samedi 29 septembre 2007

Actualité oblige...

On l'a tous remarqué, on ne parle plus que de ça, même MM1 danse sur certains hymnes, je parle, bien entendu, de la coupe du monde de rugby.

Avant cet évenement, la seule chose que je connaissais de ce sport, c'était le calendrier des Dieux du stade, que je visionnais pour la qualité des photos, cela va sans dire. Aussi, j'aurais pu identifier le ballon, mais certainement aucun joueur, avec ou sans coiffure singulière.

Il faut l'avouer, tout cela a l'air plutôt bon enfant, les équipes sont soudées, les supporters plutôt sympathiques, cela change du foot, non ?

Là où les uns s'extasient devant le Haka des All Blacks néo-zélandais, d'autres devant la puissance des joueurs, je découvre des contrées lointaines et inconnues, telles le Royaume du Tonga. Et depuis, je m'interroge sur la langue parlée par les habitants de ce Royaume. Parce qu'outre l'anglais, on parle tongien, tonguien ou tonganais ? Et les habitants, sont-ils des tonguiens, des tongiens ou des tonganais ?
Bref, si j'en crois les médias, personne ne sait, parce qu'à les entendre, on dit "un peu ce qu'on veut". Et si j'en crois Internet, chaque site, ou presque, a son opinion. Alors, si jamais vous saviez, vous, comment s'appelle un habitant du Royaume du Tonga et comment se nomme la langue qu'il parle, et bien, n'hésitez pas à m'en faire part, vous aurez ainsi contribué à enrichir ma culture générale.

vendredi 28 septembre 2007

Mémère au volant !

"Femme au volant, mort au tournant", "papy chapeau dans sa Twingo..." et j'en passe ... c'est fini ! Ter-mi-né !

Comme la plupart des gens au volant, j'ai l'habitude de commenter la conduite de mon voisin de bande de droite, du camion à gauche, des motards, bref, même seule dans la voiture, je me surprends à parler, à commenter, à souvent jurer, pire, faire des gestes, jamais grossiers, mais qui témoignent souvent de mon énervement, de mon agacement ou de ma rage face à ce que je considère "un comportement dangereux" sur la route.

Aujourd'hui sur l'autoroute, revenant de la mer du Nord avec les miss (toujours malades) à l'arrière, je me suis surprise à dépasser avec une très très large aisance une Porsche. Comme je ne m'intéresse absolument pas aux voitures qui n'ont pas la prétention de me ramener d'un magasin Ikéa où j'aurais passé quelques heures avec comme seul achat sur ma liste des nouveaux coussins pour le canapé, sans compter les inombrables achats connexes absolument pas prévus et ô combien absolument incontournables, je n'ai pas du tout fait attention à ladite voiture de course.

Sauf qu'une fois derrière moi, j'ai reconnu la voiture en question. Et en bonne mémère au volant, me voilà à me questionner sur le fait assez décalé de conduire une voiture qui a la réputation d'être rapide à la manière d'un "papy chapeau..."

Papy chapeau veut-il peut-être admirer le magnifique paysage des Flandres occidentales ? Des kilomètres de champs peuplés de quelques vaches broutant sous la pluie, de temps en temps une ferme, ou une entreprise, et ça ou là, un club d'éoliennes se tenant la main.

A moins que Papy chapeau n'ait prêté son joujou à Mamy chapeau, et que celle-ci n'ait pas trouvé la 5e vitesse ?

Ou encore, Papy chapeau s'endort au volant. Non, impossible, la voiture tient la distance, reste bien en dessous de la limitation de vitesse, mais avance à vitesse constante, malgré tout.

Je suis tentée de ralentir et d'attendre la Porsche afin de satisfaire ma curiosité, mais je suis pressée de rentrer et de passer Bruxelles avant les heures de pointe, alors je continue, en souriant, trouvant tout con d'acheter une voiture si chère pour ne même pas en profiter.
C'est que j'aime la route, j'aime conduire, j'aime aussi avancer, prudemment.

Quelques vingt kilomètres plus tard, me voici à mon tour dépassée par la Porsche ! Je la voyais remonter la bande de gauche, à une vitesse nettement plus soutenue que précédemment. La voici à ma hauteur, qui me dépasse enfin, et bêtement, je souris à l'idée de "rencontrer" Papy chapeau et madame...

Alooors ?

Papy chapeau voyageait non pas avec sa dulcinée, mais avec un autre Papy chapeau, tous deux ne devaient pas avoir 30 ans, avaient tout du look "jeune cadre dynamique". Ils ont filé telle l'étoile dans la campagne flamande, devant mes yeux amusés de mon voyage mental au pays des clichés.

lundi 24 septembre 2007

Cendrillon se fait la malle ...

quelques jours, prendre l'air, avec ses Miss, mais sans le Prince.

La mer du Nord, fin septembre, une météo plutôt tristounette, j'ai prévu de la lecture que je ne terminerai pas, ou que je ne commencerai même pas, j'ai aussi embarqué une vingtaine de grilles de sudoku, réservées pour les longues soirées sans Internet.

C'est là que je me dis que je suis devenue accro du net, je fais partie des gens qui trouvent quasiment tout sur Internet, qui regardent d'abord sur Internet avant de demander à ses voisins, et c'est pas faute de les voir.

Je serai donc là, vendredi. Souhaitez-moi bon vent (il y en aura, c'est sûr !) et bon courage, j'emmène 2 miss malades.

Portez-vous bien.

dimanche 23 septembre 2007

Vache à lait

Il y a un petit mois, j'ai reçu une petite carte dans ma boîte aux lettres, m'invitant à me présenter au plus tard ce lundi à la commune de ma ville, munie d'une photo aux normes, de la présente convocation et de la somme de 12,50 euros.

