vendredi 31 août 2007

Tentative d'évasion

"Hier soir, ma copine Pocahontas m'a téléphoné : son chéri vient de la larguer. Elle qui attendait la demande en mariage, elle a reçu son billet de sortie. Grosse déception. Gros pleurs.

Ce matin, mon autre copine Blanche Neige me raconte combien le temps pourri de cet été la déprime, qu'elle attend toujours l'été alors que les magasins de fringues arborent déjà des tenues d'automne.

Ni une, ni deux, on s'est mises d'accord toutes les trois, on a poussé la porte de l'agence de voyage et le temps de rassembler quelques affaires, nous voici à l'aéroport, décolant pour le sud marocain. 4 jours au soleil, sans boulot, sans gosse, sans mari.

Enfin, je vais pouvoir me lever à l'heure que je veux, manger sans devoir me lever toutes les 3 minutes pour ramasser l'assiette qui a volé, terminer les 3 bouquins entamés et surtout, ne rien faire d'autre que remettre une couche de crème solaire lorsque la peau commence à chauffer.

A nous, les interminables discussions de nanas, où on refait le monde, où on se marre comme des ados, à nous les critiques, les fous-rires, les souvenirs ... C'est incroyable comme c'est bon !

Les pieds dans l'eau, assise sur le bord de la piscine, Cendrillon puise dans les 4 éléments qui l'entourent et l'effleurent la force nécessaire pour affronter le retour à la réalité."

Mmmmmmmm, sinon, et vous, ça va ? Parce que là, entre la vaisselle et le linge, je me prends à rêver, et purée ... ça fait du bien !

jeudi 30 août 2007

Le deuil

J'ai perdu mon grand-père brutalement, une crise cardiaque foudroyante l'a emporté, alors qu'aucun signe avant coureur ne s'était manifesté. Je n'y étais pas préparée, je me suis consolée peu à peu, me réfugiant dans l'idée réconfortante qu'il n'avait probablement pas souffert et surtout, en voyant ma grand-mère refaire surface.

J'ai perdu ma grand-mère presque 3 ans avant son décès. Une maladie dégénérative avait atteint ses facultés mentales, et un jour, elle m'a appelée "Raoul" et m'a demandé de me pousser de son champ de vision, elle était sur le quai de la gare et attendait le train pour aller me chercher à la crèche, j'avais 2 ans et elle ne voulait pas arriver en retard. Ce jour-là, j'ai compris qu'elle s'était absentée de notre monde, qu'elle avait pris congé de nous. La communication était rompue à tout jamais. Assister à un tel déclin a été très pénible. Elle s'en est allée plus tard, sans surprise. Je me suis alors rendue compte que mon chagrin était réchauffé.
C'était mes grands-parents. J'en garde un souvenir empreint de douceur, de rire, et de partage.

Mes parents sont toujours vivants. Divorcés mais toujours en vie. Ils viennent à peine de passer le cap de la soixantaine et je suis forcée de constater que le chagrin que je ressens lorsque je pense à eux, a le même goût que le chagrin ressenti pour ma grand-mère. Avec en moins le souvenir agréable du passé.
Petit à petit, je m'éloigne de ces pôles destructeurs, aussi bien physiquement que mentalement. Entre la lâcheté et la méchanceté, j'ai choisi de fermer la porte, tout doucement, pour ne pas réveiller de trop vieilles blessures, certaines à peine cicatrisées...

mercredi 29 août 2007

Le manque

Mémère Cendrillon a choisi le beurre, l'argent du beurre, et en plus, le sourire de la crémière. En gros, la mémère est gourmande. Elle bosse temps plein pour gagner des sous, partir en vacances et avoir sa voiture, et cerise sur le gateau, son indépendance. Elle travaille aussi pour avoir une vie sociale riche et intense, de rencontres et d'échanges, mais surtout pour cogiter sur d'autres problèmes que le ménage ou la liste des courses, qui ont vite fait de me filer des angoisses existentielles.

Mémère Cendrillon a voulu des enfants et les a eus. Ses nénettes sont belles, intelligentes et drôles, cela va de soi. Dans l'absolu, mémère aimerait être aux côtés de ses filles, leur apprendre tout ce que je voudrais qu'elles apprennent, leur préparer tous les jours à manger et colorier chaque tortue, chaque vache, chaque fermier avec elles, mais ce n'est pas envisageable, je ne tiendrais jamais le coup, le reste me manquerait trop.
Pourtant, les voir 1 heure le matin, et 2 heures le soir ne me suffit pas. J'ai l'impression de passer à côté de pleins de moments, trop souvent.

C'est pourquoi, lorsque MM2 m'appelle en pleurnichant à 4H47 du matin, je n'ai aucun mal à aller la chercher et la rendormir contre moi. C'est pourquoi il m'arrive, malgré la fatigue accumulée des mois durant, de savourer ces longues minutes, dans un demi-sommeil, à lui caresser la tête, les cheveux, et lui dire, lui redire, et lui redire encore combien je l'aime.

mardi 28 août 2007

K2000 et Zazie

Hum ... Quel titre ! Quelle association ! Quelles références ... !

C'est que MM1 a décidé de trouver Henri Dès ringard, et préfère écouter les chansons "de grand" dans la voiture. Elle a un faible pour le CD des Enfoirés, et me demande d'écouter Rodéo de Zazie, en boucle.

Sachant que la chanson dure environ 4 minutes, que je fais 74 bornes par jour, cela vous donne une idée de mon overdose. En même temps, je me retrouve confrontée à une véritable furie, qui hurle les paroles de la chanson, telle une ado à son 1er concert. Puis je me marre, parce qu'elle ne comprend pas toutes les paroles et les "refait", ce qui donne "c'est la vie, papanani" au lieu de "paradis".

