mercredi 31 octobre 2007

Mea culpa

Bon, c'est vrai, j'avoue, je suis bavarde.
A l'oral encore plus qu'à l'écrit.

Je suis capable de passer 2 heures au téléphone avec une copine que j'ai vue la semaine dernière, de refaire le monde avec mes collègues de boulot, de me plaindre de la pluie et des nuits blanches à ma mère, de critiquer la Star Ac' avec une copine alors que je ne manque aucun "prime", de discuter cuisine avec ma voisine alors que ses congelés attendent dans le coffre de sa voiture, de filer des trucs imparables de "maman bio" à une dame perdue devant les farines de quinoa, de châtaigne, d'épeautre et autres de l'épicerie, et j'en passe...

D'autre part, je noircis des lignes au quotidien, par e-mail au boulot, ici et là sur la toile, ou encore, en privé, pour mes filles. Je raconte mon chemin, mes peines, mes joies, mes réussites, mon amour pour elles, inconditionnel et entier.

Mais bien plus que ce défaut, il y en a un qui me mine souvent, la bavarde que je suis "oublie" trop souvent de dire à son Prince combien elle l'aime et combien sa présence la porte, sur cette pente dangereuse du quotidien.

Consciente d'avoir épousé un Prince à l'opposé de ce que je suis, on partage néanmoins plus de choses qu'il n'y paraît, et plus les années passent, plus cela me frappe. Je n'ai pas pour habitude de nous imaginer dans 20 ou 30 ans, je pense rarement plus loin que la fin de l'année, et à cette période, ça fait pas grand'chose, mais je sais et me rappelle chaque jour qu'il suffit d'une seule minuscule seconde pour que s'écroule ce qu'on a mis des années à bâtir.

mardi 30 octobre 2007

L'effet coiffeur

Vous connaissez ?
Moi non plus, enfin, pas en vrai, pas encore, mais je l'attends. Je ne désespère pas.

L'effet coiffeur, c'est la minute détente absolue. Je rentre dans le salon de coiffure, on me débarrasse de mes effets personnels gênant pour la coupe et sans attendre, on me propose un café s'il est encore tôt, un "cocalade" en plein après-midi ou un bon verre de vin s'il est tard.

Les lumières tamisées et une musique choisie avec soin se prêtent admirablement bien au moment léger et anodin pour les uns, sérieux et angoissant pour les autres.

Arrive alors l'instant sublime du shampoing, où des mains délicates m'offrent un massage du crâne long et doux, et je ferme les yeux, prête à lâcher ma tasse, mon verre pour rejoindre les bras de Morphée. Le massage se prolonge lorsque l'eau chaude rince abondamment ma chevelure et se termine par l'effet apasaint d'une serviette chaude sur le crâne.

L'homme ou la femme qui s'occupe de l'aspect technique de la coupe est invisible et muet, moi, j'émerge lentement de ma torpeur et confie ma tête à l'artiste, sans crainte de me voir défigurée par un coup de ciseau mal évalué. Je termine lentement mon verre et reprends pied, peu à peu, dans la vraie vie. J'envisage alors la suite, mais sans le stress, envolé sous les doigts magiques du shampouineur.

Le bruit du sèche-cheveux est léger, presque musical, l'air soufflé est doux et chaud et me rappelle le bienfait du soleil sur ma peau. Je regarde le résultat, satisfaite, et détendue. Je m'habille chaudement et ne cherche pas mon portefeuille au fond de mon sac. L'artiste envoie sa facture, je suis une star.

Sinon donc, ce matin, coiffeur. J'ai un peu attendu, la stagiaire qui a eu l'honneur de me faire un shampoing a eu l'amabilité de me prévenir que le lavabo était glacial, et c'est toute tendue que je me suis installée dans le fauteuil et que j'ai posé ma tête sur le ledit lavabo. L'eau tiédasse et le massage plutôt sportif m'ont fait maudire la fille et le salon tout entier, d'ailleurs.

La coupe fut nette, mais la fille s'est arrêtée plusieurs fois, pour aider une de ses collègues à trouver la fiche de la mémé qui venait faire sa couleur, pour répondre au téléphone, pour conseiller l'ado sur le choix et la quantité de mèches à faire. Je me suis demandée si elle n'allait pas couper deux fois au même endroit, ou me laisser une mèche longue parmi les courtes.

Mais surtout, j'ai cru que ses multiples pauses allaient lui faire perdre le fil de sa discussion hautement philosophique, à savoir les embouteillages le matin devant les écoles et le bienfait des vacances scolaires pour ces mêmes automobilistes victimes des parents égoïstes et fainéants qui veulent à tout prix déposer leurs enfants devant la grille de l'école, mais pas vous, bien sûr ma p'tite dame !

Bref, j'ai pas eu un bon café, j'ai eu froid (ça m'a tendu le crâne, si si !), j'ai dû écouter des propos dignes de Derrick, j'ai même dû payer, mais ... c'est vrai, j'ai les cheveux coupés.

lundi 29 octobre 2007

Parent dans son coeur et dans ses tripes

Vu à la télé ce soir : des gosses, principalement des ados, mais pourquoi pas des plus petits d'ici quelques mois, se voient "enlevés" par des grands d'au moins 18-19 ans pour jouer au jeu de la "garde à vue". On feint un interrogatoire "musclé" et on te file des coups, des entailles, bref, un peu de "torture" pour se mettre à table. Pur sadisme puisqu'il n'y a rien à avouer du reste.
Soit. Que des gamins se marrent avec des jeux de ce style ne relèvent pas du scoop. Que les victimes se taisent et n'osent pas raconter les faits à leurs parents, de peur des représailles, non plus. Mais constater que des parents ont peur de parler, de porter plainte de peur d'être à leur tour "emmerdés" par ces gamins incontrolables me laisse sans voix.

Comment grandir sereinement, comment avancer en confiance lorsque le parent censé protéger son enfant craint son bourreau, et que cette peur l'empêche de faire appel à la loi ? Quelle image donnons-nous à ces enfants victimes d'autres enfants, à peine plus âgés ?

Je regarde mes miss endormies, bercées de paroles rassurantes et bordées d'édredons chauds et moelleux, et je leur fais la promesse tacite de toujours les défendre, de toujours assurer leur sécurité, et par dessus tout, de maintenir ce lien de confiance afin qu'elles puissent toujours venir vers nous mettre, sans crainte, sans honte, sans jugement, des mots sur leurs maux.

dimanche 28 octobre 2007

Finalement...