Ma précédente carte d'identité m'a été délivrée il y a 5 ans à peine, carte que j'ai payée, bien entendu, et qui est valable encore 5 ans. Mais aujourd'hui, on passe à la carte d'identité électronique. Il faudra un lecteur spécial pour lire la puce qui dira tout sur moi : domicile, âge, profession et qui sait, si je paie mes impôts, si j'ai un casier judiciaire, si je suis malade et à qui je suis mariée, si j'ai 3 ou 4 enfants, et qui est leur père.

Trouver un photo-maton dans une petite ville de province relève de l'exploit : la seule surface commerciale qui en avait un a déclaré forfait, à cause du vandalisme. Mais, Madame, le photographe fait des photos d'identité. Oui, merci, je m'en doute, mais pas au même prix.

Et puis, pour une carte d'identité, il faut 1 seule photo, mais récente, et moi, ma tronche d'il y a 5 ans, ben, c'est plus la même, enfin, si, mais pas tout à fait. Et le photographe, comme le photo-maton d'ailleurs, fait 4 photos d'identité. Ce qui en fait 3 de trop, parce que personne ne veut des 3 dernières photos. Ce qui me fait dire que j'accumule dans une grosse enveloppe des jeux de photos d'identité où il en manque une. Et j'en fais quoi ? Rien, je garde, au cas où, j'en aurais besoin d'une. Mais j'en ai jamais eu besoin.

Voici vos photos, Madame, ça fera 12,20 euros. Si je compte bien, renouveler ma carte d'identité pas encore périmée m'aura coûté 24,70 euros, 1 heure de temps, et j'ai appris, by the way, que j'allais recevoir par la poste, des codes secrets (puk et pin) que je devais garder et ne jamais jeter, parce que si je perds le code puk, je suis bonne pour repayer 12,50 euros pour une nouvelle carte.

"Yapluka" espérer que la maison ne brûle pas, ou moins grave, que je ne range pas trop bien ces codes secrets afin de pouvoir aisément les retrouver, parce qu'il paraît que ça bugue parfois, les cartes d'identité électroniques, et qu'elles se bloquent. Tiens donc !?!

Le Prince, qui n'est pas belge, n'a pas autant de contraintes identitaires, lui...

vendredi 21 septembre 2007

Cendrillon voyage dans sa tête

Il m'arrive très souvent de voyager, que ce soit en regardant un magnifique livre de photos, un reportage à la télévision, un blog d'expatriés. En parcourant ces paysages extraordinaires, en lisant des aventures palpitantes, je me dis tout bas que moi aussi, j'aimerais vivre cela. Voir ça. Etre là-bas, avoir mon coeur qui palpite devant un coucher de soleil sur la Muraille de Chine, apprendre l'histoire d'un temple bouddhiste perdu au fin fond du Tibet, marcher des heures durant pour voir l'unique maison restée intacte après un tremblement de terre, me promener sur un site inca, humer l'air et la terre de Patagonie, boire le thé dans un igloo, voir un geyser, et de la lave de volcan ...

Parce qu'en théorie, j'ai l'âme voyageuse, j'adore rencontrer des gens, j'adore les écouter, j'adore communiquer, mimer quand il faut, j'adore visiter (et surtout savoir ce que je visite), je supporte très bien la chaleur, l'humidité, mais moins le froid, j'adore manger, goûter, apprendre des traditions, comparer, j'adore être surprise par la beauté d'un vol de cigognes, par des rizières, par des chutes d'eau.

Mais ... Parce que oui, il y a un mais, même deux :

  • j'ai un énorme problème avec les animaux
  • j'ai un autre énorme problème avec les toilettes
Les animaux, c'est pas encore trop grave, sauf que si on me dit que dans la case où je dois dormir, y'a un rat qui se balade, je suis sûre de vomir de dégoût et de pleurer ma mère pour rentrer. Le plus beau des couchers de soleil se transformera aussitôt en cauchemar absolu.

Je me rappelle de mes toutes premières vacances dans un pays du Maghreb, lorsque j'ai découvert l'existence du scorpion, de tous ses attributs et les conséquences d'une piqûre. J'ai eu un mal fou à oter mes chaussures pendant plusieurs jours et chaque fourmi géante que je croisais me faisait peur.

Une telle phobie des animaux/insectes/reptiles/volatiles est quand même hyper handicapante pour réaliser un tour du monde.

Quant aux toilettes, il suffit de cliquer ici pour comprendre tout mon malaise, un paysage sublime pour des toilettes minimales. Il m'aura fallu presque 25 ans pour oser aller aux toilettes dans un lieu public, et encore, pas plus qu'une fois par an, parce que l'habitude aidant, j'ai appris à me retenir pendant des heures. OK, c'est pas très bon, mais bien pratique avec des enfants pot-de-colle comme les miens.

Bref, l'âme voyageuse oui, aventurière non. Et vous ?

jeudi 20 septembre 2007

Mots doux

Ballon rouge, je bouge.
Ballon vert, j'espère.
Ballon bleu, je veux.
Ballon noir, au revoir.




Hier, nous avons surpris notre poulette en train de réciter sa toute première comptine.

Mon coeur de maman s'est serré très fort, et j'ai senti une immense bouffée d'émotion m'étreindre. C'est qu'elle grandit, doucement, mais sûrement.

Avant d'aller se coucher, elle est venue se blottir tout contre moi, et me raconter pour la 10e fois qu'avant, sa soeur, son papa et elle-même étaient tous dans le ventre de maman.

