moi. Parce que dans l'absolu, des aventures abracadabrantes, il y en a eu, dans ma vie, tout comme des rigolotes, et des moins drôles aussi, un peu comme dans toutes les vies.

Tenez, pas plus tard qu'il y a 3 semaines, je sortais du garage avec une toute nouvelle voiture: 1,3 km au compteur. Elle sent l'usine, elle est toute belle. Je sors du garage, je tourne à gauche, la pompe est là, à 500 m, et paf, MM2 vomit son repas. Mais ça, ça risque pas de figurer dans un questionnaire pour blog, non ?

Et la seule et unique fois où j'ai désobéi à mes parents en rejoignant mon amoureux de l'époque un soir de novembre par delà la frontière au lieu de réviser gentiment, et que je me suis retrouvée seule dans un train, face à un type qui se disait "flic" mais qui avait tout l'air du bandit, et qui a jugé utile de me prouver ses dires en me montrant son arme. Seule dans un train pourri, un soir pourri d'un mois pourri, et j'avais menti. Gloups.

N'empêche, traire une chèvre, ça me stresse bien plus qu'un peu de vomi et qu'un voyage en mauvaise compagnie !

Et vous, une expérience digne de ne jamais figurer sur une patate chaude ?

1. Payer votre tournée dans un bar
2. Nager avec des dauphins dans l’océan
3. Escalader une montagne : mais ce n'est pas un bon souvenir, la nuit au refuge reste une de mes pires expériences...
4. Conduire une Ferrari
5. Visiter les Grandes Pyramides
6. Porter une tarentule
8. Dire « je t’aime » en le pensant vraiment
9. Prendre un arbre dans vos bras
10. Sauter à l’élastique, dans la cour de récré
11. Visiter Paris
12. Regarder un orage sur la mer
13. Rester éveillée toute la nuit pour regarder le lever du soleil : oui, si on remplace le "pour" par un "et"
14. Voir une Aurore boréale
15. Aller dans un grand événement sportif
16. Faire pousser et manger vos propres légumes : pas encore mais dès que le Prince aura organisé le potager, ce sera chose faite !
17. Mentir
18. Toucher un iceberg
19. Dormir sous les étoiles
20. Changer la couche d’un bébé : suis même devenue experte, si si !
21. Faire un voyage en montgolfière
22. Voir des étoiles filantes
23. Être saoule avec du champagne
24. Donner plus que vous ne pouviez à une œuvre caritative
25. Observer la nuit avec un télescope
26. Participer à un record du monde
27. Faire une bataille avec de la nourriture
28. Parier sur le cheval gagnant
29. Demander votre chemin à un étranger
30. Faire une bataille de boules de neige
31. Crier aussi fort que vous pouvez

32. Porter un agneau
33. Voir une éclipse totale
34. Escalader une dune
35. Écraser un animal en voiture
36. Danser comme une folle sans se soucier de qui vous regarde
37. Adopter un accent pour une journée entière
38. Se sentir vraiment heureux, même un court moment
39. Avoir deux disques durs sur votre ordinateur

40. Prendre soin de quelqu’un de saoul
41. Danser avec un inconnu
42. Observer les baleines dans l’océan
43. Voler un panneau
44. Voyager « sac au dos » en France
45. Entreprendre un long voyage sur la route
46. Escalader des rochers
47. Faire une balade de minuit sur la plage
48. Faire du parapente
49. Visiter l’Irlande
50. Avoir le cœur brisé plus longtemps que vous n’aviez été amoureux
51. Au restaurant, vous asseoir à une table d’inconnus et manger avec eux
52. Visiter le Japon
53. Traire une vache et aussi des chèvres
54. Classer vos CD par ordre alphabétique
56. Chanter dans un karaoké.
57. Traîner au lit une journée

58. Jouer au football
59. Faire de la plongée sous-marine
60. S’embrasser sous la pluie

61. Jouer dans la boue
62. Jouer sous la pluie
63. Être dans un théâtre de plein air
64. Visiter la grande Muraille de Chine
65. Créer votre entreprise
66. Tomber amoureux sans avoir le cœur brisé
67. Visiter d’anciens monuments

68. Suivre un cours d’arts martiaux
69. Jouer à la XBox pendant 6h d’affilée
70. Être marié
71. Tourner dans un film
72. Organiser une fête surprise
73. Être divorcé
74. Ne pas manger pendant 5 jours
75. Faire des biscuits à partir d’un sachet tout prêt
76. Gagner le premier prix à un concours de déguisement
77. Conduire une gondole à Venise
78. Être tatoué
79. Faire du canoë-kayak
80. Être interviewée à la télévision
81. Recevoir des fleurs sans raison particulière
82. Jouer sur une scène
83. Être à Las Vegas
84. Enregistrer de la musique
85. Manger du requin
86. S’embrasser dès le premier rendez-vous
87. Être en Thaïlande
88. Acheter une maison et la revendre très vite
89. Enterrer un de vos parents
90. Faire une croisière
91. Parler plus d’une langue couramment
92. Élever des enfants