Et elle hurle "plus fort maman !!! encooooore plus fort !!!"

Parfois, pour calmer ma tête endolorie par une journée intense, je tente de couper la musique et essaye de discuter avec ma fille chérie. L'approche est bonne, mais c'est sans compter sur MM2 qui se rappelle alors à mon bon souvenir en hurlant. Il faut comprendre ses cris, bien sûr, et je suis à même de décoder son langage primaire : "remets la musiiiiique".

Et donc, que vient faire K2000 dans l'histoire ?

Ce soir, embouteillages sur l'autoroute, des travaux, encore. Ca freine, les panneaux de signalisation indiquent 90, puis 70, alors que ça roule encore bien. J'attends le panneau indiquant les 50 km/h en râlant. Je suis en train de calculer le nombre de fois supplémentaires où je vais devoir me farcir la bande des Enfoirés.

Franchement, les gens sont de plus en plus disciplinés sur la route. C'est encore moi qui roulais le plus vite. J'avoue, j'ai du mal à respecter les limitations, je ne suis pas non plus une dingue de vitesse, mais j'aime me sentir avancer. Tout à coup a surgi une voiture venue d'on ne sait où, elle roulait tellement vite que je n'ai même pas eu le temps de voir sa couleur. Tout aussi soudainement est apparue une voiture de police banalisée, toute noire avec des girophares bleus "à la K2000" sur la calandre.

Incroyable ! On écoutait "Rodéo" qui me poussait à accelérer pour gagner une demie minute de ré-écoute, lorsque nous fûmes pris dans ce rodéo de la route ! Tout cela n'aura duré que quelques secondes, ne me demandez donc pas si le policier avait la même tête que David Hasselhoff !

lundi 27 août 2007

Je zappe !

L'instant que je déteste le plus, c'est entrer en classe. J'avoue, j'ai toujours le trac. Ca dure 1 seconde, parfois même moins, mais je ressens toujours cette mini montée d'adrénaline mélée à la peur de rater une intervention.

Les quelques pas qui séparent mon bureau d'une classe de cours sont toujours rapides et les enjambées sont longues, comme si j'étais pressée d'y arriver. Je suis souvent en retard, cela me donne l'impression d'être attendue.
Ces instants sont consacrés à une petite préparation mentale, une instrospection, une mise à jour des dernières informations reçues concernant les gens que je vais rencontrer : je m'habille, je troque mon habit de ville et revêts celui de formatrice.
Tout cela, je le fais inconsciemment. Mais quels que soient les événements, je m'arrange toujours pour que ce moment ait lieu.
Une fois le "Bonjour" lancé à la cantonade, le spectacle peut commencer. Adieu la fatigue, les soucis, la liste de courses, le rendez-vous chez le pédiatre à prendre ; envolées les corrections en retard, les évaluations à faire ; j'ai devant moi un public, mon public pendant 4 heures. La lumière n'est pas braquée sur moi, j'essaie sans cesse de détourner ce point sur lui, c'est lui qui doit briller, au final.
Souvent ça marche, mais parfois, la mayonnaise ne prend pas. Le public ne répond pas et l'actrice que je suis est obligée de se remettre en question, sa prestation n'est pas à la hauteur, à moins que ce ne soit le public qui est particulièrement hermétique. Il y a des jours où j'en ressors grandie, d'autres en revanche, où je resterais bien couchée.

Vous l'aurez compris, aujourd'hui, ce fut un jour "sans".

dimanche 26 août 2007

Bzzz Bzzz Bzzz

Il est tard, trop tard. Je suis crevée, les jambes douloureuses de n'avoir même pas pris le temps de m'assoir 5 minutes. Mon lit m'attend, à quelques mètres.

Je suis enfin couchée. Je savoure l'instant, je m'installe. Dieu que c'est bon. Mes yeux se ferment tout seuls et mon esprit retrace les faits marquants de la journée. Je pars doucement rejoindre Morphée ...

et te voilà, je t'entends, d'abord à quelques mètres, puis tout près de mon oreille. C'en est fini de mon départ vers le pays du sommeil, le marchand de sable est pourtant passé. Dans quelques plus ou moins longues minutes, je sais que je vais rouvrir les yeux, rallumer la lumière et réactiver chacun de mes muscles endoloris par une journée bien trop chargée.

Je sens bien ton intérêt pour mon corps, je sens ta faim de moi, ton désir brûlant, ta présence, je te sens, toi, tel un prédateur contemplant sa victime,

saloperie de moustique !!

vendredi 24 août 2007

L'angoisse de la page blanche

Monsieur V.,

Vous étiez mon professeur de français, option approfondissement. Vous étiez le genre d'homme profondément ami de la vie, malgré les difficultés. Vous étiez cet homme gentil qui voulait nous transmettre des choses, pas nous noter absolument.
Je me souviens vous voir entrer en classe, nos commentaires composés sous le bras, corrigés, et pour cause : c'était nul, mais vous ne vouliez pas nous le dire uniquement avec une note, plus ou moins mauvaise.
Nous étions jeunes, vides d'expériences et d'imagination et le verdict est tombé "prenez une feuille blanche et un crayon ... et parlez-moi de l'aïl et de l'oignon". Cet exercice, vous l'avez fait avez nous.