Souvent, le temps arrange les choses, n'est-ce pas ? Souvent, le temps cicatrise les plaies, atténue les douleurs, et fait disparaître les bleus au coeur.

Mais parfois, le temps fait grossir l'attente. Plus le temps passe, plus l'attente d'un événement se drape d'un linge empreint de rêves, d'irréel, et d'imagination.

Depuis l'ouverture de ce blog, j'attendais des nouvelles de mon père, chose qu'il a finalement faite il y a quelques jours. Chaque fois, c'est-à-dire souvent au cours de la journée, je pensais à la manière dont il allait reprendre contact avec moi, à ce qu'il allait me dire, en silence je comptais et recomptais les jours qui passaient et la distance qui se creusait au fur et à mesure.

Et là, lorsque le téléphone a sonné et que j'ai entendu sa voix, j'ai été déçue, alors que cet échange était plus que prévisible. Il n'allait pas changer, je n'allais pas changer non plus. J'aurais aimé que les choses se passent différemment, mais pour cela, il faut y croire, des deux côtés, et visiblement, il a perdu la foi.

Je reste donc sur ma faim, et histoire de ne pas sombrer dans le Troïkalcoolisme, je vais continuer à attendre, et croire qu'un jour, ce sera vraiment Noël.

vendredi 26 octobre 2007

Changement d'h(um)eur(e)

Dans la nuit de samedi à dimanche, à 3 heures, il sera 2 heures, et on pourra dormir une heure de plus. Ca c'est le discours positif du présentateur du Journal à la télé, il en rajoute presque en nous disant que c'est "une bonne nouvelle".

J'ai toujours eu quelques problèmes avec la notion espace - temps. Les changements d'heure, j'ai beaucoup de mal à m'y faire, pas physiquement, mais plutôt mentalement, à me reposer 15 fois la même question "est-ce que j'ai déjà changé cette horloge ? est-ce que le Prince y a pensé ?", bref, c'est pas mon truc.

Mais là, pas besoin d'avoir usé les bancs de Math Sup pour faire le calcul suivant : à 6h15 du matin, quand mes Miss vont se réveiller dimanche matin, il sera 5h15. Et ça, ça casse un peu le moral.

Je vous entends déjà me suggérer de les coucher plus tard la veille, mais pensez-vous, 6h15, heure habituelle du lever le week-end, vous trouvez ça une heure décente ? Moi pas. Le Prince et moi, on a déjà tout essayé pour imaginer une seule grasse matinée jusque 8 heures, mais rien n'y fait, quelle que soit l'heure du couché, l'heure du réveil restera trop matinale.

On s'en accomodera, n'est-ce pas, on survivra, on fera un exercice de lâcher-prise dimanche afin de ne pas affronter 2 pestes qui se sont donné le mot pour nous rendre chèvres, on ne commentera ni l'assiette qui a volé parce que MM2 en a décidé ainsi, ni les bottes de MM1 remplies de boue du jardin essuyées sur le tapis fraîchement nettoyé, rien, on ne dira rien, parce que c'est pas de leur faute si la bonne nouvelle du week-end, c'est que certains vont dormir une heure de plus et pas nous !

jeudi 25 octobre 2007

Flash back

Cendrillon quitte une ville pour une autre. La distance qui sépare ces 2 villes n'est pas énorme, mais ici, tout est loin, tout est long, tout dure longtemps. Le train est vieux, il avance lentement, les bancs sont sales et inconfortables mais s'assoir après avoir attendu tant de temps est bénéfique aux muscles engourdis et au moral éreinté.

Et puis, il fait -15 °C en ce début d'après-midi. Le soleil ne va plus tarder, bientôt il fera nuit. Il faut rentrer, le froid va s'intensifier. Cendrillon trouve une place assise près de la fenêtre. Les derniers rayons de soleil sont pour elle, ils viennent illuminer son visage, et réchauffer son coeur.

Cendrillon est fatiguée, et ce faible apport de chaleur lui fait fermer les yeux et lui font revivre cette journée intense en émotions.

La neige était tombée la nuit dernière et au petit matin, elle avait pu voir, derrière le carreau de la fenêtre du salon de sa logeuse, le splendide spectacle d'une ville recouverte d'un épais manteau blanc. Elle s'était habillée chaudement, et avait avalé un petit-déjeuner riche en protéines et en féculents, la route allait être longue, par un temps pareil.

Elle ne se souvenait pas du temps qu'avait duré le voyage aller, tellement l'angoisse de se tromper de chemin la tenaillait, elle se souvenait qu'elle était descendue du train, qu'elle avait attendu qu'il reparte et avait découvert, au fur et à mesure que le train s'en allait, devant ses yeux, l'endroit où sa grand-mère qu'elle n'avait pas connue, était née. Une centaine de mètres à parcourir avant de pouvoir toucher le lieu du bout des doigts. Une trentaine de minutes de marche dans une neige épaisse et profonde.

Elle avait fait le tour de l'endroit et s'était recueillie pendant 3 petites heures, elle avait cherché trace du passage de cette femme qu'elle aurait adoré connaître, elle avait regardé chaque mur, chaque plaque commémorative, avait cherché les archives, avait questionné toutes les personnes prêtes à l'écouter et était repartie des images pleins les yeux, comme les pièces d'un puzzle qu'elle n'arrivait pas encore à assembler.

Sur le chemin du retour dans ce train qu'elle connaissait maintenant, elle voulait profiter d'un moment de répis pour regarder ces pièces une à une et essayer de les assembler. Elle posa son coude sur le rebord de la fenêtre et vint déposer son oreille contre sa main, elle dut lutter contre le sommeil.
Elle faisait mine de ne pas voir les enfants aux dents noires qui la regardaient d'un air bizarre, elle qui semblait avoir si froid et eux qui semblaient si peu habillés. Elle aurait bien voulu répondre aux questions que leurs yeux posaient, mais elle était obnubilée par les pièces du puzzle d'une histoire familiale riche, mais compliquée.

Le soir, épuisée, avec l'aide de sa logeuse, elle déchiffra chaque lettre, chaque caractère, chaque petit point de couleur pour essayer d'assembler au moins les 2 premières pièces. Il y avait, ce soir-là, une présence dans la pièce qui ont fait que Cendrillon et sa logeuse se sont retrouvées à 3, le temps du souvenir d'une femme partie trop tôt.

mercredi 24 octobre 2007

Adin, dva, tri ...