J'ai beau essayer de démentir, rien n'y fait, je crois que ça la rassure d'imaginer qu'il existe un endroit au chaud, où nous sommes tous réunis. Alors je l'ai laissée s'inventer cet avant qui l'intrigue tant. Je l'ai laissée rêver, encore un peu, et je n'ai rien dit, j'ai juste continué à lui caresser les cheveux et lui dire combien je l'aime.

Et puis, j'ai regardé mon ventre, soulagée qu'il n'ait pas porté 3 êtres, certes adorés, en même temps.

mercredi 19 septembre 2007

Palme d'or pour Marie-France

Ting Dididing ... fait mon téléphone portable.
"Allo ? Madame Cendrillon ?"
"Oui, c'est bien moi"
"Vous êtes bien la maman de MM2?"
"Oui"
"Bonjour Madame, je vous téléphone de la société JePhotographieVotreEnfant, nous étions venus photographier votre bébé à la maternité et pour vous remercier de votre fidélité, nous aimerions vous offrir un portrait de votre enfant."
"Je me souviens parfaitement, j'aime beaucoup votre travail, je suis très intéressée par votre offre."
"Madame, notre photographe est dans votre région demain midi, cela vous conviendrait-il ?"
"Non, je suis désolée, je travaille à temps plein, je ne rentre pas avant 18h00, et je ne pense pas que ce soit la meilleure heure pour photographier mes enfants déjà bien difficiles après une longue journée"
"Aaaaaahhhhh bon, et avez-vous d'autres disponibilités ?"
"Ecoutez, justement, je suis en congé lundi. Le photographe pourrait-il venir lundi après-midi ?"
"Attendez, je regarde ... Madame, les horaires ne sont pas encore faits, je ne peux donc pas vous répondre. Sinon, ce jeudi, vous êtes libre?"
"Heu, mais vous ne m'avez pas bien comprise, il me semble... Je vous ai dit que je travaillais, je ne peux absolument pas prendre congé au pied levé, vous saisissez?"
"Attendez, je vais demander à ma responsable"

La cake demande à sa chef, j'entends toute la conversation. Il m'est impossible de retranscrire la voix de cette femme, mais je vous assure qu'elle est mielleuse à souhait, et qu'elle reflète le QI d'une huître, ni plus, ni moins. Mais Marie-France a l'air gentille, alors je reste gentille aussi. Cela s'appelle "s'adapter à son interlocuteur".

La responsable lui répond aussitôt : "M'enfin Marie-France, j'en sais rien, moi, si le photographe sera dans la région de Madame lundi, les horaires ne sont pas faits."

On n'a donc pas avancé d'un iota, mais c'est pas grave, Marie-France aura tout tenté. Elle me propose alors de me rappeler jeudi. Je lui suggère alors de me rappeler quand les horaires seront établis, et surtout si le photographe passe lundi dans ma région. C'est bon, on a l'air de bien se comprendre, on raccroche.

Dur, dur, Marie-France. Il était 14h00.

Il est 17h30, je suis sur le chemin du retour, presqu'arrivée à la garderie pour récupérer MM1, quand ... Ting Dididing, mon portable sonne à nouveau. Je suis persuadée que c'est le Prince qui m'appelle, m'annonçant un retard de train, un métro bloqué parce qu'une petite vieille a été poussée par un jeune délinquant sur la voie, ou bien qu'il est bloqué au bureau jusqu'à pas d'heure, me laissant seule avec les filles fatiguées, devant mon frigo vide et mon imagination culinaire en berne.

Et bien non, c'est Marie-France, je reconnais immédiatement sa voix, toujours aussi mielleuse...
Elle me refait le même laïus, mot pour mot. J'en revenais pas ! Je l'arrête, car je conduis, et que malgré le kit mains libres, c'est pas vraiment le lieu pour discutailler du portrait de ma fille. Je lui rappelle qu'elle m'a déjà appelé, qu'elle peut donc me rayer de sa liste. Rien n'y fait, elle ne voit pas de quoi je veux parler. Et pour montrer ma bonne foi, j'insiste, je lui dis même que je connais son prénom, à savoir Marie-France, et là, cerise sur le gâteau, elle s'exclame :

"Mais !!!! Comment vous savez ?????"

mardi 18 septembre 2007

Persona non grata

Vous vous souvenez, il n'y a pas si longtemps, j'ai eu un accès de "compulsionite aiguë", me décidant à braver la foule pour me rendre, en pleine semaine, dans ce grand-magasin-de-meubles-suédois-qui-coûtent-pas-chers, afin de remplacer un vieux tapis par un flambant neuf !

Quelle idée de génie j'ai eu ce jour, en me décidant pour un tapis synthétique super pratique à entretenir et rayant par cet acte toute possibilité de "compulser" sur un magnifique tapis d'orient, ou sur un de ces nouveaux tapis-spécial-pieds-doux-peaux-sensibles-bio-100%-laine-de-lama.

Parce que si vous nous aviez à votre table, vous comprendriez mon trouble.

MM1, à quelques 33 mois, commence tout juste à manger proprement. Jusqu'ici, je dois avouer que le chien appréciait les "miettes" tombées de la cuillère à l'insu de tous. Le résultat était que chacun y trouvait son compte : moi qui ne devais pas ramasser le surplus de l'assiette, MM1, convaincue et fière d'avoir mangé toute son assiette, et le chien, qui d'ordinaire n'a droit à rien d'autre que sa portion de croquettes-spéciales-chiens-allergiques.

Avec MM2, la guerre est déclarée.
Ce petit clown haut comme 3 pommes 1/4, qui arbore fièrement 3 mots à son vocabulaire, s'avère un véritable danger à table. En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, la miss réussit à renverser un bol de soupe, un verre d'eau, à recracher tout ce que je venais de lui mettre en bouche.