Au bout d'une heure de travail, nous avons dû lire devant nos petits camarades ce que nous avions péniblement réussi à coucher sur la feuille. Quelques définitions, certaines ressemblances. Et nous nous insurgions intérieurement "mais, on s'en fout des oignons, et de l'aïl aussi" !
Puis, ce fut à votre tour, et je me souviens encore précisément de cet instant où vous avez commencé à lire à voix haute votre texte. J'ai fermé les yeux et j'ai compris.
Définitions, si peu ... mais combien d'émotions, de souvenirs, de couleurs, de goûts et d'odeurs, vous aviez lu des minutes durant, faisant exploser ma tête d'évocations multiples. C'était là, à portée de tous, j'ai senti, goûté, voyagé, partagé et presque pleuré tellement je vous entendais les éplucher.

Presque 20 ans plus tard, me voilà en plein atelier d'écriture avec des adultes, et cet épisode a dirigé mon intervention. Partie d'une situation bloquée, je suis obligée de constater que mon tableau est rempli de leurs idées, de leurs évocations, de leurs richesses.

Merci d'avoir cru en nous, d'avoir débloqué ce petit truc qui fait que jamais plus je regarderai ma feuille, ou aujourd'hui mon écran, avec l'angoisse d'autrefois !

jeudi 23 août 2007

Maman les p'tits bateaux ...

Ma toute belle,

Un petit bout de ton papa, un petit bout de moi et te voilà, un an plus tard, à t’apprêter à prendre ton envol. Bientôt tes premiers pas et la découverte du monde.

Pourtant, on te dit « collée » à moi. Je sais pertinemment bien que tu charges tes bagages de confiance et d’autonomie. Jour après jour, tu deviens plus sûre de toi et nous prouves sans relâche qu’on a eu raison de répondre à toutes tes attentes, à tous tes besoins.

Tes valises, nous les faisons ensemble, chaque jour, et un jour, tu seras prête pour le départ. Ce jour-là, tes bagages fin prêts ne te sembleront pas plus lourds qu’un sac à dos de randonneur.

Tu pourras ainsi naviguer, jour et nuit, sur les flots de la vie, par temps calme et agité. Nous serons toujours un peu inquiets lorsque la houle sera trop forte, mais nous nous tairons, essayant au mieux de t’accompagner pour traverser ce moment difficile. Nous calmerons notre peur par la confiance que nous avons en toi.

Nous t’avons construit un port d’attache solide, non pas en béton armé, mais en un matériau indestructible qui s’appelle l’amour. Tu pourras partir aussi souvent qu’il te plaira, et revenir autant de fois que tu le voudras. Ce port ne sera jamais détruit, jamais endommagé, il aura un peu vieilli sans doute, mais ses fondations sont les plus sûres qu’il soit.

Tu ne nous appartiens pas, petite fée, tu as le monde à portée des doigts, tu as la vie pour toi, pour faire de la tienne celle qui te plaira et qui te rendra heureuse. Nous, nous te regarderons, nous t’encouragerons, nous resterons ce phare qui te guidera lorsque la nuit est trop noire, nous t’applaudirons et ne cesserons de t’aimer.

Tu as une co-équipière, ta sœur, qui, dans sa barque, ne prendra certainement pas la même route que toi, avec qui tu ne seras jamais en concurrence, qui ne sera jamais ta rivale. Vos mains pourront se délier à certains moments, mais elles resteront tendues, l’une vers l’autre, quelles que soient les distances qui vous séparent, parce qu’à deux, même éloignées, vous serez plus fortes.

Très bon anniversaire ma chérie.

mercredi 22 août 2007

Cendrillon a l'air con

Ce soir. Les enfants dorment. Cendrillon cuisine. Elle prend un peu d'avance sur le repas du lendemain. Cendrillon est organisée.

Elle touille dans ses marmites lorsqu'elle entend des pas, un bruit familier, un pas de porte fait du bruit lorsqu'on marche dessus. Encore un truc qu'il faudra changer.

Chouette, se dit-elle, c'est le Prince qui arrive, il vient touiller à ma place. Cendrillon est concentrée, elle ne veut pas rater son plat, alors elle ne quitte plus sa casserole des yeux, mais elle parle au Prince, lui demandant successivement de vider une poubelle et d'emballer le gâteau de sa cadette.

Pas de réponse. Cendrillon a l'habitude, le Prince n'est pas du genre bavard. Il entend bien, mais a parfois du mal à imprimer, alors elle répète et ponctue ses phrases de hein ?, dis ? et autres locutions faites pour s'assurer que la communication passe toujours bien, et toujours rien.

Alors, au risque de rater le savoureux mélange qui lui chatouille les narines, elle détourne les yeux de la marmite et regarde enfin le Prince, mais ne vit que ... le chien.

Gloups.

mardi 21 août 2007

Dessert pointu, régime foutu !

MM1, en pleine crise d'opposition, devient de plus en plus difficile à table. Elle scrute son assiette à la recherche du moindre champignon et du millimètre carré de courgette pour nous déclarer ensuite qu'elle n'avalera pas son assiette.

Bon, je relativise. Autour de nous, c'est pas mieux, et je refuse de me battre et de lui mettre la fourchette en bouche de force. En écoutant des collègues parler, j'ai trouvé leurs astuces fort intéressantes. C'est ainsi que j'ai réalisé que le dessert pouvait constituer une arme redoutable. "Tu ne manges pas ? Très bien, mais pas de dessert, si t'as pas faim, t'as pas faim pour le dessert non plus !"

C'est que chez nous, on n'est pas très dessert.

