jeudi 31 janvier 2008

Le bisou

Je l'ai portée 8 mois. J'ai rêvé sa naissance, j'ai manqué son premier jour, je me suis battue pour la récupérer, l'avoir contre moi.
Je me suis levée 3 à 4 fois par nuit pendant 1 an, 2 fois par nuit pendant 2 mois, 1 fois par nuit pendant 3 autres mois.
J'ai souffert pour elle lorsque ce qu'elle ingurgitait lui brûlait l'oesophage, je l'ai promenée des heures durant dans une écharpe pour calmer ses pleurs. J'aurais fait 1000 kilomètres sous la chaleur ou dans la tempête pour qu'on la soigne.
J'ai attendu patiemment qu'elle arrête sa grêve de la faim, lorsque j'ai repris le chemin du travail, acceptant qu'elle se nourrisse le soir et la nuit.
Je lui ai murmuré des milliers de fois combien je l'aime, combien j'ai confiance en elle, combien je désirais son autonomie affective, bien consciente que celle-ci allait s'acquérir au jour le jour, par ma présence rassurante.

Alors pourquoi, bon sang, cette ingrate de MM2 embrasse-t-elle ses copines, sa soeur, ses poupées, ses livres et ses peluches et que moi, je peux toujours me brosser, à attendre le bisou.

mercredi 30 janvier 2008

Par hasard

Dans mon emploi de mère-ministre, hum, j'ai peu de temps pour écrire mes quelques billets ici. Souvent j'y pense en voiture, aux toilettes, en cuisinant, je les écris mentalement, puis je les oublie, un jour, deux jours, et s'ils reviennent, ils atterrissent ici. Non pas que je les soumette à une quelconque censure mentale, mais je les oublie réellement, à ma plus grande déconvenue d'ailleurs.

De la même façon, j'ai très peu de temps à consacrer à la lecture de l'email quotidien que je reçois qui m'atteste de la visite des quelques lecteurs que vous êtes. Rassurez-vous, je ne sais presque rien, si ce n'est la région d'où vous cliquez. Et encore, pas dans tous les cas, mais ça deviendrait bien trop ennuyeux d'expliquer le pourquoi du comment.

Il y a cependant un clic que je m'autorise - et là, vous pouvez m'imaginer au bureau, très souvent, devant mon magnifique gigantesque écran plat, une tasse de café à la main, prenant une petite pause dès 8h20 - c'est celui qui m'indique le nombre de gens qui sont arrivés ici grâce à un moteur de recherche et ce que ces personnes ont indiqué dans le champ de recherche pour tomber ici, innocemment, par le plus grand des hasards.

Cette indication me fait souvent réfléchir. D'abord, je suis admirative de la patience qu'ont certains. Lorsque je "gogeulise" un mot, j'essaie d'être le plus précise possible dans ma recherche afin d'avoir le lien qui m'intéresse dans les 3 premiers liens proposés. En indiquant "Cendrillon" tout seul, il faudra parcourir 6 pages Gogeule pour tomber ici. Viennent ensuite les phrases entières, du style "je cherche les paroles de la chanson cendrillon de téléphone", ou rien à voir "les enfants ont aussi des devoirs" !?!

Mais là où je frôle l'hallucination tant ma naïveté est concernée, c'est de constater que le billet qui a généré le plus de visites "par hasard" est celui-ci. Depuis le temps que le billet est publié, depuis le temps que je constate, amusée, ce fait, il ne peut s'agir d'un seul et même individu qui s'obstinerait, chaque jour, ou presque, à faire moult recherches sur les maisons closes de la Belgique.

Dire qu'à l'époque, j'avais choisi ce terme que je trouvais carrément désuet pour éviter des "entrées erronées" ! Le comble ! Aussi, il m'arrive souvent de les imaginer, ces gens, anonymes, devant leur écran, peut-être au bureau, peut-être chez eux, leur conjoint à proximité ou seuls depuis des lustres, à s'informer sur ces endroits clos visibles aux yeux de tous, et de m'étonner encore sur cette drôle d'aventure qu'est Internet.

lundi 28 janvier 2008

La tentation

Tant que j'y suis, à parler d'argent...

Une de mes dernières visites au supermarché avec les miss m'a fait prendre conscience que MM1 commence à comprendre que ce que j'achète, je dois le payer, et qu'une carte bancaire dans un lecteur, c'est aussi de l'argent, même virtuel.

MM2 a encore l'âge d'être assise dans le caddie. Elle accepte d'y rester, à condition d'avoir un truc à grignoter ou bien de s'amuser à mettre dans le charriot chaque article que je daigne lui donner. La bougre a un oeil de lynx, et n'hésite pas à piquer une petite gueulante si d'aventure, j'ose déposer moi-même l'article sans passer par ses précieuses petites mains innocentes. Sauf que l'omelette, je la préfère dans la poëlle plutôt que par terre, devant le regard dégoûté de tous ces gens "qui n'ont pas d'enfants", cela va sans dire !

MM1, quant à elle, connaît par coeur les fruits et les légumes, et m'aide à prendre dans les rayons les articles que je lui demande, ce qui l'amuse beaucoup. Cela ne m'amuse pas autant qu'elle, surtout quand elle s'amuse à prendre du Nutella au lieu du miel, du café au lieu du thé, tout ça "pour faire une blague à maman" ! N'empêche, elle est souvent sage, et dans la phase critique, j'arrive toujours bien à imaginer un nouveau jeu afin de me permettre de terminer mes achats sans me faire trop remarquer de mon petit supermarché-7-rayons-maxi où tout le monde nous connaît.

Parfois, MM1 réclame un truc bizarre : "Maman, on peut prendre le saucisson rouge, làààà ?", "Maman, je peux avoir 6 paquets de bonbons ? " en montrant 5 doigts, "Maman, je peux prendre le livre de Doraaaaaa, lààààà ?", et une "négociation unilatérale" s'établit. Un jour, à cours d'arguments, j'ai dû sortir une phrase aussi bête que "Non, ma chérie, Maman n'a plus de sous !" ou bien "c'est trop cher !". Si j'avais su ...