Ceci non pas parce que mon plat ne plaisait pas à ma descendance, mais bien parce que cette enfant bien sous tous rapports, a décidé de manger toute seule, et de n'avaler que ce qu'elle aura mis elle-même dans sa bouche, à l'aide d'une cuillère, s'il vous plaît. Le résultat de cette prise d'autonomie est dramatiquement chronophage : je suis obligée de passer l'aspirateur après chaque repas, et ce, plusieurs mètres autour de la chaise de la principale responsable.

Parce que même le chien n'est pas habitué à tant de rabe, et me laisse donc, seule face au carnage alimentaire sur le tapis heureusement pas trop cher.

Dire que si j'avais écouté de bien pensantes personnes, j'en serais à lui coller un bon gros biberon bien rempli de farine-pour-bien-dormir dans le gosier, de quoi est-ce que je me plains ?

lundi 17 septembre 2007

Maisons closes, portes ouvertes

En Belgique, il y a le Manneken Pis qui ravit les petits comme les grands, il y a de la bière qui coule à flots, il y a des frites, des gaufres de Liège, des cuberdons, des chokotoff et une politique très compliquée.

On a aussi une vue particulièrement dégradante de la prostitution. A Bruxelles, et je suppose que dans d'autres grandes villes du pays, c'est la même chose, les prostituées sont "rassemblées" dans un, voire deux quartiers chauds. La rue principale d'un de ces quartiers est d'ailleurs souvent embouteillée, quelle que soit l'heure du jour, ou de la nuit.

Les femmes sont, pour la plupart, assises "en vitrine". Ainsi, elles trônent, devant une vitre, trop maquillées et peu habillées. On devine le mobilier derrière le rideau qui sépare la vitrine du lieu de la rencontre.

OK, elles sont "au chaud", je devine qu'il est plus aisé de se faire une tasse de café dans ces conditions que dehors sur le trottoir, j'imagine aussi que leur sécurité est bien mieux assurée dans leurs lieux que livrées en pâture aux horreurs de la nuit et de la rue. Mais encore faut-il savoir qui assure quoi.

En province, la même prostitution existe, les femmes en vitrine ornent les routes nationales, entre une station service, un supermarché et une maison bourgeoise.

Si le supermarché est rarement avare d'enseignes commerciales en tout genre, les maisons closes détonnent aussi avec les tubes de lumière noire qui mettent en avant les dessous fluorescents de ces dames. C'est souvent le seul endroit d'une route limitée à 90 km/h où on n'arrive pas à les atteindre tellement les coups de frein sont monnaie courante.

Pour me rendre sur le lieu de mon travail, j'ai le choix entre prendre des petites routes de campagne et arriver 40 minutes en retard, ou emprunter les nationales et l'autoroute et gagner ainsi un temps considérable. Je passe donc, sans freiner, cela va de soi, tous les jours, matin et soir devant ces maisons closes pas si closes, et ne peux m'empêcher de trouver affligeante, l'image de ces femmes en vitrine, telle la viande sur l'étal de mon boucher.

Et l'incessante question qui me turlupine depuis longtemps : que vais-je dire à MM1 lorsqu'elle me demandera "Maman, pourquoi les madames elles sont presque toutes nues devant tout le monde ?"
D'habitude, je trouve toujours une réponse adaptée à son âge, mais là, je sèche...
Bref, dans l'expression "faire du lèche-vitrine", j'ai du mal à penser shopping uniquement !

dimanche 16 septembre 2007

La paix, bord*l !

C'est vrai quoi ...
Je me demande vraiment pourquoi, mais pourquoi diable, mes filles accourent dans mes pattes à chaque fois que je veux aller aux toilettes !?!

Pourquoi ? Alors que 2 minutes plus tôt, elles jouaient tranquillement aux cubes, à la poupée, à dessiner ou à déchirer un bouquin en planquant les bouts de papier sous le tapis, pourquoi doivent-elles se pointer dès que j'ouvre la porte des WC ?

"Mamaaaaaaaannnn, je peux avoir un bonbon ?"
"Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa..." (MM2, au vocabulaire encore restreint)
"Maman, j'arrive pas à faire mon puzzle"
"Maman, il est où papa ?"
"Maman, qu'est-ce que tu fais ?"
"Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa..." (MM2, au vocabulaire toujours restreint)

A force de me retenir, je suis sûre d'avoir un périnée de compétition, mais c'est une bien maigre consolation pour une femme qui n'en aura plus jamais l'usage !

vendredi 14 septembre 2007

Cendrillon dans ses bottes !

A 6 heures du matin, c'est déjà le branle-bas de combat chez Cendrillon : on se bat pour habiller MM1 qui veut absolument mettre son maillot de bain pour aller à l'école, on se bat pour faire tenir une couche à MM2 qui préfère se retourner au moment crucial du collage de celle-ci.

On se bat aussi contre la montre, on est tous les jours en retard, c'est qu'il faut partir tôt, et faire manger ces zouaves. Cendrillon a beau revisiter l'organisation de manière assez régulière, rien n'y fait, c'est la course tous les matins.

Et puis, il y a les impondérables qui ne nous étonnent plus : MM1 renverse le verre de sa sœur, MM2 fait pipi dans sa culotte, MM2 remplit sa couche à nous faire tous tomber dans les pommes, MM1 a perdu le mot "oui" de son vocabulaire.

Et donc, les jours passent et se ressemblent. On court, on court et on court. Sauf que cette semaine, il est arrivé ce qui devait arriver, Cendrillon s'est cassé la figure dans les escaliers.