Ca s'appelle un Troïka. C'est mon boulanger-pâtissier qui fait ce truc de fou que je n'aurais jamais dû goûter. Ma seule chance, c'est qu'il n'en fait que de mi-octobre à mi-février. Un Troïka coûte 2,50 euros pour un petit plaisir qui doit avoisiner les 4 cm de long sur 2 de large et 2 de hauteur.
Lorsqu'on mord dedans, il y a 2 couches : celle du bas est composée d'un praliné tendre et savoureux qui fond dans la bouche, dont la texture disparaît au bénéfice du goût, fort et onctueux. La couche du dessus est faite d'un massepain dont l'amande enrobe à merveille le praliné du dessous. Le tout est enveloppé dans du chocolat noir ou du chocolat au lait.

L'équilibre est parfait, gracieux, et généreux.

De quoi oublier des mois de nuits blanches, des jours de lessives de draps, des enfants malades et donc difficiles, de quoi oublier toutes les promesses faites devant ma balance, de quoi se consoler des moments d'épuisement, bref, j'allais vous en faire une photo, mais ce serait trop mesquin de vous faire saliver de la sorte !

mardi 23 octobre 2007

Vie privée ?

Je pensais, naïvement, que ce qui se passait "à la maison", ne sortirait pas de nos murs. Je me disais, en toute insouciance que chez moi, je disais ce que je voulais, je me promenais dans la tenue qui me plaisait, le Prince et moi pouvions discuter entre quatre yeux sans aucune gêne.

C'était sans compter sur MM1, qui ne semble pas vouloir sortir de la crise des 2 ans, mais qui se presse pour apprendre des tas de trucs au niveau du langage.

C'est donc devant sa mère cramoisie de honte qu'elle a dit à son institutrice que j'avais vomi dans la salle d'attente du docteur, le tout avec moutes détails fort appétissants, ma foi.

Je me suis retenue jusqu'aux dernières limites en me convainquant qu'il s'agissait juste d'une légère nausée, j'ai fini par attendre d'être la dernière présente dans la salle d'attente, j'étais presque fière d'avoir pu garder l'épisode relativement secret.

Habitant un petit village médiéval, ça y est, ma réputation est faite. Va falloir assumer.
Merci ma chérie !

dimanche 21 octobre 2007

Chute de tension

Il y a une chose que je savais déjà, c'est que quand on est maman d'enfants en bas âge, il est de très mauvais goût de tomber malade. Ainsi, à chaque fois que la gorge surchauffe un peu ou que la tête implose, à moins que ce ne soit au niveau digestif que "ça" coince, je pense à ce cher monsieur Coué et sa célèbre méthode.

Il y a une deuxième chose que je sais depuis que je suis maman, c'est que 9 fois sur 10, la visite chez le toubib se termine par un "c'est viral, on nettoie le nez, psschiiit, pschiiit, un coup d'aérosols pour ouvrir les bronches et on liquéfie les sécrétions, on rajoute à cela un traitement pour renforcer l'immunité et ça fait 40 euros ma p'tite dame".

Depuis vendredi, je sais une troisième chose, même si, je l'avoue, j'aurais pu la deviner : on évite les salles d'attente bondées chez son médecin, on s'organise pour un rendez-vous, parce que, pardon, mais ce que je croyais être une attaque virale qui s'avère être une poussée dentaire ne restera pas longtemps une poussée dentaire, si j'en crois la tronche des gens de la salle d'attente de mon généraliste vendredi après-midi.

Entre les petits vieux et les enfants aux nez dégoulinants, aux yeux pleins de conjonctivite, sans parler des milliers de particules de salive crachées dans une toux à réveiller un mort, j'avais une folle envie de faire demi-tour.

Mais on était tous trop patraques pour imaginer passer le week-end sans le traitement adéquat. Donc, on est resté. Et donc, j'ai prié pour que le petit vieux ne touche pas à mes enfants avec sa main remplie de boutons bizarres, que le petit aux joues rouges et aux yeux vitreux ne se jette sur ma cadette en vue de lui coller un bisou sur la bouche rempli de bave, ... Bref, ce fut terrible. Parce que moi, aphone, avec les poumons qui crépitent et surtout avec le souffle court, je ne pouvais lâcher MM2 ni du regard, ni de la main, sans quoi elle vidait le sac à main de la dame aux yeux bouffis, tout en s'obstinant à se relever en s'agrippant aux rideaux d'un blanc digne d'une pub de poudre à lessiver.

Je ne vais pas tergiverser sur les questions existentielles de MM1, qui adore se trouver en compagnie de gens qu'elle ne connaît pas, puisque, apparemment, cela suscite en elle une multitude de questions, les unes hautement philosophiques "il a quel âge le petit garçon, maman ?", les autres terriblement intelligentes "dis maman, c'est quoi les boutons sur la main du môssieur ?" ... "maman, t'as vu que la dame elle a un trou dans sa chaussure", le tout en trouvant cela très drôle.

Finalement, la salle d'attente s'est vidée et il a fallu que mes 2 filles, complices, se mettent à déménager les chaises de place, et que j'intervienne avant que MM1 ne propose ne décoller les affiches des murs, trouvant la prévention contre le cancer du sein et le calendrier des allergies trop "moches" à son goût.

Et lorsque le toubib a dit "c'est à vous", montrant les filles, j'ai failli lui dire "non, prenez-les !"

jeudi 18 octobre 2007

Le mime Cendrillon

Demain, j'embarque mes neurones et nous allons, tous ensemble, à l'autre coin du pays présenter un projet pédagogique très intéressant, devant une assemblée pas super fournie (mais quand même un peu) pour pouvoir faire ce que j'aime le plus : parler.

Comme d'habitude, je n'ai rien préparé. Les neurones et moi avons fait un premier point et demain, pendant la route, nous en referons un, histoire de savoir par quoi on commence. Bref, tout est prêt. Pas besoin de "slideshow" PowerPoint, j'y suis allergique, pas besoin de chiffres, je parle de pédagogie, pas de profit, ni de marketing, je n'ai rien à vendre, mais juste à partager.

Je m'attends bien à quelques questions, auxquelles j'essaierai de répondre, j'imagine aussi rencontrer quelques problèmes techniques, histoire de pimenter un peu ma journée, mais sinon, je vais me coucher sereine.