Arrivées aux caisses, nous attendons, il y a un peu de monde. MM1 me demande si elle peut aller regarder les articles déposés un peu plus loin. J'accepte vu la très grande proximité. C'est à notre tour et je me dépêche de déposer nos achats sur le tapis roulant. Je l'appelle. Je la vois mais elle ne me répond pas. Je l'appelle à nouveau. Elle daigne enfin me regarder et me montre alors un DVD ; elle crie bien fort pour que tout le monde profite : "Mamaaannnn, je peux avoir le DVD des princesses ?"

"Non, chérie, tu viens ici maintenant, on va y aller, OK ?"
"Mais pourquoi maman ?"
"Parce qu'on va rentrer, ranger les courses, voir papa..."
"Mais je veux le DVD !"
"J'ai dit NON"
"Pourquoi ? C'est trop cher ? T'as plus de sous ? Si tu veux, on prend dans ma tirelire, hein, Mamaannn !"

A ce moment précis, MM2 a déjà flanqué les bananes et le chou par terre, la caissière se marre, les autres gens nous regardent et je me sens juste un peu "menée par le bout du nez".

Z'auriez fait quoi ?
Comme moi ? J'ai redit "non", restant sur ma position.

Sagement, elle est revenue, en haussant les épaules, telle une malheureuse en bougonnant "ma maman, elle n'a plus de sous, mais c'est pas grave hein !" A voir sa tête, j'ai cru qu'on allait me donner 20 cents par ici, 30 par là...

dimanche 27 janvier 2008

Combien ça coûte, une résolution ?

Je ne vous ai pas encore parlé de mes résolutions pour 2008, n'est-ce pas ?

Et comme j'ai un mal de crâne latent, la vue un peu brouillée, et l'esprit quelque peu embrumé d'avoir passé un week-end à pester contre mes filles, MM1 ayant montré un comportement particulièrement "rebelle" et "adolescent", je suis à même de parler d'un sujet bien plus tabou que la mort : l'argent.

C'est vrai, au moment des voeux, on s'en souhaite plein. Des sous par ici, des sous par là. La période aide, hein, les primes de fin d'année, les étrennes, pfiou, ça fait tout de suite pleins de "+" sur le compte en banque, "+" aussi vite transformés en "-" vu le nombre effarant de cadeaux, de repas, de visites en tous genres, le tout noyé sous les factures habituelles.

Par ailleurs, je ne joue pas à la loterie, j'oublie, je ne prends pas le temps, il me manque certainement ce petit grain de folie pour croire qu'un jour, je pourrais moi aussi détenir le billet gagnant. Donc, à moins d'un miracle, je ne vois pas comment les sous qu'on me souhaite pourraient arriver. Parce que ceux que je gagne, même cumulés à ceux que gagne le Prince ne me permettent pas de rêver.

Aussi, ayant adopté le principe que nous sommes "riches" aux yeux des impôts, des taxes, des aides sociales, mais "pauvres" en terme de pouvoir d'achat, nous avons pris une résolution commune cette année : faire nos comptes.

Ces 3 mots ont eu beaucoup de mal à intégrer ma raison, parce que je me revois, enfant, devoir aider ma mère à se souvenir du déroulement de sa journée, ou du moins devoir lui suggérer des endroits où elle aurait pu se rendre et dépenser de l'argent, afin de "faire ses comptes" et ainsi vérifier qu'on ne lui avait pas volé d'argent, ni qu'elle n'en avait perdu. Je la vois se ronger les ongles des heures durant si d'aventures quelques francs étaient restés introuvables... Pourtant, ce n'était pas faute d'en manquer.

Seulement voilà, en 2008, plus besoin de mémoire pour se souvenir des lieux fréquentés, une connexion Internet et des paiements réalisés par carte bancaire rendent la tâche très aisée. Ma banque me permet certes de gérer mon argent à distance, mais ne propose comme outil d'analyse de mon budget un graphique, une estimation qui ne nous parlaient pas assez.

Quelques heures et quelques clics plus tard, nous voilà enfin prêts à découvrir à quoi nous dépensons notre argent. Une base de données, des infos, et des tendances dès fin janvier. Notre résolution commune est donc en très bonne voie, l'analyse nous confirmera certainement ce que nous savons déjà : trop riches d'un côté, trop pauvres de l'autre.
Bienvenue dans la classe moyenne.

jeudi 24 janvier 2008

Et si...

Si un jour, la police, les urgences, le Prince ou un parfait inconnu devait m'appeler me disant qu'il est arrivé "un accident" et que mon enfant y a perdu la vie, je pense que le temps s'arrêterait tellement la douleur serait forte. A l'état d'hébétude succèderait le long processus de deuil, et le terrible réapprentissage de la vie, de la reconstruction après m'être trouvée éparpillée en mille morceaux.

Quand un tel "accident" survient, quoi de plus normal de chercher le responsable, d'essayer de comprendre comment les choses se sont produites, comment les minutes, les secondes se sont passées, qui a fait quoi, qui n'a rien fait, qui aurait pu faire. Qui ? Pourquoi ? Comment ? Les personnes incriminées sont-elles toutes coupables, sont-elles toutes des criminels aux yeux de ces parents amputés de leur chair ?

Si je me pose cette question, un jeudi soir de janvier, c'est parce qu'il s'en est fallu de peu, de juste quelques millièmes de secondes sans doute pour que n'arrive cet accident hier, et que ma vie aurait pu basculer en un millième de seconde du côté des "criminels".

Je m'en sors avec une immense frayeur, pas une égratignure, pas de tôle froissée, rien. N'empêche, j'y pense encore. Mon cerveau se remémore le déroulement des événements au ralenti et au lieu de revivre la réalité, je verse dans "ce qui aurait pu se passer". Et si, pour éviter ce type qui ne m'avait pas vue, j'avais foncé dans cette poussette ? Et si ce mouvement brusque et de l'ordre du reflexe, de l'instinct, avait fait de moi "une chauffarde sans nom" ?
Evidemment, "avec des si, on met Paris en bouteille".