Lors du dernier rodéo au supermarché, j'ai choisi des super flans au caramel d'une marque à faire pâlir le plus gourmand. Hier soir, toute contente de lui proposer un tel dessert - la miss avait drôlement bien mangé, l'occasion en or - je m'attendais à tout sauf à ce qu'elle recrache le flan au caramel.

On a voulu insister, le Prince et moi, tant cela nous semblait hallucinant de refuser un tel dessert. Rien à faire. Elle n'a pas desserré les dents. Même MM2 a voulu y goûter et a finalement pleuré quand j'ai refusé de lui faire lécher le pot.

Donc, il me reste 2 solutions : soit, je reviens à ma méthode simple, à savoir zéro chantage, tu manges, tant mieux, tu manges pas, tant pis pour toi, soit je teste tous les desserts du supermarché jusqu'à ce que je trouve LE dessert qui trouvera grâce aux yeux de ma fille.

Mais si j'opte pour la 2e solution, mon régime est foutu. Déjà que 2 morceaux de chocolat par jour, c'est inhumain ...

lundi 20 août 2007

Incorrigible

C'est toujours lorsque je prends de bonnes résolutions que je suis assaillie par une envie incompressible de faire ce que je m'étais promis de ne plus faire, justement.

J'ai arrêté d'acheter le chocolat au lait et amandes caramélisées à la pointe de sel, parce que ce chocolat est un véritable attrape-nigaud qui fait qu'on ne peut commencer une tablette sans la terminer, et que mon foie ne supporte pas une telle orgie.

Et depuis, j'ai trouvé le temps dans mon planning de dingue, de faire des tartes au speculoos, des cakes de toutes sortes, entre 2 chemises à repasser et 3 casseroles à laver.

Pire que le chocolat sur la balance. Donc, c'est décidé, on recommence le chocolat, avec pour nouvelle résolution de ne pas terminer la tablette le jour où elle a été ouverte, ni le lendemain.

Mission accomplie pour aujourd'hui, sauf que je ne suis pas encore couchée ... Et la tarte au speculoos, mmmmm... slurp.

dimanche 19 août 2007

Leçon de pédagogie

A la maison, le pédagogue, c'est moi. J'en ai fait mon métier. J'accompagne des jeunes, des moins jeunes et des presque vieux sur le chemin menant vers l'emploi. Bien souvent, les problèmes se situent au niveau comportemental plutôt qu'au niveau technique. C'est là que la pédagogie prend tout son sens.

Pédagogue, mais pas diplomate. Mais je me soigne ...

Aujourd'hui, dimanche, la journée avait très mal commencé. Levée avec un mal de crâne à se recoucher aussitôt, il a fallu remplir le frigo en bataillant ferme dans l'unique supermarché ouvert le dimanche, avec MM2 dans le caddie qui n'avait visiblement aucune envie de coopérer.

Les hostilités ont commencé très tôt d'ailleurs, vers 7 heures du matin. MM1, à qui j'avais permis de prendre son petit déjeuner exceptionnellement devant la télé, a oublié de surveiller son jus de fruit et se l'est fait chiper par sa soeur qui s'est amusée à le renverser sur le nouveau tapis, tout en profitant pour s'en mettre plein le pantalon, les chaussures, et le pull.

C'est que les filles étaient déjà habillées pour partir en visite loin loin loin, à plus d'une heure de route.

MM1 avait d'ailleurs décrété qu'elle ne voulait aller nulle part, que j'étais méchante et plus sa copine, qu'elle voulait garder sa robe et ses sandales alors que nous allions passer une bonne partie de la journée dehors par 15 °C sous les nuages.

La journée, en visite dans la famille éloignée, celle qui s'attend à voir les magnifiques petites filles bien sages qui ont bien changé depuis 6 mois qu'on ne les avait pas vues, a continué sur le même registre.

MM2 a boudé sa purée, sa compote et a refusé de faire la sieste. MM1 a préféré refuser d'aller aux toilettes avec nous, ses parents, pour préférer la présence d'une inconnue qu'elle voyait pour la première fois. "Diiiiiis, tu peux aller aux toilettes avec moooooaaaaa ?"

Je fais l'impasse sur "non, je veux pas lui dire au revoir à mamy-machin, elle est méchante", et ce, juste devant la mamy en question ...

Rentrés avec au moins 1 bonne heure de retard sur le planning, il aura fallu parlementer encore un peu pour que la grande avale sa soupe, pendant que la petite vidait la baignoire sur le sol, trouvant l'activité fort amusante du reste.

Et là, le trop-plein de la journée fut atteint, mais grâce au mal de crâne toujours pas parti malgré les antidouleurs, impossible de péter le câble comme il se doit.

C'est alors que très calmement, presqu'en chuchotant, je leur ai demandé de se calmer, ce fut chuchoté, certes, mais derrière le calme apparent, se cachait un divin "bord*l de mer*e, vous arrêtez de nous faire ch*er, on ne vous a rien fait, alors la première qui bronche, je la ..."

Si ça, c'est pas de la pédagogie !!

samedi 18 août 2007

A l'improviste !

"Allo ? C'est nous, comment allez-vous ? Vous faites quoi ce soir ? Parce qu'on se disait que ça faisait longtemps qu'on ne s'était vu et que vous pourriez venir dîner, ça vous tente ?"

Il y a des week-ends annoncés "tranquilles" qui se révèlent être "riches" en événements, rencontres, sorties, et d'autres programmés "à la 6-4-2" où les activités et rendez-vous s'enchaînent et se chevauchent parfois, qui se déroulent finalement dans l'onctuosité la plus totale.