Enfin, pas tout à fait, car j'ai perdu ma voix. Et aphone, je doute un peu de mes compétences en tant que mime. Donc, si vous aviez des trucs miraculeux, je prends, merci, et bonne nuit.

mercredi 17 octobre 2007

Leçon de savoir-vivre

Crotte de bique, madame, on s’en fout de vos histoires… Votre fils qui se lève à 11h00, le plombier qui ne vient pas malgré vos 18 appels, votre fille qui vous apporte son môme parce qu’il est malade alors que vous aviez rendez-vous chez le coiffeur, votre mari qui ne vous aide jamais à aspirer le grand tapis « tissé main » alors que vous avez si mal au dos, malgré l’opération que vous avez subie il y a 3 ans avec le Professeur MachinChouette au CHU TrucMuche… Sans parler de votre four qui est tombé en panne hier soir alors que vous aviez tout préparé pour faire cuire un rôti en croute… Mais merde, quoi, elle va s’arrêter la grognasse, elle voit pas que j’attends là, derrière elle, avec 2 mioches fatigués qui vont bientôt réclamer tellement les minutes passent à écouter bobonne se lamenter ? Elle me saoule … Et l’autre qui en rajoute, aaaahhhh oui, ma bonne dame, je connais ça, et c’est quoi la marque de votre four ? Moi, c’est mon aspirateur, voyez-vous, je l’ai commandé dans la catalogue … euhhhh … comment il s’appelle encore ? … ah oui, c’était là, je me souviens bien, avant le Noël dernier …
Déjà 20 minutes que je patiente, je bous là, elle va se grouiller et lui refiler son saucisson en tranches vite fait bien fait, et en silence, sinon, j’explose, quelles merdeuses ces deux-là ! Ca fout rien de sa journée et ça fait les courses à 18h00, et ça papotte, ça papotte, c’est sans doute le seul moment de la journée où Grognasse parle à quelqu’un, son mari ne l’écoute plus, et le chien non plus d’ailleurs … Mettez-en moi 6 tranches, Bernadette, j’en donnerai 3 au chien Kastoa, et 400 g de salade de poulet, René adoooore la salade de poulet. Ptain, je rêve, elle sort son porte-monnaie, elle va payer … siiii …. Naaaannnn, j’y crois pas, la revoilà partie pour un tour, les vacances, le coût de la vie, sa casserole …

- Hum ... , pardon Madame de vous interrompre, je ne sais pas si vous avez vu, mais il y a des gens derrière vous qui attendent. En l’occurrence, je suis la personne suivante, j’ai 2 enfants en bas âge qui commencent à avoir faim et ça fait tout juste 20 minutes que je suis entrée. Ne le prenez pas mal, mais si vous pouviez faire court…

- Mais, je ne vous permets pas, Madame, j’étais là avant vous, et je dis ce que je veux, et puis d’abord, les jeunes, ils n’ont plus de respect, de nos jours…

Sur le coup, je me suis demandée si Grognasse avait lu dans mes pensées, pour me parler de respect …

mardi 16 octobre 2007

J'ai soif, Maman !

Dimanche, nous sommes allées, les filles et moi, dans un endroit que les enfants adorent : une plaine de jeux couverte ! Hop, on enlève les chaussures, on colle un autocollant sur le pull et en avant les châteaux gonflables, les piscines à boules, les ponts de singe !

Les enfants jouent, les mamans papottent et franchement, tout ça donne soif ! Les mamans commandent à boire, et les enfants réclament à leur tour une boisson rafraîchissante. Je m'offre un Coca Light, comme d'habitude ...

L'endroit vend des bouteilles qui ont la forme d'une bouteille de CocaCola (la petite, celle en verre, hein !), en plastique, de couleur flashy, remplies de limonade sans colorants, et non pétillante. On enlève un petite opercule en plastique, et on boit à la bouteille. De quoi rendre les gosses accros ! C'est archi sucré, mais bon, la loi du groupe est la plus forte, MM1 en a voulu, elle en a eu, et elle a a-do-ré.

Nous sommes rentrées à la maison, les filles et moi et avons retrouvé le Prince. Je m'attendais à ce que MM1 raconte à son papa tout ce qu'elle avait fait, mais non, la première chose qu'elle a dit, c'est "j'ai bu du cocalade" !

Une grosse cuillère à soupe de marketing, une grosse cuillère à café de matraquage, une cuillère à thé d'interdit et c'est la fête !!!

lundi 15 octobre 2007

Petite leçon de vie

Depuis que Cendrillon a échoué dans le chateau de Blanche Neige et a "parlé" au miroir magique, ça jase au village. Les uns ont essayé de retrouver le chemin du château, les autres ont peur de ce qu'elle raconte désormais. Et si Cendrillon avait un pouvoir ?

Ce matin, il fait noir. Or, il est largement temps de faire jour, il est 10 heures du matin et le soleil a oublié de montrer le bout de son nez, en ce 15 octobre, même s'il y a de gros nuages, il fait nuit noire. Les anciens se réunissent et décident de demander l'aide de Cendrillon.

- Cendrillon, il faut que tu retrouves le chemin du château, parle au miroir, demande-lui ce qu'il se passe, demande-lui s'il sait pourquoi le soleil ne se lève pas, s'il te plaît, Cendrillon, on est tous inquiets...

Bien sûr, elle y va, elle ne connaît pas spécialement le chemin, mais ses pas la guident, même dans la nuit sombre. Mais elle veut y aller seule. Cendrillon embrasse le Prince et ses enfants, donne quelques instructions pour le dîner que le Prince devra préparer seul.
Au bout d'une bonne heure de marche, elle arrive enfin au château. Blanche Neige n'est toujours pas revenue, la chambre est toujours aussi bien rangée que la dernière fois. Pourvu que Blanche Neige aille bien, Cendrillon aimerait bien savoir ce qui lui est arrivé, elle demanderait bien au miroir, mais elle craint de ne pouvoir poser qu'une seule question, et aujourd'hui, elle a une mission. On l'attend, au village ...

Comme la dernière fois, Cendrillon effleure à peine le miroir qu'il semble s'illuminer.

- Quel bon vent t'amène à nouveau, Cendrillon ?
- Miroir, le village est en émoi, le soleil ne s'est pas levé ce matin, il fait toujours nuit et il est bientôt midi. Que se passe-t-il, demande Cendrillon, sincèrement inquiète...