Autant j'ai l'intime conviction de pouvoir rebondir d'un deuil aussi terrible que la perte d'un enfant, autant la vision d'un enfant inconnu mort sous mes roues, suite à une erreur d'appréciation, un réflexe quelconque, un accident banal me conduit vers un état de torpeur sans nom. Moi qui ne cultive pas la culpabilité, je pense ici que j'en ferais mon unique plat jusqu'à la fin de mes jours.

Aussi, s'il devait arriver un terrible "accident" à l'une de mes princesses, j'imagine pouvoir être réceptive à la douleur des personnes incriminées, pour autant qu'elles la manifestent, et accepter que la notion d' "accident" ne revêt aucune logique, aucune préméditation, si ce n'est la perfectibilité de l'être humain.

mercredi 23 janvier 2008

Ouille, aïe, pffffff...

Ce week-end, j'ai enfin utilisé un bon cadeau d'anniversaire pour un massage du corps que j'ai transformé en soin visage-massage relaxant des joues et des paupières.

J'avais donc largué le Prince et mes miss pendant la sieste, et parcouru un nombre certain de kilomètres pour me rendre chez cette jeune esthéticienne très professionnelle me faire dorloter la bouille.

Comment lui dire qu'il fut un temps où de manière régulière, je m'offrais moult soins dans un institut de beauté, préférant confier mes épilations à une maison qui a pignon sur rue, ainsi que des gommages en tous genres et accessoirement quelques massages histoire de faire partir le stress de la vie trépidante d'une jeune adulte sans enfant.
Si seulement j'avais su, j'aurais gardé toutes ces séances pour ma vie actuelle, avec le bonus "qui se déplace à domicile".

Si l'idée d'un massage relaxant était réellement délicieuse, mon teint terne et ma mine défaite me disaient que le soin visage était nettement plus approprié. Naïvement, je me dis que c'était finalement tout aussi agréable. Grave erreur. La seule chose agréable, fut la couverture chauffante dans mon dos, et l'espèce de couverture ultra classe qui recouvrait mon corps tout détendu. Ensuite, les choses se sont gâtées.

Epilation des sourcils : ouch, la cire, ouch, ça fait maaaaal. Moi qui suis devenue adepte de la pince à épiler, retirer plus d'un poil à la fois, je ne savais plus quel effet ça faisait. Maintenant, je me rappelle : ça fait couler mes yeux. Un poil, une larme. Non que je pleure, hein, mais ça "coule tout seul".

Epilation de la lèvre supérieure : cette impression que l'endroit est tout gonflé, tout boursoufflé pendant un temps, c'est vraiment pas rigolo. Enfin, ça fait net, mais c'est pas relaxant du tout.

Les gommages, les masques et les massages qui ont suivi étaient certes bien réalisés, mais ma peau étaient toute "stressée" de l'épilation. Ni l'huile calmante, ni les crèmes diverses n'ont réussi à atténuer l'effet de feu.

Je suis rentrée à la maison, le visage net, mais un peu rouge, et surtout la peau à vif à certains endroits. Ca fait donc 4 jours qui je soigne mes "bobos" et que je repousse le Prince du bout des lèvres "surtout ne touche pas mon visage, ça piiiique !"

Promis, la prochaine fois, je choisis le massage du corps. Déjà que MM1 me tape les fesses en me disant qu'elles sont trop grosses, si en plus, elle me dit que j'ai une sale gueule...

mardi 22 janvier 2008

Le lit conjugal

Pour certains, la "chambre des parents", c'est l'endroit le plus intime de la maison. On rechigne même à y faire venir les enfants trop souvent, histoire de garder ce lieu au couple.

Lorsque par le plus grand des hasards, vous arrivez à passer une tête, à jeter un coup d'oeil dans une telle pièce, le lieu dénote avec le reste des lieux : l'ordre, le calme, le retranchement.
Le lit conjugal trône en plein milieu, les draps sont tirés, repassés, les tables de nuit sont rangées et la présence d'un ou deux tiroirs laisse deviner l'une ou l'autre activité d'ordre privé.

Si je m'interroge sur le meuble principal de la chambre à coucher, c'est que chez nous, cette pièce prend l'allure d'une salle de jeux bis. Notre lit sert de défouloir tous les soirs, en se transformant en trampoline, et MM2 adore vider ses coffres à jouets de sa chambre dans la nôtre. Sans penser à tous les ustensiles de l'étage ayant une forme à peu près carrée et qui se poussent, faisant office de poussette, de charriot, bref, de transporteur à jouets.
MM1 adore vider sa bibliothèque dans le "fauteuil à câlins", lieu de tendresse où on lit l'histoire du soir.

Un rapide coup d'oeil alentours permettra de voir que sur les tables de nuit, on retrouve de la monnaie, des jouets, des bouquins, des paquets de bonbons, des chaussettes dépareillées, des magazines en pagaille, des crayons de couleur, de l'eau et j'en passe...
Souvent, je réalise que ce que je cherche prend la poussière sous le lit, MM2 ayant eu la magnifique idée de pousser mes affaires là-dessous, à moins qu'elle ne les planque sous ses poupées.

Ce désordre relatif m'agace souvent, me désespère parfois, mais je me dis que je ne saurais faire autrement. Le lit conjugal est devenu lit familial par la force des choses, par habitude, par lassitude, par conviction enfin. Comment dire aux enfants "ouste, c'est le lit de papa et maman" quand ils ont dormi avec nous pendant des mois, quand on les accueille au moindre cauchemar, dès la première douleur dentaire, et que leur allumer la télé le dimanche matin est la seule et unique solution trouvée pour dormir 35 minutes supplémentaires...