J'aime les changements. Ca pimente un peu la vie organisée et minutée imposée par le rythme des enfants la semaine. J'aime me demander ce que je vais bien pouvoir préparer comme repas en 20 minutes avec 3 pois chiches, 2 tomates et un rôti, et que mon téléphone sonne avec une proposition de barbecue "dernière minute".

J'aime faire demi-tour.

"On rentrait, mais l'idée est très chouette. Il te manque quelque chose, je passe au supermarché ? On arrive ! Youpie !"

Les plannings, c'est quand même fait pour être modifiés, non ?

Peu importe si le Prince n'a pas tondu le gazon, peu importe si les courses ne sont pas faites, l'aspirateur pas passé et les lessives toujours en attente, peu importe si c'est pour passer un agréable moment.

Peu importe du moment que mon meuble Ikaprout soit monté avant l'heure du coucher !

vendredi 17 août 2007

Cendrillon à la ferme

Il y a quelques jours, nous sommes allés à la ferme, chez des amis.

Rien que cette phrase, il y a quelques années d'ici, aurait provoqué un arrêt cardiaque à toute personne me connaissant.

Oui, j'avoue. "Cendrillon à la ferme", c'est comme si je disais "un aquarium sans eau" ou "des frites sans sel". C'est que Walt Disney n'a pas tout dit, il s'est arrêté à "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants".

La suite est nettement plus réjouissante !

Cendrillon a touché une vache pour la toute première fois de sa vie en 2003, après avoir quitté la capitale et son petit appartement pour la maison en travaux à la campagne. Les vaches à 25 mètres, l'angoisse au fond du bide.

Samedi, un peu nauséeuse de me trouver au milieu de toutes ces bêtes, j'ai quand même surmonté ma peur en m'approchant des cochons. Je ne pense pas en avoir vu de si près. J'ai donc observé ce drôle d'animal quelques minutes et franchement, j'ai été surprise de constater combien leurs yeux sont petits et tout bleus.

Et un regard qui transpire l'agressivité et le vide interplanétaire.
Ca m'a refroidit d'un coup.

Et les vaches, à part regarder passer les trains, elles pensent à quoi ? Rivalisent-elles dans le pré, communiquent-elles autour de l'abreuvoir ? Ont-elles seulement la notion du temps qui passe ? Combien de neurones se battent en duel dans leur minuscule cerveau ?

Incroyable, la traite, tout est mécanisé, robotisé, fini le temps du fermier accroupi sous la vache, aujourd'hui on peut même voir combien de litres de lait Marguerite a fourni. J'ai regardé tout cela, avec des yeux ébahi de naïveté et d'admiration pour ce métier qui ne souffre aucune maladie, aucun congé, aucun répit.

Ca m'évoque 2 choses :
Je déplore le désintérêt, que dis-je, le lynchage systématique de toutes ces professions dites "manuelles", au détriment du bureau et du travail sur ordinateur.
Je ne comprendrai plus jamais l'engouement pour les yeux bleus.

Après, on nous parle de chômage, et de métiers en pénurie.

jeudi 16 août 2007

En garde !

Il y a tout juste 1 an, je ressortais du cabinet gynécologique en connaissant la date de naissance de MM2.

Même si la décision d'interrompre la grossesse pour raison médicale aura finalement été prise conjointement par le gynécologue et par moi, je dois avouer que la pilule a eu beaucoup de mal à passer.

La sentence tombée, le rêve de mettre un bébé au monde s'est envolé. Le rêve de participer à la naissance de mon enfant s'est évaporé. C'en était fini de cette histoire-là.

Une année est passée et un petit goût amer dans la bouche reste.

Le cœur et la raison ne font pas souvent bon ménage. Je préfère laisser le cœur parler, souvent, sachant qu'il est raisonnable. Mais là, il s'agissait de la vie d'un enfant. De notre enfant. Et aussi un peu de ma santé.

Même si mes tripes me disaient que j'étais capable de mettre ce bébé au monde toute seule, même si mon besoin de vivre cette expérience unique m'aveuglait certainement, la sagesse absolue a finalement emporté la victoire.

Jamais je n'aurais eu le courage d'affronter les regards de mes proches si par malheur on avait dû perdre MM2. Jamais je n'aurais voulu vivre avec ça sur la conscience, avec ce regret dans le bide.

C'était ma toute dernière semaine de grossesse. J'étais épuisée, toute jaune, j'étais piquée et monitorée tous les jours, et prête à passer au bloc à tout moment. Je me préparais à affronter la néonat comme on se prépare au combat. Une séparation de quelques heures ou de quelques jours avec mon bébé pouvait sembler si banale, si courante, si anodine aux yeux de la terre entière, moi, je pleurais chaque minute à tout jamais perdue.

Je me suis battue 7 jours durant. Contre la douleur, la séparation, la bêtise humaine, la méchanceté, les critiques, la médecine protocolaire. La force est venue du danger, je suis née louve ce jour-là.

mercredi 15 août 2007

Salade pourrie

Je roule. Depuis des heures. Il fait nuit. Je crois qu'il pleut, mais la fatigue occulte ma vue déjà trouble. Je dois rester éveillée. Ma tête est si lourde, comme serrée dans un étau. J'ai encore du mal à y croire, je ne parviens pas à mettre de l'ordre dans mes idées. Dès que j'essaie d'y penser, les larmes coulent et troublent ma vue un peu plus. Passer Paris avant 6 heures du matin, il le faut. Je m'arrêterais bien, mais cela ne servirait pas à grand chose. Je ne peux pas dormir, je sens bien que l'adrénaline dégagée quelques heures auparavant est toujours présente, bloquant les hormones du sommeil.