- Cendrillon, le soleil est malade. Très malade. Et en plus d'être malade, il culpabilise, parce que de là-haut, il assiste, impuissant, à un bien triste spectacle.
- Mais, Miroir, de quoi veux-tu parler ?
- Les hommes sont devenus fous, Cendrillon, ils se sont oubliés, ils courent après le temps, mais le temps les rattrape, ils ne s'écoutent plus, ils deviennent sourds, ils ont renié la nature, ils la piétinent, ils ont perdu ce dont même les animaux ne peuvent se défaire : le respect de la nature.
La terre, Cendrillon, c'est pur, c'est aussi pur que le blé qui y pousse, c'est vivant, c'est noble. L'homme est petit à côté, l'homme, il meurt, il ne fait que passer, mais la terre, cette terre, elle a nourri vos ancêtres et nourrira vos petits-enfants, cette terre, elle ne vous appartient pas, vous l'utilisez, mais vous vous devez de la respecter.

- Et le soleil, Miroir, il est où ?
- Tu ne m'entends pas, Cendrillon, la lumière, les cycles, les saisons, c'est aussi la nature. L'homme ne peut rien contre ça. Mais l'homme grandit chaque jour avec cette idée de surpuissance et de domination, il veut conquérir la terre, l'espace, la lune, aller plus loin, plus haut. Le Soleil n'en peut plus de voir tout ça. Il veut réchauffer les corps et les terres, il veut éclairer les champs et les maisons, il veut donner l'énergie aux hommes pour travailler. Mais aujourd'hui, Cendrillon, les hommes se réchauffent à l'alcool, aux anti-dépresseurs, les champs sont éclairés chimiquement, les maisons sont vides, et les hommes ont perdu l'énergie et le respect. Le Soleil est très malade Cendrillon, ça fait des dizaines d'années qu'on parle d'environnement, de pollution, de couche d'ozone, de déchets, de toxicité : l'air vicié, le porc aux antibiotiques, les OGM, l'eau polluée, la terre contaminée ... c'est grave. Tu peux leur dire, Cendrillon, c'est grave.

- Je comprends bien, Miroir, mais que faire ?
- Cendrillon, le Soleil n'est pas capricieux, il est réellement malade. Si vous, les hommes, ne le soignez pas, il mourra. Et sans soleil, vous ...
- ... nous mourons.

Cendrillon mit fin à la dicussion avec le Miroir, elle en savait assez. Elle rentra au village, la tête lourde de mille pensées, et raconta aux anciens, aux jeunes, et aux enfants qu'un combat pour la Vie devait naître à l'instant.

dimanche 14 octobre 2007

La nuit, on dort !

Amie ultra maternante, passe ton chemin.

Ce week-end a sonné l'heure du ras-le-bol des nuits entrecoupées de tétées, de cauchemars, de réveils "j'ai perdu ma tutute", "j'ai envie de dormir avec toi", "je veux plus dormir"... et autre coq qui réveille mes enfants en pleine nuit parce qu'il crie trop fort. C'est fi-ni, ter-mi-né, j'en peux plus, je veux dormir.

La recette ?

C'est très simple. Il suffit d'arrêter de se conditionner d'aller chercher MM2 qui pleure, dès le premier chouinement, même si elle ne se rendort pas tout de suite. Se rappeler alors les bonnes résolutions prises juste avant le coucher, et tenir une bonne dizaine de minutes, et histoire de ne pas les voir passer, se retourner en s'enveloppant dans la couette, en prenant soin, au passage, de couvrir l'oreille non cachée par l'oreiller, de ladite couette, et de compter les minutes...

Au bout de quelques secondes, je m'étais déjà rendormie. Il paraît que MM2 a pleuré un certain temps, un temps certain, un temps, c'est sûr. Mais combien, personne ne sait exactement. Et comme, le lendemain matin, elle n'avait pas l'air de mauvaise humeur et plutôt en forme, ben, j'en ai conclus que c'était une méthode comme une autre.

C'est vrai, non ? Ca arrive bien à certaines mamans de devenir sourde la nuit, non ?

vendredi 12 octobre 2007

Bon anniversaire !

Même après avoir épousé le Prince, je ne suis pas devenue riche. Je gagne bien ma vie et pourtant, la fin du mois arrive souvent plus tôt que celle inscrite sur le calendrier.

Ni riche, ni pauvre, j'ai la chance immense de détenir un trésor. Il est invisible certes, mais lourd, de par ses richesses. Lorsque je me pose et entreprends de regarder ce qu'il contient, je ne vois que de la lumière qui m'aveugle et me réchauffe. De grosses pierres ô combien précieuses m'inondent de soleil, me font tenir droite, me tendent des mains. J'essaie de les compter, il y en a presqu'une dizaine …

Ca, c'est du trésor.

Et personne ne peut me le voler. Par contre, il risque de s'abîmer si je ne le regarde pas, si je ne lui parle pas, si j'oublie qu'il est là. Un trésor pareil, ça se chérit.

La grosse pierre précieuse qui scintille en ce jour, c'est mon amie.

Ce qui est magnifique avec cette pierre-là, c'est qu'elle brille toujours autant qu'il y a 25 ans, et ce, même si pendant 11 longues années, je ne l'ai vue ni touchée. Le jour où elle m'a retrouvée, ce fut comme si nous nous étions jamais quittées. Elle recommença à me réchauffer le coeur, comme elle l'avait fait tant d'années auparavant, et je n'ai pu que constater combien cette sensation m'avait manqué.

Aujourd'hui, j'avais envie de lui dire combien elle compte pour moi, parce que je ne le lui dis pas assez souvent.

jeudi 11 octobre 2007

Les banques alimentaires

Avec octobre s'en vient les collectes pour les banques alimentaires. Des bénévoles rappellent aux gens, à l'entrée des supermarchés, qu'ils récoltent des denrées alimentaires pour les plus démunis.

L'action est belle et sert. Elle est aussi nécessaire, dans une société où les disparités sont de plus en plus marquées, où riches et pauvres partagent la même place de village. C'est ainsi que la bénévole de mon supermarché va me répéter son laïus durant plusieurs semaines et comme les autres années, je vais finir par lui dire le fond de ma pensée.

Il y a quelques années encore, le client généreux "à qui on ne forçait pas encore trop la main" pouvait déposer n'importe quelle denrée de son choix, il prenait un paquet de pâtes ou de riz, une boîte de raviolis ou de thon et tout le monde était content. Aujourd'hui, les articles qui intéressent les banques alimentaires sont clairement indiqués dans les rayons : on voudrait telle sorte de pâtes, ce carton de lait, cette marque de café.