N'empêche, le canard orange qui couine au milieu d'un tas de miettes lorsque je me retourne dans mon lit, c'est loin d'être top glamour !

lundi 21 janvier 2008

ô miracle !

Le « bon » vendeur, c’est celui-ci que j’ai repéré avant même qu’il ne m’aborde. C’est celui qui écoute mes besoins et comprend que l’achat que je voudrais réaliser s’intègre dans un calcul global – un budget familial – qui voit souvent beaucoup trop de dépenses contre beaucoup trop peu de rentrées.

Le « bon » vendeur se doit également de connaître son sujet, parce que je vais lui poser 1000 questions, dont je connais déjà les réponses, ou presque. Parce que pour tout « gros » achat, je fais ma petite enquête avant.

Le « bon » vendeur, selon mes propres critères, doit être convaincu de son produit, et pouvoir le défendre sur le marché, c’est-à-dire bien connaître la concurrence et se montrer loyal face à elle. Vendre du rêve, certes, mais du rêve de qualité, jusqu’au bout. Et surtout jusque dans le service. Fiable jusque dans la relation clientèle.

Il faut croire que dans mon modèle du parfait vendeur, je dois avoir caché quelque part un critère « temps » qui dirait « doit être disponible le dimanche », parce que si j’en juge l’achat de mes 3 dernières voitures, c’est toujours un dimanche que j’ai signé !

En attendant la livraison de mon nouveau carrosse, une tâche ardue m’attend : vider ma citrouille actuelle, décoller les biscuits planqués par mes deux adorables filles, aspirer les miettes de petits déjeuners pris à la hâte, enlever toutes les traces de mains sur les carreaux, retrouver les innombrables planques que compte une grosse voiture afin de faire croire à mon futur acheteur que mes enfants sont des enfants modèle, et n’ont jamais, ô grand jamais mangé ni bu dans l’habitacle.

Au boulot, Cendrillon, et n’oublie pas la baguette magique, tu vas en avoir du boulot !

jeudi 17 janvier 2008

Le parler "moteur"

Il y a un truc que je déteste tout particulièrement, c'est quand mon garagiste me parle comme si j'allais "rien comprendre de toutes façons".

- Allô?
- Bonjour monsieur, MémèreCendrillon, la propriétaire de la voiture immatriculée =%µ£*$, j'ai remarqué une petite fuite en dessous du capôt avant, plutôt du côté gauche, côté conducteur, donc, pourrais-je passer montrer ma voiture ce soir ?
- Ben oui, madame, mais vous pouvez passer avant, hein !
- Je comprends bien, monsieur, mais voyez-vous, je travaille. Donc, ce sera sur le chemin du retour, ça vous va ? Pensez-vous pouvoir me dire immédiatement d'où vient cette fuite, ou bien y a-t-il des chances qu'il faille tout démonter pour voir d'où ça vient ?
- (l'air moqueur) Bah non, on vous dira ça tout de suite, madame ! Ca coule comment ?

Il était là, le piège. Parce que le gars, il croit qu'à 7h du mat, après une nuit merdique, un café avalé trop vite, que j'ai étudié la consistance du liquide que j'ai retrouvé par terre, sous ma voiture...

- Ben euh, je sais pas, c'est plutôt foncé, p'têt même noir...
- Mouais, huile ou liquide de freins ! Passez ce soir !
- Hum, dites, excusez-moi d'insister, mais si c'est du liquide de freins, je ne risque rien, hein ? Je veux dire, je peux quand même rouler, non ?
- Ben ça dépend, ça coule fort ?
- Euh, ben, j'ai pas mesuré, mais je dirais plutôt non. Bon, écoutez, je viens ce soir.

OK, au revoir, à tout à l'heure, monsieur, madame. Toute la journée, j'y pense. Pas tant à la fuite de liquide noir, mais à la facture qui va suivre. La dernière fois que mon garagiste a fait l'entretien de la voiture, tout allait bien, 2-3 bricoles habituelles à changer et 535 euros s'il vous plaît madame. C'était l'an dernier, fin 2006, je veux dire, et je ne l'ai toujours pas digérée, la facture "tout va bien". Alors qui dit panne, fuite, bricole, dit "c'est pas ce mois-ci que j'irai faire les soldes".

Arrive le soir et ma visite au garage. Ma voiture est sur le pont et ils sont 3 à regarder pourquoi toute cette huile se trouve un peu partout sous la voiture. Quand tout à coup, l'un d'entre eux s'exclame "j'ai trouvé !". Et vlan, 3 visages déconfits devant la singularité de la fuite. "Incroyable, jamais vu ça, ce tuyau-là, j'ai jamais dû le changer, vous z'inquiétez pas ma bonne dame, hein, c'est pas grave, on va vous remplacer ça !"

- Mais c'est quoi le tuyau en question ?
- Ben c'est le tuyau qui alimente le turbo.

C'est d'ailleurs à ce moment précis que j'apprends que j'ai un turbo, chose que je croyais réservée à une voiture de sport, ou tout au moins "tunée". Le garagiste prend alors un malin plaisir à me faire un cours sur le moteur de ma voiture, et l'alimentation dudit turbo. Je piaffe d'impatience, parce que la seule et unique pensée qui m'obsède, c'est le "combien ?" ! Combien ça va me coûter, monsieur le garagiste-professeur de moteur, dites-moi vite, que je sache, que je souffre, que je maudisse tous mes plans d'économie.

- Une bricole, ne vous inquiétez pas, je vais regarder ça tout de suite.

Et là, le garagiste pianote sur le PC, à 1 doigt bien sûr, et doit donner un coup de fil à la centrale, parce que le stock est vide et que le prix n'est pas indiqué. Juste de quoi faire monter la pression, et plus le temps passe, plus elle monte.

- 116 euros, madame, TVA comprise, mais hors main-d'oeuvre. Baaah, faudra compter maximum 180 euros.