93. Suivre votre chanteur favori en tournée
94. Faire une randonnée en vélo dans un pays étranger
95. Déménager dans une autre ville pour une nouvelle vie
96. Manger des fourmis
97. Marcher sur le Golden Gate Bridge
98. Chanter à tue-tête dans votre voiture et ne pas avoir arrêté alors que vous saviez qu’on vous regarde
99. Subir de la chirurgie esthétique
100. Survivre à un accident auquel vous auriez pu ne pas survivre
101. Écrire des articles pour une grande publication
102. Perdre plus de 18 kg et les reprendre
103. Soutenir quelqu’un qui perdait connaissance
104. Piloter un avion
105. Toucher une raie vivante
106. Briser le cœur de quelqu’un
107. Aider un animal à donner naissance
108. Gagner de l’argent à un jeu télévisé
109. Vous casser un os
110. Percer une autre partie de votre visage que les oreilles.
111. Utiliser un revolver ou autre arme à feu
112. Manger des champignons que vous aviez récoltés
113. Monter un cheval
114. Subir une importante opération
115. Avoir un serpent comme animal de compagnie
116. Dormir plus de 30h d’affilée
117. Visiter tous les continents
118. Faire une randonnée en canoë de plus de 2 jours
119. Manger du kangourou
120. Manger des sushis
121. Avoir votre photo dans le journal
122. Changer l’opinion de quelqu’un à propos de quelque chose qui vous tenait vraiment à coeur
123. Reprendre vos études
124. Faire du parachute
125. Porter un serpent
126. Construire votre PC à partir de différents morceaux
127. Vendre une de vos créations à quelqu’un qui ne vous connaissait pas
128. Teindre vos cheveux
129. Raser votre tête
130. Sauver la vie de quelqu’un

samedi 5 avril 2008

La marée efface les pas dans le sable

J'ai eu la chance de ne jamais manquer de rien. J'ai grandi dans un foyer heureux, uni et respectueux.

Mes parents nous ont transmis des valeurs, ont échangé leurs points de vue, ont essayé de faire de nous des êtres responsables.

Il suffit de regarder mon parcours, il suffit de me regarder dans le miroir pour me dire qu'ils ont réussi. Que leurs enfants sont des adultes responsables, autonomes, complètement différents les uns des autres, mais tous lancés sur le chemin d'une vie telle qu'ils auraient pu la leur souhaiter.

Je pourrais donc, les yeux fermés, me reposer sur cette expérience d'enfant pour me guider aujourd'hui, dans ma vie d'adulte. Je pourrais poser mes pieds dans les traces laissées par les pas de mes parents et suivre le chemin, parce que finalement, il n'est pas si mauvais que ça.

Pourtant, la jeune adulte que je fus en a décidé autrement.

J'ai eu la chance de ne jamais manquer de rien. J'ai grandi dans un foyer heureux, uni et respectueux.

Derrière cette effarante normalité, la petite fille que j'étais ne s'est pas trouvée. Elle n'a manqué de rien, mais sentait pourtant un immense vide au fond d'elle-même. Elle n'a manqué de rien, et n'avait, finalement, rien du tout.

Ni confiance, ni image réaliste d'elle-même, ni estime de soi. Un jour, elle s'est perdue.

Les traces des pas laissés par mes parents ont été effacés. Ils ont marché sur du sable et non dans du béton. L'eau les a emmenés, et quelque part, c'est tant mieux.

Devenir mère dans des conditions quelque peu difficiles n'a pas ébranlé ce choix de ne pas suivre le chemin de mes parents. Il l'a au contraire renforcé. Sans guide, je me retrouve souvent dans le noir et je dois attendre quelques temps avant que mes yeux fassent le point et s'habituent à la nuit, me permettant d'avancer, doucement, certes, en me tenant un peu pour ne pas tomber, mais d'avancer quand même.

Bien sûr je doute. Mais qui ne doute pas en matière d'éducation ? Je doute mais je continue d'avancer, posant mon pied dans une chape de béton, et j'attends d'être sûre que l'empreinte soit prise avant d'envisager le pas suivant.

Je ne suis pas pressée. Je ne veux rien regretter. Et si je me trompe, et si je me goure, je veux comprendre, et alors seulement, je briserai les empreintes de mes propres pas.

Tourner le dos à l'éducation qu'on a reçue pour en réinventer une autre, non pas pour s'inscrire dans la révolte, mais pour trouver la paix, pour renaître, pour exister, enfin.

jeudi 3 avril 2008

Le goût de l'effort (Part II)

Faire du sport.
Un esprit sain dans un corps sain.
Transpirer, éliminer les toxines.
Se vider la tête, se sentir mieux.