L'année dernière, je me suis rendue au supermarché avec MM2, alors encore toute petite. La bénévole, charmante, m'accroche et utilise l'excuse du "bébé tout mignon" pour me sensibiliser aux très grandes difficultés que rencontrent des tas de jeunes mamans. Le temps de poser quelques questions à madame Charité et j'apprends que les banques manquent cruellement de petits pots, de laits de croissance, de compotes de fruits, de biscuits et gâteaux pour tout petits.

Elle m'annonce que ce serait "vraiment super adorable gentil tout plein acte magnifique" de prendre quelques unes de ces denrées à leur attention. Je n'ai qu'à me rendre dans le rayon bébé et regarder quelles sont les marques "choisies".

Je me suis fait un régal, un plaisir sans faille de rappeler à cette femme qu'une pomme de terre, une courgette et une tranche de jambon revenaient à terme, certainement moins cher que des petits pots tout faits de marque. Elle m'a donné raison, mais m'a aussitôt expliqué que des toutes jeunes femmes avaient beaucoup de mal à préparer un repas, même tout simple, et encore plus de difficultés à cuire un légume pour leur enfant. Avec le petit pot, au moins, on était sûr que l'enfant ait correctement à manger.

C'est pas l'Unicef qui disait "donne-lui un poisson, il mangera un jour, apprends-lui à pécher, il mangera toujours" ?

Bienvenue au pays de l'assistanat.

mercredi 10 octobre 2007

Doux et sucré

"Allô ? Maman, maman, j'ai été à l'école, papa est venu me chercher, j'ai tout mangé mon repas, j'ai tout tout tout mangé, je suis très sage. [Maman félicite, maman boit les paroles de sa fille] ... Maman, je t'aime, maman mouac mouac mouac (des bisous) ... [Maman t'aime aussi, maman fait pleins de bisous aussi] ... Maman ? Je peux avoir un bonbon ?"

[Arghhhhh, trop naïve, maman, qui accepte, et qui entend sa fille annoncer fièrement à son papa : "ma maman, elle a dit oui-eu"]

Principe éducatif n° 27 : saluer toute tentative de séduction réussie.

mardi 9 octobre 2007

Cendrillon de mauvais poil

Situation imaginée :
Cendrillon reçoit une facture de 400 euros d'une firme privée. Elle leur téléphone :
- Bonjour, je vous appelle au sujet de la facture n° 1234567, mon nom est Cendrillon, j'habite bien là, oui. Je conteste le montant, il y a erreur, voyez vous ...
- Vous avez raison Madame Cendrillon, il y a bien eu une erreur, le montant à payer est 40 euros.
- Vous me renvoyez une nouvelle facture ou bien je change le montant sur celle-ci ?
- On vous en envoie une nouvelle.
- Merci et bonne journée.
- Merci, au revoir.

Situation réelle :
Cendrillon reçoit une facture de 400 euros des impôts, le précompte immobilier. Elle leur téléphone :
- Bonjour, je vous appelle au sujet de l'article de rôle n° 1234567, mon nom est Cendrillon, j'habite bien là, oui. Je conteste le montant, il y a erreur, voyez vous ...
- Vous avez raison Madame Cendrillon, il y a bien eu une erreur, le montant à payer est 40 euros.
- Vous me renvoyez une nouvelle facture ou bien je change le montant sur celle-ci ?
- Ah non Madame, ça ne fonctionne pas comme ça : vous payez les 400 euros, vous introduisez une réclamation, on a 6 mois pour vous répondre, faute de quoi vous pouvez nous poursuivre, et si on vous donne raison, on vous rembourse sur votre compte.

On n'a peut-être toujours pas de gouvernement, mais pendant que les uns se tapent dessus, les autres s'en mettent pleins les poches ...

lundi 8 octobre 2007

Je vous sème

Blanche Neige est partie. Elle a fui sa méchante belle-mère et s'est retrouvée au milieu des nains dans la forêt. Pendant ce temps, Cendrillon est partie prendre l'air et s'est retrouvée dans le château de Blanche Neige...

Cendrillon pousse la porte et voit le beau et grand miroir qui orne la pièce rangée et froide. Il est beau, mais terne, il a perdu son éclat et ne renvoie qu'une image floue et lointaine de la réalité. Elle s'approche et caresse le miroir du bout des doigts. Aussitôt, celui-ci scintille, le reflet de Cendrillon apparaît enfin.


- Qui es-tu ?
- Cendrillon, la reine des courges

- D'où viens-tu ?
- Du pays d'en bas, je ...
- Que viens-tu faire ici ?
- Je me promenais quand j'ai aperçu le château, je ne l'avais jamais vu auparavant, je ne sais pas ce qui m'a guidée jusqu'ici

- Cendrillon, on ne vient pas ici par hasard ...
- Miroir, je connais l'histoire, tu es un miroir magique, alors je vais te demander une faveur, pourrais-tu me montrer mes enfants dans 20 ans, dans 30 ans, dans 40 ans, je voudrais tant les savoir heureux, je ...

- Cendrillon, approche ...

Ce qu'elle fit. Fatiguée par la route, elle s'asseya à même le sol, les jambes en tailleur et cessa de regarder ses chaussures un peu salies par la terre encore mouillée des pluies d'hier. Elle leva les yeux et regarda le miroir les yeux remplis d'espoir, de bonheur et d'émotion.

Mais elle ne vit pas ses enfants. Elle vit juste un champ, pas très grand et un vieux fermier s'en occuper.

Le miroir reprit :

- Cendrillon, regarde cet homme, sa parcelle de terre n'est pas immense, la terre aurait pu être meilleure, mais elle est loin d'être mauvaise. Il a semé avec respect et amour, il arrose sa terre avec soin, veille à ce que chaque plant ait suffisamment d'espace pour bien pousser, de soleil et d'eau. Il les soigne quand il faut et les protège lorsque la nature se déchaîne. Il fait tout avec conscience, et amour mais ne sait jamais totalement de quoi sera faite sa récolte. Parce qu'à tout instant, un animal sauvage pourra détruire qu'il aura mis des mois à cultiver, en une nuit, une tempête peut réduire tous ses efforts à néant.

Tu comprends, Cendrillon, reine ou pas, tu n'auras pas de privilège, sème avec amour, la récolte n'en sera que plus belle. Les fruits gorgés de soleil ont plus de goût, non ?

Cendrillon prit congé. C'était l'angoisse qui l'avait menée jusqu'au château de Blanche Neige. Une angoisse passagère qu'un miroir magique avait réussi à atténuer.