Franchement, c'est clair, net et définitif, mon garagiste et moi n'avons pas les mêmes valeurs. La prochaine fois que je dirai au Prince "j'ai acheté quelques bricoles chez Ikaprout", je comprendrai qu'il m'accueille avec une demande de divorce à la main, pour "incompatibilité financière" !

mardi 15 janvier 2008

Fatigue, quand tu me tiens ...

C'était il y a quelques jours. Je venais de rentrer à la maison après une journée de travail, les miss étaient fatiguées, moi aussi, le Prince toujours au boulot. Au menu du soir : soupe. En quelques minutes, les légumes sont lavés, coupés et cuisent dans la marmite. Comme d'habitude, je branche la minuterie, 20 minutes. Ca m'est déjà arrivé d'oublier le repas sur le feu.

Les légumes sont cuits, "yapluka" mixer et servir. Simplissime. Pourtant, les filles ont décidé de me rendre la tâche difficile, elles s'attachent chacune à une de mes jambes, voudraient voir maman cuisiner. J'aurais juste eu besoin de 3 minutes de tranquilité, pas plus. Pourtant, je ne sais pas pourquoi, je prends la passoire, et verse ma soupe dans l'évier. Il me reste les légumes, pas le bouillon. J'ai beau raler, impossible de faire marche arrière. Repas raté.

Ce soir, je mets les filles au lit et en attendant qu'elles s'endorment, je range un peu notre chambre et passe me démaquiller à la salle de bains. Je prends un coton, mets du démaquillant et porte le coton à hauteur de mon oeil. Sauf que j'ai oublié d'enlever mes lunettes. Résultat : l'air con.

Jamais deux sans trois, dit-on.
Là, j'écris, j'ose le raconter, pour conjurer le sort. Pas de numéro 3, please.

lundi 14 janvier 2008

Elle, c'est moi...

Sans faire de bruit, j’ai poussé un peu la porte.

Dans l’entrebâillement, je l’ai vue, cette femme, assise de dos sur ce fauteuil d’hôpital. Elle l’avait tourné le dos à la porte d’entrée, et avait fermé les rideaux, elle semblait chercher un coin d’intimité. Son bébé dormait paisiblement dans son petit berceau en plastique, il était tout petit.

Elle avait branché un tire-lait électrique, une machine qui faisait un bruit infernal, à double extraction était-il indiqué sur la boîte de rangement. Elle ne cessait de regarder son bébé, elle pleurait en silence, tant la douleur laissée par l’intervention chirurgicale était encore présente. Elle pleurait en silence parce qu’elle aurait voulu être juste ailleurs, elle pleurait en silence parce qu’elle souhaitait une autre naissance, elle pleurait en silence sa rage et son besoin d’avoir ce petit être de 2.8 kg tout contre elle.

Les menaces de lui retirer son enfant pour le placer sous surveillance loin d’elle, pour le gaver et détruire la confiance de sa mère de pouvoir subvenir seule à ses besoins ont eu raison de tout le reste. Alors que l’on fêtait la joie de l’arrivée un peu plus tôt que prévu d’une nouvelle petite fille, cette maman peinait pour ramasser un à un les morceaux de son cœur éparpillés dans cet hôpital, où peu d’oreilles avaient bien voulu comprendre son seul et unique désir d’être auprès de sa fille et de la nourrir.

Il y a des mères pour qui allaiter est d’une simplicité étonnante. Elles ne souffrent pas, et à peine ont-elles vu leur bébé que tout naturellement, les choses se font, sans douleur, sans mal, sans questionnement. Une simple réponse à un besoin primaire de leur enfant.
Pour cette maman-là, les choses n’étaient pas aussi simples. Un tas de facteurs ont fait que les choses ont pris un peu plus de temps que la sacro sainte norme le prévoit, norme établie par des fans de procédures, de dessins carrés et avides de pressions en tous genres.

Cette épreuve toute banale dans la vie d’une maman a marqué cette histoire entre elle et son bébé. Le lien spécial qui les a unis dans l’épreuve de l’allaitement s’est inscrit dans leurs cœurs, dans leurs corps, dans leurs mémoires.

Presque 18 mois plus tard, le bébé qui dormait si paisiblement dans son petit berceau à la maternité devient peu à peu une petite fille, qui a soif de vouloir faire les choses par elle-même, qui a envie d’affirmer son caractère de plus en plus, qui commence à dire des mots et qui se fait drôlement bien comprendre.

Cette maman qui pleurait de rage il y a presque 18 mois, à tirer quelques millilitres de lait pour gaver elle-même sa fille trop fatiguée pour téter, à l’abri des regards du personnel soignant, pour la garder à ses côtés, a pansé ses plaies et préfère vivre les yeux tournés vers demain. L’indépendance et l’assurance que prend sa petite fille la laisse songeuse et elle aimerait bien, peu à peu, reprendre sa vie, reprendre possession de son corps.

Evidemment, elle voudrait préserver ce lien, cet échange de regards lors des tétées, ce contact des petites mains sous son bras, cette quiétude et cet apaisement quasi magiques, elle aimerait que sa petite fille se détache, naturellement, comme l’est l’acte en lui-même, mais doucement, peu à peu, dans un apprentissage commun vers un autre lien, sans le sein.

Elle voudrait tout, cette mère. Parce qu'elle vit avec l'intime conviction de n'avoir pas accouché, amputée d'une expérience de femme, elle aimerait tant réussir la fin de cet allaitement. Elle aimerait bien défaire et non rompre, délier ici pour relier là, elle aimerait bien voir sa petite coopérer.

Bien sûr, rien ne presse.
Hier, elle pleurait pour réussir.
Demain sans doute, je regarderai cette femme dans l'entrabâillement de la porte avec un regard empreint de nostalgie.
Aujourd'hui, en attendant l'écriture d'une nouvelle page, elle aurait juste besoin d'un peu se retrouver.

dimanche 13 janvier 2008

Allô ?

Le Prince me le faisait remarquer, va falloir prendre des actions chez notre opérateur téléphonique, parce qu'avec 3 nanas à la maison, ça va chauffer du cornet.