L'autoroute est fermée. Il pleut maintenant. Nous sommes aux portes de Paris, il faut prendre le périph. Je reconnais la route, j'avance au radar, les filles dorment paisiblement, le Prince, qui a conduit des heures pendant que je luttais contre Morphée, s'est assoupi.

Dans deux heures maximum, les filles se réveilleront, le sourire aux lèvres, repues de sommeil. Il faudra cacher la fatigue, taire la tristesse, sécher les larmes, la vie continue.

J'ai arrêté de haïr en devenant maman, j'ai pardonné en donnant la vie, mais là, ça coince.

On ne reste pas un parent parfait aux yeux de son enfant toute la vie. En grandissant, l'enfant comprend que son père, sa mère sont des êtres faillibles et imparfaits. Mais leur amour est sensé rester inconditionnel.

Aujourd'hui, Papa, il ne me semble pas t'avoir donné une seule occasion de te décevoir à ce point, pour que tu me laisses là, telle une merde, face à une montagne d'injures. Je te savais lâche, mais pas si lâche.

Je suis triste pour demain, pour l'avenir.

mardi 14 août 2007

La rentrée sexy de Cendrillon

Après 1 mois d'inactivité professionnelle (je précise, car je ne suis malheureusement pas restée inactive 5 minutes), j'ai eu l'immense joie de reprendre le chemin du boulot hier.

Je ne sais pas si cela vous prend, mais moi, les rentrées, j'aime ça. Ce doit être les seuls jours où je suis plus ou moins à l'heure, où je n'ai rien oublié pour la journée, où les sacs des enfants sont correctement faits car préparés avec soin la veille, où je suis maquillée, parfumée et pas trop mal coiffée.

Sauf qu'hier, un canal galactophore bouché et un début d'engorgement mammaire en prime m'ont obligé à me promener avec des feuilles de chou dans le soutif. Et c'est dans ces cas-là que je prie qu'il ne m'arrive rien, imaginant le tête d'un ambulancier, d'un secouriste ou un médecin, me trouvant avec de la verdure au balcon !

lundi 13 août 2007

Son premier mot

MM2, ma petite, fêtera ses 1 ans dans quelques jours. Loin d'être une enfant précoce, c'est cependant une petite fille très observatrice, qui laisse les choses se faire et qui y prend part quand elle se sent prête.

C'est aussi un fichu caractère, qui du haut de ses 4 mois, a préféré refuser tout net de s'alimenter plutôt que d'accepter à contrecoeur un biberon, même rempli du bon lait de maman. Depuis ses toutes premières heures, je sens si fort son côté rebelle. C'est qu'elle et moi, on a vécu une drôle de naissance, un peu secouée, et pas vraiment au top des bons souvenirs.

A 11 mois et quelques patates, toujours pas de "maman", ni de "papa". Mais par contre, depuis 2 jours, la miss ne se gène pas pour dire "non" en secouant la tête.

De deux choses l'une, soit elle commence en avance la fameuse crise de l'opposition, en imitant sa soeur, soit, c'est une vraie rebelle, une pure et dure, et là, je sens que je vais avoir du fil à retordre.

Bref, Prince chéri, le petit 3e, oublie, et file acheter le disque de France Gall "La poupée qui dit non". J'ai besoin d'airs à chanter, pour évacuer !

dimanche 12 août 2007

Pour vous, lecteurs

Je m'adresse à vous, lecteurs d'un jour, d'un soir, d'une nuit, ou de chaque jour. Si si si... je sais qu'il y en a, des réguliers, des "de passage", des amis, des proches, qu'ils soient loin en kilomètres ou juste à côté, qu'on se voie tous les week-end ou toutes les lunes, vous êtes là.

Pas super nombreux non plus, mais je ne fais pas grande publicité de l'endroit non plus, il faut l'avouer. Pas par pudeur, mais surtout par manque de temps et d'occasions.

Bref, vous, lectorat attentif, je viens requérir votre plus grande attention, car si jamais vous êtes passés par la crise "anti petit 3e", si cumulant boulot-enfant-courses-ménage etc., vous aviez le moindre conseil à me donner, si par hasard, vous avez vécu les mêmes expériences, ou si seulement vous vouliez m'encourager, à "kocher" plus, ou à écrire plus, ou si vous désiriez simplement me faire savoir que vous êtes passés boire un p'tit café, sachez juste qu'il existe un petit bouton "commentaire" et qu'en cliquant dessus, vous aurez l'opportunité de me laisser un petit mot.

C'est que ça fait drôlement plaisir !

jeudi 9 août 2007

Arghhhhhh


"Mamannnnnnn, on peut acheter ce jus, y'a des fraises dedans !" me demande gentiment MM1 lors des dernières courses, il y a quelques jours.

"Je veux des yaourts à la fraise, pas à la vanille. J'adore les fraises.", mêmes protagonistes, même semaine.

"Mamannnnnnn, regarde, y'a le mossieur qui donne des fraises, làààààà !"
"Non, ma chérie, le mossieur ne les donne pas, il les vend et cher, mais comme tu es mon trésor adoré, je vais t'en acheter, à ce prix-là et malgré le fait que ce n'est plus vraiment la saison."

Un soir, en regardant un livre : "Ca, ma soeur, c'est une fraise. C'est très bon les fraises."

Ce soir : "Beurkkk, j'aime pas les fraises !"

C'est ça la crise des 2 ans ? Ca se termine quand ?

mercredi 8 août 2007

Nettoyer peut coûter cher, parfois !

Au temps intemporel de Cendrillon, le ménage se faisait "à la dure". La pauvre, à 4 pattes, à récurer le sol, ses torchons mouillés en mains.