Cendrillon est rentrée chez elle, et a préparé une bonne soupe d'une courge du jardin, que le Prince avait semée.

vendredi 5 octobre 2007

Les murs peuvent en cacher d'autres

Cette maison a la même brique que la mienne, elle a été construite en même temps, par les mêmes gens d'un siècle passé. Nos murs ont été un jour, ceux d'une même maison, ils ont la même épaisseur, et sont faits de ces mêmes briques, pas toutes bien cuites.

Aujourd'hui, je n'ouvre ma porte que dans certaines conditions, lorsque je reçois, lorsque je rentre chez moi, lorsqu'on sonne à la porte. J'ai beau habiter un petit village, mon salon n'est pas la place publique.

De même, je ne connais pas tous les salons de la place communale, j'en connais certains, lorsque j'y suis invitée, ou bien parce qu'un soir de frénésie culinaire, il me manquait un oeuf pour ma délicieuse mousse au chocolat ou mon cheese cake à faire fondre n'importe quel(le) ami(e) sucré(e).

De l'autre côté du mur, j'entends bien qu'il y a une vie, des portes claquent, des voix s'élèvent parfois, les voitures vont et viennent, les lumières s'allument et s'éteignent. Lorsque la soirée est mouvementée, il nous arrive, avec le Prince, de nous imaginer une scène ou l'autre, on en rit et on oublie. Le lendemain, si nous croisons nos voisins, nous avons la discrétion de ne rien dire, de faire comme si rien ne s'était passé, comme si nous n'avions rien vu, rien entendu. Pour préserver des liens de bon voisinage, on évite de se fâcher, on garde l'église au milieu du village, en quelque sorte...

De peur de passer pour des gens trop curieux, pour des gens "envahissants" qui se mêlent de choses qui ne les regardent pas, on ferme les yeux sur pleins de broutilles. Mes voisins sont charmants, calmes et respectueux. Mais j'aurais pu être la voisine de ce père qui, mardi après-midi, pour corriger son enfant âgé de 8 ans d'avoir volé 3 euros à l'école, l'a plongé dans un bain glacé, avant de l'ébouillanter pour tenter de le réanimer.

Ce gamin va certainement s'en sortir, il gardera des séquelles physiques de ces mauvais traitements, il composera demain et les jours suivants avec des blessures psychologiques immenses, il devra à nouveau trouver la force pour faire confiance à un adulte sensé le protéger et l'aimer. Ce père et cette belle-mère seront poursuivis pour coups et blessures volontaires et tortures sur un mineur sur lequel ils avaient autorité.

Ce père passait aux yeux de ses voisins pour un père aimant, qui jouait beaucoup avec ses enfants dans le jardin. Pourtant, derrière ses murs, l'horreur battait son plein.

Ce soir, je pense très fort à ce petit garçon qui, aux dires des médecins, s'est battu pour survivre.

jeudi 4 octobre 2007

Avec des si...

Imaginons 30 secondes que vous soyez à un dîner gastronomique, en compagnie de qui vous voudrez, et que vous ayez à faire le choix parmi les 3 propositions suivantes :




  • un morceau de pain tendre et croustillant pour accompagner le repas
  • un verre (ou deux) de bon vin millésimé
  • un délicieux dessert
Certes, c'est une fameuse institution que le pain, celui qui sert à saucer, à patienter, à faire durer une entrée, un plat exquis, parfois encore chaud, parfois fait maison. Le croustillant, la fraîcheur du pain témoigne souvent du détail que l'on veut apporter au repas.

Le vin, des milliers de bouquins, de sites, d'articles parlent de cet étrange breuvage qui donne corps au repas, qui révèle les saveurs et accompagne le salé, comme le sucré.
Mais le dessert, cette touche sucrée et subtile qui clôt le repas, cette conclusion parfaite, le point final d'un roman qu'on a dévoré en quelques heures, le dessert, c'est aussi la fête des saveurs...

Pain - vin - dessert, vous l'aurez compris, je choisis le dessert, sans aucune hésitation. J'aime le pain, j'apprécie le bon vin, mais si je devais choisir, j'oublie le pain et je m'offre le luxe d'une eau gazeuse pour avoir le plaisir immense de goûter au bonheur du dessert...
Pas vous ?

mercredi 3 octobre 2007

Je recolle ou je rempile ?

Au dîner:
"Mamaaaaaaaaaaaan, ma tartine s'est cassée, elle est tombée dans la sooouuuuuupe..."
"C'est pas grave, ma chérie, tu prends ta cuillère et tu vas pêcher le pain, et hop, tu le mets en bouche !"
"Naaaaaaaannnnnnnnnnnn, je veux pas le pain dans la soupe, naaaaaannnnnnnn" pleurniche MM1.
"Bon, écoute, je vais enlever le pain de ta soupe, et tu continues à manger ta tartine et ta soupe, OK?"
"Naaaaaaaannnnnnnnnnnn, je veux que tu recolles ma tartine !"

*******
Au petit-déjeuner:
"Tiens ma chérie, une tartine pour toi, tu vois, j'ai enlevé les croûtes, comme ça, tu peux tout manger".
"Non, je veux pas cette tartine."
"Il n'y en aura pas d'autres, si tu ne manges pas ta tartine, tu n'auras rien d'autre, tu m'entends ?"
"Oui, mais je veux que tu la recolles, je voulais pas que tu la coupes en deux"

*******
Matin-midi-soir:
"Je veux plus de soeur, je veux un frère."

Des 3 situations, je ne sais laquelle me stresse le plus, le soir après une journée bien remplie, le matin, toujours en retard, ou cette demande constante de petit frère. Cela dit, quand j'explique à MM1 que je suis déjà bien occupée avec mes 2 filles et que mon ventre est un peu cassé, elle comprend tout-à-fait et me répond qu'elle veut bien porter le petit frère dans son ventre. "Ben oui, je suis grande, moi, maman !"

Si ce n'est que ça, hein !!!

mardi 2 octobre 2007

Patate tiède, oui !!!

Mémère est très polie, quand on l'invite, elle répond toujours. Même si c'est virtuel. Merci Khalam !

1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne.
"vous paraît-elle raisonnable?" (Grangé, Le vol des cigognes)

2) Sans vérifier, quelle heure est-il ? 21h50

3) Vérifiez.
21h46

4) Que portez-vous ?
Oserais-je ? Pijama - Chaussons - Gros gilet très vieux rien que pour trainâsser devant la télé...

5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Dr House

6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur ?
Dr House à la télé, MM2 dans le baby-phone.

7) Quand êtes-vous sortie la dernière fois, qu'avez-vous fait?
Dîner au resto avorté pour cause de belle-mère qui baby-sittait et ne répondait pas au téléphone.