Moi, j'essaie de me calmer. Mais je suis la reine du téléphone. "Tiens, je vais téléphoner à Pocahontas pour lui demander ce qu'elle met comme épice dans sa soupe à l'endive, elle avait un super goût la dernière fois" et pour finir, Pocahontas et moi, on discute de la soupe, des courses, des enfants, du boulot, du coût de la vie qui flambe, des prochaines vacances et ... finalement, on se dit que ça fait longtemps qu'on se s'est vues et on se fixe rendez-vous le lendemain, pour manger un p'tit bout.

Pendant ce temps-là, la soupe mijote sur le feu, la maison est rangée, le linge repassé. Les faire en téléphonant rend ces tâches nettement plus attrayantes, c'est un fait. Et cette délicieuse sensation de rentabiliser le temps en faisant plusieurs choses en même temps !

Le grand Saint Nicolas a apporté aux filles, l'année dernière, une magnifique cuisine qui trône dans notre salon depuis, et qui, franchement, n'a pas remporté le succès attendu. Sauf qu'il y a cette petite chose verte en plastique, un téléphone, qui s'accroche au montant de la cuisine signée d'une grande marque d'électro-ménagers. MM1 entend des sonneries imaginaires et se précipite décrocher l'appareil, et passe de longues minutes à papoter avec ses copines. Comme deux "cons", nous faisons mine de rien mais nous délectons de l'écouter rentrer dans ses histoires d'école, auxquelles nous ne comprenons pas tout, nous rions de la regarder faire des mimiques et sommes émus de constater qu'elle "nous copie", reprenons nos phrases, nos travers, nos tics, l'un après l'autre...

M'est d'avis que d'ici quelques années, nous rirons moins, chacune aura son tour de téléphone, son quota de minutes et ça va négocier serré !

jeudi 10 janvier 2008

La rupture

J'ai toujours pensé qu'il existait 2 types de rupture : la rupture "à chaud" et la rupture "à froid".

"A chaud" lorsqu'on claque la porte, sur le coup de la colère, de la tristesse, de la déception, de l'humiliation, quand les mots ne peuvent plus réparer, lorsque le regard de l'autre devient insupportable, lorsque sa voix fait monter en nous une violence qu'on ne se connaissait pas, partir, fuir, éviter à n'importe quel prix devient alors la seule issue possible.

Lorsqu'on se retrouve face à un mari, une épouse, un enfant, un parent, un tout proche qui nous dit froidement qu'il part, que rester est impossible, qu'il veut sa liberté comme s'il vivait emprisonné à nos côtés, c'est une douche glaciale qui nous tombe dessus, nous coupant littéralement l'herbe sous le pied, nous faisant tituber de surprise et d'effroi, devant une décision qui semble si mûrement réfléchie.

J'ai toujours pensé, naïvement, que la rupture calculée, préparée, réfléchie, aussi justifiée soit-elle était certainement un acte qui rendait vite précaire une situation personnelle, vu la complexité des sentiments des protagonistes d'une histoire : l'abandon, la tristesse, le désarroi face à l'enivrement à l'aube d'une nouvelle vie, au courage d'avoir osé franchir un pas qu'on se préparait à faire depuis plus ou moins longtemps.

Claquer la porte relevait, jusqu'à présent, de la dispute passagère, du "pétage de plomb", du besoin de prendre un peu de recul, et se devait toujours se terminer par un happy end à plus ou moins court terme. Sans doute parce que dans mon petit cerveau, les grandes décisions prennent énormément de temps à mûrir.

Mais c'était sans vraiment réaliser la complexité des relations enfants-parents, surtout lorsque ces enfants atteignent le cap difficile de l'adolescence. Là où l'adulte ne voit que la raison, l'ado risque d'y voir un concept impossible à imaginer pour moi aujourd'hui. Concevoir qu'une rupture "à chaud" se termine froidement sur une décision sur laquelle notre enfant, celui qu'on a porté avec amour, qu'on élève encore, qu'on chérit toujours, ne veut pas revenir, fait partie de mes angoisses les plus pénibles.

mardi 8 janvier 2008

Leçon de bergerie

En règle générale, j'ai le don d'anticiper un tant soit peu les événements : mon oeil de maman voit poindre la gastro à l'horizon, mon oreille de femme un peu organisée sent la hausse de la facture arriver, mon nez de formatrice sent bien que l'info n'est pas du tout passée, même si 12 têtes s'obstinent à penser le contraire...

Mais il y a une situation où je suis maudite, et ce, à chaque fois : que ce soit au supermarché, dans une boutique de vêtements, un magasin d'appareils électro-ménagers, je choisis la mauvaise caisse lorsqu'il me faut payer mes achats, comprenez, je choisis, sans le vouloir, la caisse qui va fermer, qui a un problème technique, qui a devant elle la queue la plus courte mais qui se révèle être la plus lente ... Pourtant, depuis les années que je traîne cette malédiction, j'essaie de changer les choses et d'appliquer une stratégie qui devrait pourtant porter ses fruits : l'observation. Distinguer tous les éléments qui font que cette caisse est plus efficace qu'une autre.

Ce midi, j'ai cru réaliser un exploit : acheter un pantalon pour le Prince. 4 minutes pour le choisir, pas de MMs dans les pieds, mais caisses bondées pour cause de soldes. Certes, d'habitude, j'évite autant que possible les magasins pendant ces périodes hystériques, mais aujourd'hui, j'avais bon espoir.

Pas de poussette, ni de MM2 qui hurle pour en sortir dès qu'on arrête d'avancer. Or, dans la queue, difficile d'offrir à la miss une course rigolote. Pas de MM1 qui adore toucher à tous les beaux présentoirs posés juste à côté des caisses, histoire de faire patienter le client en le tentant une dernière fois, pas de négociations du style "non, ma chérie, maman n'achète pas ce collier, c'est pas pour les petites filles, c'est pour les mamies" avant de réaliser que la dame de 50 ans à peine, qui attend juste derrière moi venait de choisir exactement le même collier...