Autant de phrases qui me parlent, à moi, que je comprends, qui résonnent, qui me donnent aussi envie de me bouger les fesses.

Oui, mais.

Après 6 petites heures de sommeil, un réveil souvent en fanfare un peu avant 6 heures, un petit déjeuner avalé tout en terminant le cartable, cherchant une pièce pour le théâtre de marionnettes, une bouteille d'eau, rassemblant la salade du midi, la pomme, la poire, le kiwi, cherchant les clés, les cartes-accès au parking;

après avoir bataillé de longues minutes contre les idées farfelues de mode de MM1, d'avoir renoué 10 fois les chaussures de MM2;

après avoir déposé la grande à l'école, la petite chez la nounou, après avoir pointé une fois sur deux en retard, regardé l'oeil hagard la pile de documents sur mon bureau, qui ne cesse de s'accroître;

après avoir passé un peu plus de 8 heures l'esprit occupé à 300 % par des tas de considérations intello-pédago-narcissiques, couru pour récupérer dans l'ordre, MM2, chez la nounou, MM1, à la garderie, toutes deux dans un état de décomposition avancée;

après m'être battue pour leur présenter un repas digne d'une Cendrillon qui s'est un peu cassée le cul pour leur équilibre alimentaire, repas préparé ensemble, profitant des longues minutes de cuisson pour installer confortablement les filles sur le plan de travail, leur donnant tour à tour, des tâches culinaires ardues, comme casser un oeuf, mélanger la sauce, l'oeil sur tout, la main prête à bondir lorsqu'une des leurs se sera trop aventurée vers une source de chaleur, le tout en restant disponible, pour écouter les malheurs de MM1 en classe, de Mickey qui lui a donné un coup de pied à Donald qui lui a prêté son vélo et qui est devenu par ce geste tout puissant, son unique et adoré chevalier;

après avoir retrouvé le Prince, échangé quelques nouvelles du jour, la collègue acariâtre, l'ascenseur en panne, le clash à droite, les embouteillages à gauche;

après avoir lavé, emballé dans de beaux pijamas tout doux, câliné, lu des histoires aux belles princesses, les avoir couchées, bisoutées, leur avoir murmuré de belles promesses de lendemain (oui, ma chérie, un jour, tu iras aussi au pays de Cendrillon), après tout ça :

Je me calle les fesses dans mon canapé et il n'est pas encore né, celui qui m'en délogera.

Alors, le sport, je dis pas non, je dis juste : pas maintenant !

Vous voyez que je la prépare, ma réponse au toubib, hein !!!

mardi 1 avril 2008

Le goût de l'effort (Part I)

Dans quelques jours, j'irai rendre ma petite visite trimestrielle au spécialiste qui me suit depuis quelques années maintenant. Ces visites sont certes nécessaires, mais guère passionnantes. En effet, le toubib est peu communicatif, ce qui lui donne un avantage certain, celui d'être toujours à l'heure et de ne jamais déborder de ses rendez-vous. Ce qui me convient tout à fait, le motif de la consultation ne nécessitant pas non plus à chaque fois un exposé scientifique détaillé.

Monter sur la balance fait partie du rituel. Je hais sa balance. Une bonne vieille grosse balance où il faut mettre les poids, ceux des dizaines, puis des unités, et enfin des dizièmes. Je déteste cette balance parce que ça dure toujours une éternité et que j'ai l'impression d'être un sac de légumes qu'on pèse à la caisse du supermarché. Chaque trimestre, j'ai droit à un 'peut mieux faire' tout droit sorti de la bouche de l'honoré docteur.

Mais là, il va en tirer une tronche, le toubib ! Je vais pouvoir le regarder consulter son cahier (oui, il a un ordi dernier cri, mais il préfère noircir des pages au stylo noir, avec les chiffres en rouge uniquement), révérifier la balance, bouger les poids à gauche, à droite, pour finalement s'arrêter sur un chiffre moins haut que le précédent.

Je pourrais savourer l'idée de le voir peut-être enfin sourire, qui sait ? Je pourrais aussi me réjouir de quelques encouragements, mais il ne fait certainement pas partie de ces hommes-là, ni de ces médecins-là. Je le sais, je le sens, j'en donnerais ma main à couper, j'ai perdu quelques kilos (non, je ne lui dirai pas que j'ai chopé la gastro des filles et que rien que d'entendre le frigo s'ouvrir m'a filé la nausée 5 jours d'affillée), et lui, il va me demander quand est-ce que je reprends une activité sportive.

Elle est belle ma récompense pour 3 mois d'efforts modérés, non ?

Du sport.
Quelle bonne idée.
Charmant ce Monsieur.