8) Avez-vous rêvé cette nuit ?
Oui, mais pas assez longtemps.

9) Quand avez-vous ri pour la dernière fois ?
Ce soir, au dîner. Soupe et sandwich. MM1 est tellement déconcentrée, elle parle au chien, nous raconte sa journée, tricote de ses deux mains, le tout en mangeant la soupe. MM2, a déjà fini son pain et regarde bizarrement sa soeur, quand tout à coup, elle chope le pain de sa soeur qui n'a rien remarqué, et le fourre entier dans sa bouche. Ni vu, ni connu.

10) Qu'y a-t-il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Une espèce de cire sur un plâtre spécial... bref, un délire très cher de femme "en attente d'être enceinte".

11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Un commerce

12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Gné ??? Un film entier ? Le générique du début, peut-être...

13) Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui?
Non, mais j'ai eu du mal à ouvrir les yeux, donc peut-être n'ai-je pas bien regardé...

14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Pas terrible

15) Dites-nous quelque chose de vous que ne savons pas encore.
Mes stagiaires me surnomment "le sphinx"

16) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?
J'ai 2 filles, ça suffit.

17) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon ?
Sacha ou Vadim

18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?
Oui.

19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
Regarde-les, tu vas pouvoir veiller sur eux...

20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
La malbouffe, la surconsommation

21) Aimez-vous danser ?
Pas trop, mais je ne déteste pas non plus.

22) George Bush ?
Une vision plutôt manichéenne de l'Histoire

23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
Dr House

A ce stade, je trouve la patate vachement ramollie et plutôt froide, donc on la file au chien ?

You've got mail

Après quelques jours de congé, il est temps de reprendre le chemin du boulot. Le premier geste que je fais en arrivant à mon bureau, est d'allumer l'ordinateur et ouvrir ma messagerie. Comme après chaque congé, les e-mails arrivent, plus ou moins rapidement, en fonction des pièces qui y sont jointes.

Je suis toujours étonnée de voir le nombre de messages en à peine quelques jours. Machinalement, je fais défiler rapidement les e-mails, me demandant lequel je vais ouvrir en premier.

Mon tri reste inchangé. Celui qui attire le plus mon regard, c'est l'e-mail "surprise" d'une vieille connaissance, ou d'une amie chère partie très loin et qui ne donne que rarement de ses nouvelles. J'ouvre l'e-mail avec la même excitation que je déchirais jadis l'enveloppe qui contenait une longue lettre d'un de mes rares amoureux … Mes yeux brillent en lisant le message toujours trop court, toujours trop bref et je m'empresse de regarder si des photos sont jointes, histoire d'avoir l'impression de toucher du doigt des gens partis trop loin.

Je lis avec le même bonheur des nouvelles de gens pourtant proches de nous, géographiquement parlant, mais les multiples événements font qu'on ne se voit que trop rarement, alors qu'on partage le quotidien par des tas de procédés de communication très élaborés, il nous manque juste ce temps pour se coller des bises, et boire un thé ensemble, ou manger un bout de quiche. Et d'ailleurs, lorsque ces dames causent plannings pour trouver enfin un samedi soir de libre en commun, cela nous reporte toujours trop loin.

Je commence donc mon retour dans la vie professionnelle par la lecture des nouvelles de mes amis, loins ou proches, mais présents dans mon cœur.

Puis, immanquablement, je recommence à faire défiler les autres e-mails et supprime sans même les lire, les messages de publicités que ma fonction me conseille pourtant de regarder.

Restent alors les vrais messages professionnels, ceux qui doivent être lus, retenus, classés et qui, souvent, nécessitent une réponse. Là aussi, je me suis surprise à établir une échelle de priorités, qui n'a absolument rien à voir avec ma hiérarchie d'ailleurs. Je lis et je réponds en fonction de la relation que j'entretiens avec la personne, de la proximité de cette relation. Je faisais cela instinctivement, pensant au contraire faire cette tâche d'une manière tout-à-fait professionnelle, en fonction de la date d'arrivée du message, ou du grade hiérarchique de l'expéditeur, ou encore du dossier brûlant en cours…

Cela dit, même consciente de mes "choix inconscients", je ne compte absolument pas changer de méthode…

lundi 1 octobre 2007

Contre moi

Ca fait bientôt vingt heures que je suis debout, vingt heures à tenir debout, à imaginer en silence le doux moment où je pourrai enfin me glisser sous les draps et m'abandonner à Morphée.

Mais là, tu t'es réveillée. Machinalement, je t'ai collée contre mon sein, geste archaïque d'une mère pour calmer son enfant. Tu es brûlante. Je n'ai pas besoin d'un thermomètre, j'imagine que tu dois avoir passé la barre des 39. Tu gémis, tu pleures, et moi, dans la pénombre de la chambre où nous dormons tous, je te berce d'un mouvement aussi inné que le fait de respirer.

Je suis pourtant mal installée, sur le bord du lit. Au bout de quelques minutes, mes muscles s'engourdissent, et deviennent tout endoloris. Ma main sur ton flanc est parsemée de picotements, mes épaules sont douloureuses, mes yeux se ferment, mon esprit essaie de rester concentré dans le silence de la nuit. Je continue de te bercer, inlassablement.

Je sais que malgré la douleur que je devine dans ton petit corps, tu vas te rendormir. Ca prendra du temps, mais à force de bercements légers et ininterrompus, le sommeil te gagnera. Mais quand ? Les minutes semblent longues, très longues. Il me suffit de penser à demain, à la journée qui nous attend pour verser une petite larme d'épuisement. Je voudrais tant récupérer quelques heures. Mais je sais plus que tout qu'un enfant malade a besoin des bras de sa mère. Je sais qu'un enfant fatigué par la lutte intérieure contre les virus et microbes a besoin de son foyer pour guérir et des genoux de sa mère pour pleurer.

Alors j'attends. J'attends que tu te rendormes paisiblement, pour 30 minutes ou 1 heure, et je sais que je ne dormirai que d'un oeil, et d'une oreille, l'autre sera à l'affût de ta respiration, de tes gémissements, de tes pleurs. Et je recommencerai, à te bercer, à te câliner, à te murmurer combien je partage cette douleur qui t'empêche de dormir.

Au petit matin, les yeux brillants de fièvre, tu parviens encore à sourire, à rire, à jouer, et moi, je regarde le fond de ma tasse de café, me demandant s'il faut rire ou pleurer.