Seule, avec mes yeux et mon flair. Hop, ni une, ni deux, je l'ai repérée, la bonne caisse. La caissière est jeune, concentrée, souriante, polie, et drôlement efficace, elle pointe déjà les articles du client suivant alors que le précédent à encore sa carte dans le lecteur, tout ce que j'aime.

10 minutes que je poireaute. Ca avance bien. Je garde un oeil sur la montre, histoire de ne pas déborder de ma pause de midi. Plus que 3 personnes. Super caissière est redoutable. Puis, le téléphone sonne. Super caissière décroche, et là, c'en est fini, elle fait un appel micro, appelle une de ses collègues et s'encourt vers les ascenceurs. La collègue arrive, pas du tout le même style, elle prend les mesures des pantalons à racourcir d'habitude, elle ne connaît rien à la caisse.

3 malheureuses personnes. Le pijama de la dame, j'ai cru que j'allais le lui faire bouffer. Le second, elle a oublié d'oter les antivols, et la fille devant moi voulait échanger son pull. Echanger, c'est pas compliqué, non ? 5 vraies longues minutes pour capter que la nana n'allait pas payer les 2 pulls, vu qu'elle venait échanger le premier contre le second.

Heureusement que Super caissière est réapparue au bout d'une dizaine de minutes, consternée de constater que sa collègue n'avait pris que 2 clients et avait du mal à gérer la troisième... Heureusement, sinon, je pense que je l'aurais étranglée avec le pantalon du Prince.

Pantalon que le Prince a essayé et qui est trop grand. Rien que ça. Donc, demain, je vais l'échanger. Priez, croisez, pour que la couturière s'occupe de ses ourlets et la caissière de sa caisse. Que chacun garde ses moutons, n'est-ce pas ?

lundi 7 janvier 2008

J'ai viré le sapin !

Chaque année, c'est pareil, j'adore décorer la maison d'un magnifique sapin, mais dès la galette des rois engloutie, c'est bon, on peut passer à autre chose et limite, penser aux déguisements de Carnaval !

Ouste le sapin. En 20 minutes top chrono, tout était rangé, le Prince avait l'aspirateur à la main, histoire de faire disparaître les restes indésirables de l'hôte hivernal. Cela nous a permis de retrouver des pièces de puzzle, des cuillères de MM2, des morceaux de pain, une coccinelle écrasée. C'est bien la première fois que je rencontre une coccinelle en plein hiver du reste...

Du coup, j'ai fait pareil ici, un peu de ménage et de zénitude, histoire de retrouver un peu de bonne énergie. D'ailleurs, j'innove avec un petit sondage ci-contre. Pas que je compte changer de décor toutes les lunes, mais de temps en temps, ça fait du bien, non ?

samedi 5 janvier 2008

Les bêtises de chez nous

J'ai dû pester d'ennui dans une vie antérieure. Voilà la seule conclusion à laquelle je suis arrivée aujourd'hui.

A moins qu'un soir de Noël, désespérée de voir ce ventre rester désespérément plat, je n'aie prononcé quelque parole fatidique, du style "je jure de ne jamais me plaindre et d'accepter les pires contraintes, les pires crises, les plus grandes fatigues, et j'en passe ..."

Parce que là, l'idée de vider le compte et d'acheter 2 allers pour Macapète-les-bains m'a effleuré l'esprit plus d'une fois. En effet, je rêve de m'ennuyer, de n'avoir rien à faire d'autres que de m'occuper de moi, de valser au gré de mes envies, de mes sautes d'humeur, retrouver ce soupçon de liberté qui me permettait de dire "on prend congé, on part quelques jours ?".

J'ai bien vu l'air amusé de ma copine venue me rendre visite, elle qui a de grands enfants maintenant, alors qu'elle me racontait ses derniers déboires en dégustant un p'tit café pendant que je vidais le lave-vaisselle. Je l'ai vu, disais-je, sourire alors que je sortais un camion, une voiture de course et une petite camionette de marchand de glace, ainsi que sa horde de personnages ... C'était la dernière idée de MM2, ce jour-là, de sortir les assiettes sales du lave-vaisselle et d'y plonger ses jouets, le temps que je me retourne répondre au téléphone qui sonnait. C'est donc en fulminant, et en sécurisant la cuisine devenue un champ de bataille au sol rempli d'assiettes cassées, que je me suis vue répondre au Prince que j'allais donner nos filles au plus offrant.

Pendant ce temps, MM1, d'un calme olympien, trouvait géniale son idée de colorier la télévision, après avoir vidé l'étagère de ses 350 discs. Pourtant, d'habitude, c'est un modèle sage, plutôt obéissant.

Quelques temps plus tard, et une porte des toilettes mal fermée, ce sera le retour de MM2 à la découverte des bêtises, à jeter entiers les rouleaux de papier toilette dans la cuvette. Heureusement que j'ai le flair, celui qui me fait dire "elle est où ?" et en la trouvant juste à temps, la main encore levée, prête à commettre son geste !

Hier soir, le minuscule démon réclamait à tout prix un biscuit, chose que je lui ai refusé, vu l'heure du repas qui approchait à grands pas. Elle a fait preuve d'une ingéniosité sans précédent pour parvenir finalement à attraper le paquet de biscuits. Ne parvenant pas à l'ouvrir, elle a dû penser que si elle marchait dessus, il allait s'ouvrir comme par enchantement. Dommage qu'elle ne sache pas encore sauter sans appui, cela lui aurait facilité le travail...

Donc, je disais que je cherchais un traîté sur l'éducation, sur la patience, sur le développement de l'enfant, de quoi m'aider à comprendre pourquoi MM1 trouve-t-elle sympa de promener sa soeur, une laisse imaginaire autour du cou ?

Et accessoirement, un billet de loterie gagnant, afin de planter là quelques obligations pour partir m'aérer un peu ...
En espérant que vos journées soient plus tranquilles que les miennes...

jeudi 3 janvier 2008

Pleurer de joie ?