Aujourd'hui, c'est nettement plus simple, on a le fameux Mocho, ou encore la serpillère en microfibre sur une raclette et le tour est joué. Un coup d'aspirateur avant, un coup de torchon et c'est nickel ! Nettement moins sportif et plus rapide.

Sauf quand on a le gène de l'impatience, comme moi.

Cet après-midi, jour 3 de ma semaine de folie, les miss dormaient, grand bien leur fasse. J'aurais pu profiter de ce moment de tranquilité pour piquer du nez, moi aussi, mais non, j'ai fait briller la cuisine, sans l'aide du Monsieur Muscle archi connu.

C'est dans cette fougue de propreté que j'ai décidé de virer le tapis de la salle à manger. Il est très grand, il est très lourd et j'en peux plus de le voir. Ca fait des semaines que je le regarde de travers, mais là, aujourd'hui, c'en fut trop.

Les filles à peine réveillées, direction Ikaprout, grand magasin suédois soit disant pas cher, duquel on ne ressort jamais sans rien.

Arrivées à 16h30, ressorties à 19h00, en ayant dîner, c'est presqu'une prouesse, et évidemment, le nouveau tapis est rentré dans la voiture, avec un chevalet pour les filles, un stock de serviettes, de marqueurs et autres babioles...

Les filles douchées et couchées, Mémère s'est mise à cuisiner pour le Prince, et pour les Princesses, le repas du lendemain. Puis, courageusement, elle a roulé le vieux tapis, a aspiré et nettoyé le sol en dessous et a supplié le Prince de l'aider à déballer et installer le nouveau.

C'est que pour le Prince, à 23h00, c'est plus l'heure de faire ce genre de choses... Mais moi, telle une enfant gâtée, aussitôt acheté, aussitôt déballé !

Bref, debout à 6h08, couchée bientôt et assise depuis quelques minutes, je vous le dis, Cendrillon avait LA belle vie !

mardi 7 août 2007

Quand Cendrillon se lance des fleurs

Même si je hurle souvent, même si je parle fort, même si je jure toute la journée, au grand désespoir du Prince qui ne peut que constater que MM1 a une ouïe parfaite et même étonnement développée à certains moments, même si je perds patience un peu trop vite parfois, je suis heureuse d'être la maman que je suis.

Je suis heureuse d'avoir pu aller au bout de ma réflexion, de ne pas souffrir de la critique, de pouvoir garder proches de moi des gens qui n'ont pas forcément les mêmes valeurs, de n'avoir jamais eu à convaincre le Prince de quoi que ce soit tellement cela nous semblait logique.

Je suis heureuse d'être sereine, je suis heureuse de penser qu'un enfant n'est jamais trop pris, trop cajolé, trop bisouté, trop aimé. Je suis heureuse d'avoir vécu cela avec MM1 aussi, de ne pas avoir le regret de penser que "je ne savais pas, à l'époque..."

Je suis émue de penser que le hasard, un jour, m'a conduite dans le cabinet d'un docteur à qui je fais la bise aujourd'hui, et qui a permis de me faire naître, moi, maman.

Même si je continue de croire que la femme que je suis est amputée d'une expérience unique et magique en n'ayant pas accouché, je sais que je suis la maman que je rêvais d'être, au plus profond de mes tripes.

lundi 6 août 2007

Les signes du temps

A 18 ans, j'ai adoré passer 2 heures dans un institut de beauté à me faire maquiller avant une soirée hyper méga importante à ne pas rater parce que Bidule Machin Chose y était, c'est sûr.

A 23 ans, j'ai adoré me faire masser par un masseur aux mains de fée pour soulager mon stress estudiantin.

A 28 ans, j'aurais adoré trouvé quelques euros pour me faire masser par le même masseur qu'à 23 ans, pour soulager mes courbatures dues aux trop nombreux travaux effectués dans la maison.

La trentaine à peine engagée, j'ai adoré me faire masser le sacro-iliaque que le changement du centre de gravité provoqué par la présence d'un gnôme à l'intérieur avait rendu douloureux.

Et là, aujourd'hui, ce qui me fait dire que que je m'approche de plus en plus de la quarantaine, c'est qu'en regardant mes pieds, je me suis dit que c'était d'une pédicure dont j'avais besoin.

En attendant, non pas les sous, mais le temps et la disponibilité pour m'occuper de mes pieds, je vous saurais gré de remarquer que je suis toujours vivante après la première des 5 journées terribles de la semaine.

Sur ce, j'y retourne, ça chante à l'étage...

dimanche 5 août 2007

Les vacances, vous dites ?

Jusqu'aujourd'hui, j'ai toujours pensé que le plus dur métier du monde, de nos jours, était instit ou prof pour les moins de 18 ans.

Il m'aura fallu donner 1 seul cours d'allemand à des 16-18 ans pour savoir que mon stage d'agrégation ne me mènerait pas sur les bancs d'école.

Il m'aura fallu soutenir une copine dans ses études d'instit' maternelle et ses délires pédago-bricologues pour constater à quel point la théorie est fastidieuse pour se terminer en un collage sur un rouleau de PQ vide.

Les enfants, les ados sont ingrats. Si ingrats que j'aurai pleuré 5 ans pour en avoir au moins un. Je suis donc maso. Complètement maso.

C'est donc avec la plus grande honnêteté que je vais avouer haut et fort que j'ai hâte que ma dernière semaine de congé se termine. Bientôt mes vacances, au bureau.