Aussi glamour que la couche remplie, n'est-ce pas …

Ce matin-là, Cendrillon était un tout petit peu en avance et avait eu le temps de jeter un bref coup d'œil dans le miroir de la salle de bain. Et devant le triste constat que renvoyait le miroir, elle a décidé de troquer ses baskets, certes de ville et ô combien "tendance" pour ses bottes à talons. Et hop, au passage, un p'tit coup de maquillage, ça fera moins fatiguée, c'est sûr !!!

La suite, vous la devinez, non ? Tomber dans les escaliers, en avant, se prendre la marche dans le tibia, se rattraper in extremis sur les mains, en crispant le cou, les épaules et le dos. La chute terminée, il s'agit de reprendre ses esprits, parce que MM1 va débouler dans un quart de seconde, et MM2 fait déjà mine de se lever de sa chaise, et semble intéressée par le plongeon.

Chaque membre est douloureux, mais le coup sur le tibia est particulièrement pénible. Les larmes viennent aussitôt, calmant un tant soit peu la douleur cinglante.

La voilà qui arrive, ma MM1 : "Mamaaaannnnnnn, je veux pas manger mes proutes, je veux une autre tartine, Mamaaaaaannnnn, je veux pas manger mes proutes !!!!!"

"OK, ma chérie, ne mange pas tes croutes si tu veux pas, mais pitié, attends 2 minutes pour ta tartine, maman est tombée, elle a très mal, tu vois…"

"Où ça ? Là ? C'est pas grave, hein, maman. Tu viens faire ma tartine ?"

jeudi 13 septembre 2007

Merci Boris !

Boris Cyrulnik, dans une interview avec Antoine Spire (Le monde de l'éducation, mai 2001) a prononcé les mots suivants : "A l'époque où l'on n'a jamais si bien compris la relation mère-enfant, les nourrissons n'ont jamais été si seuls."

Paf. Prends ça dans la tronche, toi, mère moderne qui refuse de choisir entre son boulot dans lequel elle ne puise que des richesses, et ses enfants, la prunelle de ses yeux.

N'empêche, il a raison, Boris. Et son constat concerne toutes les mères, et ce, dès les premiers instants de vie de leur enfant.

Il suffit d'avoir expérimenté l'étage de la maternité d'un grand hôpital ou d'une petite clinique pour comprendre la folie des temps modernes.

"Vous comprenez, Madame, faut pas prendre votre bébé trop souvent, vous allez en faire un capricieux. Allons, allons, Madame, vous devez vous reposer, faut être en forme pour les visites de demain, hein, je vais prendre votre petit et le mettre à la pouponnière."

Et j'en passe.

Le bébé n'a pas encore ouvert les yeux que le gène de la culpabilité a déjà été transmis à sa mère. A l'heure où les relations familiales sont plus que précaires, une femme ne peut compter que sur elle-même, rares sont les familles actuelles qui entourent la femme nouvellement mère, et transmettent ainsi un savoir-faire, des valeurs, une culture.

Pour l'heure, les femmes sont seules, confrontées à la chute hormonale, à la montée laiteuse, dans la plus grande solitude et ne trouvent d'oreilles compatissantes qu'un personnel médical bourré de préjugés, de croyances et de pseudo-connaissances en "sciences maternelles".

Je pense à toutes ces femmes, qui ont vécu la maternité douloureusement.

mercredi 12 septembre 2007

Non, mon fils, tu n'iras pas à l'usine...

"Tu sais, mon fils, de mon temps, on n'avait pas autant de chance, ni autant de possibilités pour se sortir de la merde, mais toi, ce n'est pas pareil..."

Le fils, né fin des années 80, vient de terminer l'école secondaire, après avoir approfondi quelques années. Son père est ravi, c'est le premier fiston de la famille qui termine ses études.

Depuis qu'il est né, le père sent que son fils a du potentiel, il ne cesse de le répéter. A l'école primaire, il était parmi les meilleurs, sauf qu'il n'y a plus de classement, c'est démodé. Aujourd'hui, on ne note plus, on ne compare plus, chaque enfant a du talent, ils sont tous bons, ils sont tous les meilleurs.

Le père a cru les enseignants. Parce que dans sa pensée, le maître d'école, il dit vrai, il sait, il comprend et il voit l'avenir de ces enfants dont il a le destin entre les mains.

Alors le fils a grandi, avec une double mission, ne pas décevoir son père et ... ne pas décevoir son père. Il n'ira pas à l'usine, lui, parce que son père y laisse des plumes depuis bientôt 30 ans, et parce qu'il a été parmi les meilleurs à l'école primaire. Après, les choses se sont un peu gâtées, mais peu importe, le fils a toujours réussi à sortir vainqueur des maîtres, des contraintes, des efforts non fournis.

Et la mère dans tout ça ? Elle prie, bien sûr, elle rêve de voir son fils avec "un emploi stable". Un job sans horaires à pauses, un job au chaud, derrière un ordinateur, d'ailleurs son fils y est déjà tout le temps. Un job pour 40 ans, où la fidelité paie.

Le fils est venu me voir. Il était porté par son père, sa mère, sa famille entière. Sa seule motivation, "un emploi stable, dans un bureau", avec des acquis peu acquis et des connaissances "élémentaires-de-base-style-2+3=5" encore un peu limites ...

Si seulement ce fils avait grandi avec l'image d'un père fier d'aller bosser à l'usine, fier de son métier, fier de ses mains, fier de son savoir, fier de faire, de fabriquer, de réaliser. Si seulement ce fils avait pu suivre les pas de son père, je n'aurais pas eu à lui dire ce que j'ai dû lui dire, et qui a certainement laissé cette famille sans voix, tellement elle y croyait, en son fils prodigue.

mardi 11 septembre 2007

Cauchemar

Je ne me souviens plus comment on s'est quitté ce matin, si on s'est engueulé au sujet du pain, ou des enfants, ou si on s'est embrassé.