- Miroir, je suis si triste ...
Cendrillon avait poussé la porte du château, et s'était rendue dans la pièce qu'elle avait déjà visité quelques fois, et s'était adressée au Miroir en zappant les formalités d'usage. En même temps, elle s'était accroupie nonchalament, elle s'était presque laissée tomber, la peine pesait lourd sur ses épaules.

- Miroir, j'ai appris une merveilleuse nouvelle aujourd'hui. Mon amie avait des étoiles dans les yeux, du bonheur dans la voix, les mains tendues vers l'avenir. Elle m'a parlé doucement, les yeux grand ouverts, la voix chevrotante d'émotion. Elle me racontait et moi, j'écoutais, toute ouïe, émue, car oui, la nouvelle était magnifique.

Pourtant, toute cette joie provoquait un immense déchirement à l'intérieur de mon ventre. Les larmes qui coulaient étaient empreintes du sucre du bonheur et du sel de la désolation. Cette saveur douce-amère qui emplissait ma bouche aggravait cette sensation d'ambivalence que je devais affronter.

Miroir, comment peut-on être à la fois si proche du bonheur d'une amie et que ce même bonheur réouvre une plaie à peine cicatrisée ? Comment lui dire que c'est l'image de mon propre échec qui me peine et non sa joie ? Comment ne penser qu'à elle et non à moi ? Comment faire comme si ... ?

- Cendrillon, tu as tout dit. Tu as en toi toutes les ressources pour faire face à cette peine, pour vivre avec et la faire cohabiter avec le bonheur.

- Miroir, j'ai honte. Je pense que c'est cette honte qui m'a fait venir vers toi. Aujourd'hui est jour de fête et je me cache pour pleurer. J'aurais voulu lui expliquer, j'aurais voulu qu'elle ne lise pas dans mes yeux, j'aurais aimé ne pas trahir cette émotion.

- Cendrillon, je vais te dire un secret, tu es la première personne à qui elle a révélé sa joie, c'est un signe, ça, tu comprends ? Ton amie, elle connaît cette faille en toi, et même si la plaie saigne un peu aujourd'hui, elle sait que demain, tu ne penseras plus qu'à elle.

Evidemment que le Miroir avait raison. Cendrillon le savait, au fond d'elle. Elle avait parcouru un long chemin depuis cette plaie, avait surmonté sa peine et avait appris à vivre aux côtés de cicatrices parfois gênantes, parfois fragiles, parfois attendrissantes. Ce long chemin parcouru n'empêchait pourtant pas une chute, lorsqu'elle se prenait les pieds dans les racines des grands chênes sur lesquels elle s'était si souvent reposée, fatiguée par cette route difficile.

mardi 1 janvier 2008

De circonstance

Lorsqu'il me vient l'envie de tailler le bout de gras avec une copine "virtuelle" ou l'autre, j'ai sous la main un forum qui m'apporte beaucoup, que ce soient des points de vue, des expériences, des témoignages, des partages divers, culturels et émotionnels.

Tout comme lorsque je me promène en ville et que j'ai envie de me poser une petite heure, au chaud devant un bon café, je m'arrête devant un salon de thé, estaminet, café, ou autre lieu de dégustation dont l'extérieur et l'apparence correspondent à mes attentes tant au niveau fréquentation que décoration, et aime profiter du cadre, des gens, de mon petit "réconfort", en pensant à ce qu'il me reste à faire comme aux achats déjà réalisés, et profitant de mon interlocuteur, si tant est que je sois accompagnée ce jour-là.

Ainsi, sur la toile, j'étais celle qui jetais un rapide coup d'oeil avant d'entrer quelque part, afin de m'assurer de l'ambiance avant de décider ou non d'y entrer.

Ce blog, c'est tout l'inverse. Même si sa fonction première est de répondre à une question fondamentale qui me taraudait depuis que j'ai pris du grade en devenant mère : "et si je devais mourir, là, demain, d'un banal accident, d'une folie furieuse, d'une maladie foudroyante, si demain, je devais me retrouver cloîtrée dans un hôpital, semi-comateuse et incapable de m'exprimer, de communiquer, que vais-je laisser à mes enfants ? Quel témoignage, quelle trace ? Que sauront-elles de leur mère, alors que le blues de l'adolescence leur feront perdre pied ? Sur quoi pourraient-elles se reposer, lorsque les doutes déformeront leurs points de vue ? ..." J'aurais pu, il est vrai, acheter un joli cahier et noircir des pages et des pages, elles auraient eu l'exercice supplémentaire de déchiffrer mon écriture, trahissant à son tour les émotions du moment. Mais j'ai trouvé l'idée du blog intéressante, de par sa distance, il incite tout de même à une certaine réserve, de par sa publication sur Internet, une certaine pudeur, on brisait enfin l'idée du journal intime, je ne dévoile ici que ce que j'ai envie qu'il y soit dévoilé.

Ici, c'est un peu chez moi, entre qui veut, parce que c'est le principe du blog, reste qui veut. C'est à moi de faire en sorte que vous vous y sentiez bien, que le café soit bon et la déco sympa, que les mots que vous y lisiez prennent du sens, résonnent, un peu, parfois, souvent.

Vos commentaires, votre présence ancienne, récente, quotidienne ou épisodique est un cadeau de tous les jours, cela renforce l'idée que ce blog a une deuxième raison d'être, tout à fait compatible avec la première, ensemble, tout ceci fera une réserve d'émotions pour dans 5 ou 10 ans, un condensé de fous rires, du bonheur et des larmes de joie, de tendresse.

C'est donc en vous remerciant, lecteurs et lectrices, que je tenais à vous souhaiter une très belle année 2008, pleine de surprises, de rires, de bonheurs. Que vos maisons abritent tout l'amour que vous désirez, que vos yeux brillent de tendresse, que vos projets les plus fous se réalisent !

Au plaisir infini de partager l'année avec vous, ici, et ailleurs.