Et dire que demain, le Prince rempile. Je suis donc seule avec mes monstres, qui de par leurs âges différents n'ont absolument pas les mêmes rythmes ni les mêmes aspirations.

Tandis que l'une aimerait colorier son beau dessin de l'Exploratrice bilingue, l'autre se marre en vidant les bacs de jeux sous les meubles, sous mes yeux las de passer ma journée à 4 pattes à ramasser grains de riz et cubes coincés entre 2 armoires.

La semaine s'annonce torride. 5 jours. 5 looooonnngs jours avant un repos d'un bon mois au moins. D'ailleurs, activité du lundi : passer au bureau de maman dire bonjour aux collègues !

samedi 4 août 2007

Premier bain à 2

J'ai beau avoir 2 filles qui partagent la même couleur de cheveux et la même couleur d'yeux, il faut me rendre à l'évidence, elles sont sacrément différentes.

Alors que le Prince et moi avons dû bataillé pour avoir un bisou de MM1 qui découchait chez sa marraine "fille élastique qui récupère ses marmots grâce à ses looooongs bras", MM2 était complètement perturbée de quitter sa mère, qui a profité de l'occasion pour partager un moment de tendresse avec elle dans le bain.

C'est que calée au fond de la baignoire, c'est le Prince qui a dû sécher la belle.

Bref, moment très agréable avec ma fille, mais je persiste et signe, la douche, c'est mieux !

vendredi 3 août 2007

C'est qui le chef ?

Un jour, il y a quelques années déjà, un verdict sans appel est tombé concernant ma santé. J'étais atteinte d'une maladie chronique, dont je ne guérirais probablement pas.

Les 48 premières heures furent difficiles, les larmes ont coulé, l'ordinateur a surchauffé, et Internet m'a aidé à comprendre les tenants et les aboutissants.

Puis, les larmes ont disparu, parce que les larmes, ça soulage sur le moment, mais ça n'aide pas plus que ça, et moi, j'avais besoin d'aide, mais surtout, j'avais besoin de comprendre pourquoi, pourquoi moi, là, maintenant.

Et pour mener à bien cette démarche, j'avais besoin de toute ma lucidité, et pas de mes larmes. Très vite, j'ai compris que je n'entrais pas dans toutes les cases, et la médecine avait beau me lorgner avec des yeux bourrés de certitudes, je sentais bien qu'il y avait une faille dans mon histoire.

En fait, il y a pleins de failles. Les pros ont beau me sortir graphiques, courbes et littérature, je sais, moi, dans mon corps, ce qui a causé la maladie. Comme si je l'avais en moi depuis toujours et qu'un traumatisme l'a réveillée. Je sais, moi, ce qui s'est passé.

Mon ostéopathe me dit que je devrais remettre le doigt sur cet événement, aller chercher cette cause à coups de larmes, de bide tordu de douleur et de souvenirs enfouis. Mais je n'en suis pas encore là. Je sais juste ce qui a provoqué le réveil, je n'ai pas dit avoir digéré l'événement, je ne suis d'ailleurs pas sûre d'avoir envie de le digérer. Digérer, c'est accepter, c'est penser au repas suivant. Or, ce genre de repas, je passe mon tour...

Bref, ma maladie, je vis bien avec. Elle et moi, on partage tout. Elle me supporte, je la supporte, sans trop de difficulté. C'est au plus une contrainte, mais je trouve que je m'en sors finalement bien. Assez bien pour l'oublier, de temps en temps.

Mais elle ne m'oublie pas. Agissant comme un détonateur, elle me rappelle, à chaque souffrance morale importante, qu'un jour, "un truc" s'est réveillé. Elle me rappelle que parfois, même quand on a dit ce qu'on avait à dire, ça laisse des traces, des traces dans mon coeur, mais aussi dans mon corps.

Là, j'ai les boules. Vivre avec elle, c'est une chose. Qu'elle essaie de prendre le pouvoir, pas question. C'est qui le chef ?

jeudi 2 août 2007

Ayééé, Mémère Cendrillon en prend plein la tronche !

J'ai une chance inouïe : pendant que je faisais les 100 pas en tournant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre sur une plage de la Mer du Nord afin de ne pas réveiller ma MM2 paisiblement endormie dans une écharpe de portage, ma belle-mère, la gentille, comprenez, la maman du Prince, est venue habiter dans notre maison, pour y faire ce qu'on appelle, du Dog-Sitting, et accessoirement, du Cat-Sitting.

Comme elle vit en appartement sans animaux alors qu'elle les adore, elle était ravie de pouvoir chérir, bisouter, caresser, nourrir, promener ce qui devrait nous servir de chien de garde. Bien entendu, il n'y avait rien d'autre au contrat : elle pouvait profiter du jardin, du calme de la campagne, du téléphone, de la télé et du frigo.

Ma belle-mère chérie doit être une de mes seules belles-mères à avoir à ce point pitié de moi pour m'avoir astiqué la maison à ce point : même les carreaux sont propres ! Fantastique, non ?

Mais cet après-midi, rentrant de mon petit séjour à la Mer, les enveloppes remplies de factures encore en mains, j'ai senti le rouge me monter au nez quand elle m'a dit avoir trouvé 3 mites dans nos chambres.

C'est qu'il en va de ma réputation, là ... 3 mites ! Dire que je n'ai aucune idée de ce à quoi ça ressemble, une mite !

Devoir n° 1 : faire une recherche sur Internet : tout savoir sur la mite
Devoir n° 2 : aspirer un peu plus au lieu de perdre mon temps sur Internet

Là, depuis cette révélation, j'aimerais bien que la citrouille se transforme en femme de ménage !