Je ne me souviens plus si on a parlé de ce qu'on allait manger ce soir, ou si tu rentrais plus tard.

Je ne me souviens plus si tu appelais l'entrepreneur, ou si je le faisais. Je ne me souviens plus s'il pleuvait ou si le ciel était bleu.

Je ne me souviens de rien, mais peu importe, car je sais que je ne rentrerai pas ce soir.

Je viens de terminer ma tasse de café, elle traine encore sur mon bureau. Comme d'habitude, machinalement presque, j'essuie la trace ronde laissée par la tasse sur mon bureau. Je n'aime pas les traces de café sur le blanc lumineux du matériau high tech de nos bureaux flambant neufs.

Mes collègues sont abasourdis. Tout le monde se regarde, tout le monde comprend peu à peu ce qui vient de se passer. Les ascenceurs sont bloqués, les couloirs sont remplis de fumée. D'autres gens, de parfais inconnus se ruent dans les escaliers, des linges devant la bouche, devant le nez, ils veulent descendre mais personne n'avance.

Je suis claustrophobe. Je sais qu'il faut fuir. Je sais qu'il me faut descendre, avec ces gens, au plus vite, mais je n'y arrive pas. Je me rassieds à mon bureau, seul endroit calme, connu, rassurant. J'ose un timide regard vers dehors, et je vois les corps tomber. Je suis en état de choc, mon instinct de survie est partagé entre me plonger dans la foule et m'isoler dans une armoire. Mon dieu, comment sortir d'ici ?

Je réalise que j'ai encore une connexion Internet. Ca marche ! Instinctivement, je compose l'adresse de la maison, et me mets à écrire. J'ai peur de téléphoner, j'ai peur de leur dire, j'ai peur de craquer, j'ai peur d'oublier l'essentiel.

Alors je l'écris, je leur dis combien je les aime, combien le temps me manque pour leur dire plus, mais qu'ils peuvent vivre sans moi, que les fondements sont posés, les bases sont solides, les enfants pourront grandir sans moi parce que je serai toujours un peu là, dans leurs valeurs, dans leurs souvenirs, dans leur confiance en eux.

Je ne me relis pas, je n'en ai ni le temps, ni la force. J'ai sûrement laissé des fautes de frappe, tellement l'angoisse qui m'étreint a engourdi mes doigts, mais tant pis. Je ne cesse d'espérer que les serveurs ne nous lâchent pas avant d'avoir acheminé ce message, pour que les miens puissent garder à tout jamais une trace de moi, savoir que je suis morte, quelque part dans ces gravas, mais que c'est à eux que j'ai pensé jusqu'à mon dernier souffle.

lundi 10 septembre 2007

Grand moment de solitude


Affirmation de MM1 dans la voiture :

"Mamy, c'est la femme de papa !"

Ce fut ma première crise cardiaque, la première d'une longue série.

dimanche 9 septembre 2007

De l'utilisation du 69...

Depuis que j'ai posé un orteil dans la blogosphère, je me surprends à surfer sur Internet différemment. Avant, j'utilisais l'outil essentiellement dans le cadre de recherches d'informations aussi diverses que variées. A quelques exceptions près, je ne prenais pas le temps de lire ce que "l'internaute lambda" avait à dire.

Depuis quelques semaines donc, j'accorde un oeil nouveau à la chose. Dans le cadre du boulot, il m'arrive très souvent de sourire à la lecture de certaines adresses e-mail, qui disons-le, ressemblent plus à une invitation pour un "dernier verre" qu'à un moyen de communication parfois professionnel.

C'est ainsi que surfant à droite, à gauche, sur différents sites, j'ai pu découvrir l'ampleur du phénomène "skyblog" et son lot d'intervenants aussi variés que bizarres parfois !

Je n'ai évidemment aucune preuve de ce que j'avance, ni aucune étude statistique sous la main, mais je suis étonnée de constater que le chiffre 69 occupe une place prépondérante dans les pseudos, voire les adresses e-mail de certains.

Je me suis donc demandé, innocemment d'ailleurs, quelle différence il y avait entre grosseteub@bidule.com et grosseteub69@bidule.com. J'entends bien que "grosseteub tout court" pouvait déjà avoir été attribué à un autre personnage, et qu'il faille choisir un numéro afin de se distinguer dans la longue queue des individus masculins avec un attribut sexuel important.
Mais tout de même, trop d'effet tue l'effet, n'est-ce pas ?

Chez les femmes, on retrouve également ce chiffre particulier, et je me doute que cela ait un quelconque rapport avec leur provenance du Rhône, pour les françaises, du moins. Ainsi, on retrouve une quantité de ysatis69, yeuxdebiche69, grosnichons69 et j'en passe...

Je me suis alors dit que ces hommes et ces femmes utilisaient Internet en vue de rencontres fugaces et intenses et qu'au moins ils affichaient clairement leurs intentions.

Que dire alors des alainfaitdelamoto69 ou des josianetricote69, hein ? Que ces gens-là nous communiquent, au travers de leur adresse e-mail, une double information, ou plutôt, un double hobby ?

Quoiqu'il en soit, si vos soirées et week-end sont réservés à la chasse aux rencontres dites chaudes, n'oubliez pas de troquer votre adresse e-mail dans votre CV dès le lundi matin, ça fera moins mauvais genre !

Sur ce, m'en vais boire un p'tit café, ma nuit trop courte a du mal à passer ...

vendredi 7 septembre 2007

Malaise

Assise sur le muret du parking de la cour d’une petite école d’une petite commune d’un petit pays minier, une petite fille, qui devait avoir 5 ans tout au plus, me regardait, les yeux tristes.

Ce mardi, c’était distribution de vivres après l’école. Peu à peu, les gens sont arrivés, les sacs vides, ils se sont mis en rang, docilement, face à la petite porte sur le côté de l’école. A 17 heures, la porte s’est ouverte, la distribution a commencé.

La petite fille aux cheveux blonds comme les blés, au visage tout pâle, presque transparent, et aux yeux gris, me fixait, en attendant que ses parents aient fini de charger les sacs de nourriture. Son visage était sale, ses mains noires, ses vêtements usés.

L’école est située dans la rue où habite la femme à qui je confie mes enfants pendant la journée. Je sortais de ma voiture, qui loin d’être un carrosse, devait y ressembler, aux yeux de cette enfant aux cheveux blonds, aux yeux gris, au visage et aux mains sales.

J’ai eu du mal à regarder la misère en face. Parce que, dans l’éducation que j’ai reçue, on détourne les yeux quand on n’a pas envie de voir. Mais là… cette enfant avait besoin que je la voie.

Une espèce de boule est venue se loger au creux de mon estomac de privilégiée, et j’ai eu envie de la prendre avec moi, bêtement, de la laver, de lui peigner ses cheveux blonds comme les blés, de voir une petite flamme de vie dans ses yeux tristes, j’ai eu la nausée de penser que tous les enfants n’étaient pas aussi choyés que les miens.

Dans l’éducation que j’ai reçue, on juge aussi très facilement, aussi facilement qu’on détourne les yeux, d’ailleurs. Pourquoi faire un enfant quand on ne peut même pas subvenir à ses besoins, pourquoi être égoïste à ce point, pourquoi ne pas le confier, pourquoi, pourquoi et pourquoi…

Mardi, je me suis fait violence pour ne pas me poser de questions, d’accepter juste d’être triste et non révoltée, et de me dire que les parents de cette petite fille aux cheveux blonds et aux yeux gris, sont certainement, à ses yeux, les meilleurs parents du monde, même pauvres, même sales, même seuls.

On vit dans une drôle de société.

jeudi 6 septembre 2007

Burned out ?

Si j'en crois Wikipédia, le burn out est le syndrôme d'épuisement professionnel. Le stress du quotidien, le sentiment d'être bouffé tout cru et un jour, on ne sait plus se lever, c'est terminé, on arrête tout, c'est la douche froide.

A entendre les conditions de travail de certains, c'est évident que je suis une très grande privilégiée. J'ai finalement beaucoup de fatigue, mais peu de stress. Je n'ai aucune difficulté à refuser une demande, lorsque je pense ne pas être en mesure de l'assumer, je n'ai aucun mal à dire "non" malgré des supplications, je n'ai aucun mal à renégocier ce qui était décidé fermement. Sans haine, sans rancoeur, mais au contraire, pour le bien de tous.

Mais là, il faut l'avouer, je me sens comme l'équilibriste sur son fil. Il sait ce qu'il fait, il sait ce qu'il a à faire, il sait la distance qui lui reste à parcourir, et pourtant, il peut tomber, à tout instant. Un faux pas, une crampe, une gêne quelconque et la chute se dessine.

Je ne suis donc pas "burned out" à proprement parlé, mais épuisée, oui. Pas par le boulot, mais par tout. Pourtant, j'adore mon activité professionnelle, j'adore mes enfants, mon mari, mon foyer, j'ai voulu tout ça, je n'échangerais ma place pour rien au monde, mais quand même, c'est dur.

Presque 2 ans sans une seule bonne nuit, un boulot temps plein, 2 enfants en bas âge, une maladie chronique à gérer au quotidien, une famille compliquée, un ménage et des exigences minimales relativement haut placées, même si revues à la baisse.

J'ai tellement de retard dans tout que je ne sais plus par où commencer. Si seulement Cendrillon pouvait rester à la maison pendant que Mémère irait bosser ...

mercredi 5 septembre 2007

Nouveau chef, nouveau projet

Certes, je n'ai pas 25 ans d'expérience professionnelle, ni dans ma fonction atuelle, ni dans la précédente, ni même si je les cumule toutes. Mais je m'approche doucement de la première décennie. J'ai goûté aux joies et au stress du privé, aux joies et aux procédures du public.

Dans le privé, l'arrivée d'un nouveau chef est souvent signe de révolution, tout le monde scrute son visage en se demandant à quelle sauce on va être mangé, et si son arrivée est synonyme de changement d'équipe. Une fois les principales craintes passées, il faut se rendre à l'évidence : tout ce qui a été fait avant son arrivée est "à chier", ce qui fonctionnait très bien le lundi est à proscrire le mardi. On se dirigeait à droite, on change de cap, on repart à gauche. On achetait au Brésil, ce sera Madagascar. Point barre. Le chef a ses raisons, ses objectifs, ses stock options en jeu. Y'aura plus qu'à attendre sa mutation et son successeur.

Dans le public, les choses sont sensiblement les mêmes, mais il y a un facteur considérable en plus : le système. Un truc énorme, bien lourd, rempli d'incohérences et d'exceptions, rempli de bonnes et de mauvaises volontés.
Lorsqu'un nouveau chef débarque, on le connaît depuis plusieurs mois. Parce qu'en général, on devine déjà qui va être chef avant même que le prédécesseur annonce son départ. A croire que les choses s'inscrivent d'elles-mêmes.
Le nouveau chef, comme dans le privé, se doit d'ajouter sa touche personnelle, histoire de marquer son passage dans l'institution, de graver son nom sur le "walk of fame" du système. Seulement, lorsqu'il annonce les changements, il n'a, en général, pas encore les moyens de les faire, mais au moins, on est prévenu des intentions de changement, et c'est vachement rassurant. Lorsqu'un an plus tard, on voit débarquer de nouvelles choses, on se regarde entre collègues et on se demande ce qui nous arrive, là. Ce sont en fait les fameux changements dont on avait parlé, mais si, tu ne te souviens pas ? Faut juste que le chef lui-même s'en souvienne, de ses nouveaux plans.
Entre temps, les changements sont passés entre les mains des syndicats qui ont tout renégocié, et les changements du chef ne sont plus vraiment d'actualité. Une année passe et les projets prennent forme, les signatures sont apposées aux bons endroits, les sous sont débloqués, les moyens arrivent peu à peu. On commence à s'organiser, on prépare, on bosse finalement beaucoup ... jusqu'à l'annonce de l'arrivée d'un nouveau chef, parce que l'actuel a pris du grade, grâce à sa super proposition dont personne n'aura jamais vu la couleur. Et le prochain, lui, préfèrera notre ancien système.

Pour survivre au système, il n'y a pas 36 000 solutions : il faut réinventer, sans cesse, les projets, histoire de coller à droite, à gauche, en bas, en haut, et surtout, surtout, ne pas stresser lorsqu'on nous annonce la venue d'un nouveau chef.

mardi 4 septembre 2007

La madeleine...

Je ne sais pas à quoi vous ressemblez, Madame, je vous ai croisée comme j'ai sans doute croisé des centaines de personnes aujourd'hui. Je ne sais pas si vous aviez des cheveux longs ou courts, un manteau noir ou rouge, du rouge à lèvres ou un sac à main. Je ne vous ai pas regardée, je ne vous ai même pas vue, par contre, je vous ai sentie.

Les effluves de votre parfum m'ont fait retourner plus de 15 ans en arrière, je me suis retrouvée adolescente, aux côtés de ma meilleure amie. Vous portiez son parfum, unique et inoubliable.

J'ai été tellement troublée que j'en ai même oublié la raison de ma présence dans ce magasin. Comme hypnotisée, je me suis rendue au rayon parfumerie, j'ai recherché cet elixir et j'ai prolongé ce doux retour en arrière.

Submergée par les émotions provoquées par les images qui se chevauchaient devant mes yeux, j'ai eu envie de vous remercier,vous Madame, cette inconnue que j'ai croisée aujourd'hui.

lundi 3 septembre 2007

Rentrée des classes

C'est fait : MM1 est entrée en 1re maternelle. Sans cri, ni fracas. Quand l'instit' a dit "on fait un bisou et les parents peuvent sortir", j'ai cru bon devoir rassurer ma fille en lui disant "c'est papa qui vient te chercher tout à l'heure, là, on s'en va, d'accord ?". Elle aurait pu répondre seulement "oui, d'accord, maman", mais non, elle a serré ses 2 poings d'excitation, les a levés au ciel et s'est exclamée "youpiiiiie !!!!!"

Ce soir, elle n'a rien raconté, on ne saura pas duquel entre Pluto et Dingo elle aura fracassé la tête, ni si Mulan est sa copine ou non. Ce qui est sûr, c'est qu'elle veut y retourner demain. Et ça me suffit.

Pour l'heure, je viens de me rappeler qu'il est d'usage d'étiquetter chaque vêtement au nom de son enfant, sans quoi sa garde-robe risque de fondre comme neige au soleil. D'habitude, c'est le genre de détail que je ne manque pas, mais je dois avouer que je suis incapable de recoudre un bouton, alors coudre des nominettes ... n'en parlons même pas !

Bref, elles sont commandées, grâce à une pro des bonnes affaires que je salue au passage, "yapluka" les attendre, ce que je ferai fort bien, et déléguer l'ingrate tâche de couture au Prince.

J'espère que votre rentrée aura été aussi zen que la nôtre...

dimanche 2 septembre 2007

Le paradoxe du parent

Visite au supermarché en famille. Le fait est assez rare que pour se voir terminer avec un DVD en promotion, s'il vous plaît, de Disney dans le caddie. MM1 n'a rien demandé, elle ne l'avait même pas vu et voilà que sa mère l'incite, la pousse, que dis-je, lui offre un magnifique exemple de consommation, tels qu'elle les exècre.

On rentre avec la chose dans les mains de la fille qui évidemment ne veut plus lâcher l'affaire, et voilà le Prince qui lui explique le contexte de l'histoire de l'éléphant Dumbo qui a de grandes oreilles et même que "sa maman a tout cassé le cirque pasque même qu'elle est dans la prison".

Cendrillon profite de ces quelques instants de relation intense entre le Prince et MM1 pour préparer un repas digne de ce nom et savoure, au loin, les raccourcis et les clichés émis par le film, le père et la fille. Elle n'est pas belle la vie ?

3 jours plus tard, alors que MM1 se livre à une danse des pieds qui trépignent, en grimaçant et hurlant après un bonbon ou autre demande refusée, j'ai eu droit à "t'es méchante, t'es plus ma maman, tu vas aller en prison !!!!!!"

Sur le coup, là, j'ai eu un peu de mal à répondre, car le concept de prison, à 32 mois, c'est un peu tôt, je trouve. Mais à y réfléchir un peu, je sens que je ne vais pas y rester longtemps, en prison, j'ai quand même de quoi soudoyer mon gardien, et puis, dans le pire des cas, je ferai appel à mon avocat !

Et dire que je lui ai tendu le bâton !!